Pendant longtemps, Detroit a fait figure de véritable ovni. Une équipe sans vraie méga star et sans banc, capable de remporter un titre en s’appuyant exclusivement sur l’alchimie et le talent de son 5 majeur. En 2004, face à une équipe des Lakers qu’on disait injouable à cause de ses quatre futures Hall-Of-Famers (Kobe, Shaq, Malone et GP), les Pistons s’étaient pointés sans pression et avaient bien failli sweeper ces starlettes bronzées comme de vulgaires Cavs. Sans un trois-points de folie de Bryant dans les dernières secondes du Game 2, O’Neal aurait même connu l’affront d’un deuxième coup de balai en finales NBA.
Quatre saisons plus tard, Motown est toujours l’une des équipes les plus redoutables, mais, les années passant, les genoux et l’énergie de ses 5 Fantastiques ont pris du plomb dans l’aile. Mis à part Tayshaun Prince, tous les starters qui étaient dans l’effectif la saison dernière auront passé la barre des 30 printemps en 2008. Heureusement, Flip Saunders a trouvé des gars pour redonner un coup de fouet à son effectif.
Maintenant que Chris Webber et ses articulations de grand-père ont quitté le Michigan, McDyess a intégré le cinq majeur et Jason Maxiell est le premier joueur à décoller son gros short du banc. Une excellente chose quand on voit les dommages qu’il cause dans les raquettes adverses. En 24 minutes de temps de jeu, Mad Max cumule pas loin de 9 points, 6,5 rebonds et 1,5 contre. En plus d’être un solide point d’ancrage qui permet à Wallace et à Dice de s’écarter et de jouer face au cercle, comme ils aiment tant le faire, Jason s’est illustré comme le meilleur “shot-blocker” et gobeur de rebonds offensifs de toute la team. Comme Big Ben auparavant, il joue les nettoyeurs et passe derrière ses petits camarades pour effacer leurs bourdes.
Chauncey Billups résume très bien tout ceci. “Son jeu c’est ça : contrer, prendre des rebonds et nous apporter de l’énergie.” Et quelle énergie ! Une vraie dose d’adrénaline directement injectée dans le jeu des Pistons. Son nouveau statut lui vaut d’ailleurs souvent les honneurs du Top 10 et même de quelques interviews, tandis que les coaches adverses sont désormais obligés de l’incorporer dans leurs stratégies d’avant matches. Après avoir donné 18 et 11 aux Nets la semaine dernière, Laurence Franck, le coach de New Jersey était admiratif devant l’abatage du bestiau. “Maxiell a complètement changé le cours du jeu. Il suffit de regarder toutes les deuxièmes chances qu’il leur a offertes, son énergie a complètement changé le tempo de la rencontre.”
L’autre bonne nouvelle pour les fans de “The D”, vient de Jarvis Hayes. Sans qu’on sache trop pourquoi, les Wizards n’ont jamais vraiment fait confiance à ce deuxième arrière plutôt polyvalent et fort shooteur. A Detroit, on dirait qu’il a enfin trouvé sa place. Il arrive en sortie de banc pour amener du scoring et du peps et, là aussi, ça marche plutôt pas mal (7,5 pts et 2,7 rbds et 18 minutes). Dans la foulée, même Flip Murray s’est fait une place dans l’effectif. Son nouveau rôle ? Débouler dans les quatrièmes quart-temps et prendre un paquet de shoots. Ça lui plait tellement qu’il insiste désormais pour se faire appeler le “4th quarter slaughter”. Mais même s’il a réussi quelques belles perfs (comme ses 16 points en 11 minutes contre Milwaukee par exemple), ce n’est quand même pas sûr que ça prenne…
Toujours est-il que l’apport de ces “bench-men” permet à ‘Sheed, Billups et Hamilton de souffler un peu plus que d’habitude et de reposer leurs abattis. Avec des titulaires pas trop cramés et un banc qui tient la route, Detroit pourrait se constituer un bon petit stock de victoires pendant la saison, avant de jouer les “casseurs de rêves” à la Big Punisher une fois arrivé en playoffs. Boston et Orlando n’ont qu’à bien se tenir…


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