THE GAME
Au programme du All-Star Game LNB cette année, il y avait des stars, des paillettes et des jeunes frenchies qui taffent. Mais pour ce qui était du show-time, il valait mieux rester sous la couette…
Si ça continue, Jean-Luc Monschau va foutre le feu à Bercy une bonne fois pour toutes, histoire de ne plus jamais avoir à y coacher. L’entraîneur du SLUC, qui s’occupait cette année de la sélection étrangère du All-Star Game, vient quand même de se prendre une cinquième défaite de suite sur les planches du POPB (3 finales de Championnat de France et 2 ASG). A force, ça doit user… Mais, ce coup-ci, ce serait quand même injuste d’essayer de lui faire porter le chapeau. Avec les fêtes, quasiment tous les joueurs de sa team étaient rentrés chez eux se goinfrer de dinde de Noël et la plupart ne sont revenus en France que le jour même (ils n’étaient que six à l’entraînement de la veille). Et ça s’est vu !
Entre les balles perdues (21), l’adresse qui part en foie gras (4/32 à trois-points) et les mecs qui arrivent tous seuls en contre-attaque et qui déposent des lay-ups à la Thierry Gadou, la sélection étrangère avait plus des allures d’équipe “d’anciens du dimanche matin” que de terreurs de la ligue. Du coup, Ricardo Greer (20 pts et 4 rbds) et Chevon Troutman (18 et 12) ont bien failli nous faire une Jamaal Magloire 2004, en crevardisant et en se concentrant sur le rebond et les tirs dans le petit périmètre pour avoir une chance d’être MVP. Heureusement que les Français ont assuré la victoire…
Et notamment les jeunes têtes. On s’attendait à ce que Nicolas Batum éclate tout, mais au bout du compte, son match a été plutôt décevant. Il termine bien avec 12 pions, mais surtout sur des dunks tout seul en fin de game. Koffi et Julian ont fait leur taf, et sont allés chercher leurs points à l’ancienne, en allant au mastic (16 pions à 8/10 et 8 rbds pour “The Wild Thing” et 14 pts, 5 rbds et 3 ctrs pour Alain), mais ce sont Yohann Sangaré et Nando De Colo qui ont le plus fait plaisir. “Carcasse” s’est notamment offert une jolie petite série de 10 points consécutifs en milieu de deuxième quart-temps (un drive, un tir à trois-points après un beau petit enchaînement de dribbles, un tomar et une contre-attaque avec le “and one”), qui a permis aux Français de prendre dix longueurs d’avance (44-34 à 3:56 de la mi-temps). A ce moment là, on s’est même dit qu’il était bien parti pour chopper le trophée de MVP.
Mais c’était sans compter sur Nando. En 24 minutes, l’arrière choletais a montré toute l’étendue de son registre, notamment dans la création. Au-delà de ses 13 points et 9 passes, il a impressionné par son handle et sa qualité de drive. La plus belle de ses actions est d’ailleurs une passe décisive en contre-attaque : arrivé seul devant Marc Salyers, il a fait mine de monter au lay-up avant de faire passer le ballon dans le dos de Salyers pour qu’elle atterrisse tranquillement dans les mimines de Julian, qui arrivait en trailer. Ma-gni-fique ! A la fin, on a d’ailleurs bien senti qu’il voulait vraiment le trophée, parce qu’il continuait d’attaquer le cercle alors que le game était plié. Même si le match était loin d’être extraordinaire, voir un jeune frenchy repartir chez lui avec le trophée de MVP du All-Star Game dès sa première sélection, et les Français s’imposer 94-82 ça a quand même bien fait plaisir à tout le monde… sauf peut-être à Jean-Luc Monschau.
LES CONCOURS
Histoire de ne pas trop hacher le jeu et notamment la deuxième période, les différents concours étaient tous bouclés à la mi-temps. Dans le concours des meneurs, c’est Jimmal Ball qui s’est imposé de justesse devant Aymeric Jeanneau. Si Ball n’avait pas mis le panier du milieu du terrain, c’est d’ailleurs Jeanneau qui serait rentré chez lui avec la breloque. Mais ce qui est paradoxal, c’est qu’Aymeric a fait un super parcours en finale, mais qu’il a loupé ses deux dernières passes…
Yoahnn Sangaré et Cédric Ferchaud ont quant à eux prouvé qu’il y avait bien des shooteurs fiables en France… et même en EDF. “Carcasse” était chaud comme la braise avec deux scores successifs de 16 points. Mais l’artilleur de Pau s’est fendu d’un dernier round énorme : 22 points. On ne sait pas si c’est d’avoir “Ante Up” de M.O.P. dans les oreilles ou quoi (et oui, maintenant, même les hurleurs de Brownsville sont devenus assez mainstream pour passer dans un divertissement familial comme celui-là), mais Cédric a conclu sa série sur un nuage.
Pour le traditionnel concours de dunk, on en attendait bien entendu énormément de la part de Guy Dupuy, le champion en titre qui avait plus que confirmé au Quai 54 . Face à lui, on retrouvait Steve Lobel, le champion 2002 et 2004, ainsi que Kevin Lescot, l’Allemand Fabian Greiser et le jeune prospect de Gravelines, Max Kougere. Dès le premier tour, on a tout de suite compris que ça allait se jouer entre Guy et Max…
Entre le dunk à la Iguodala de Kougère : la balle lancée contre l’arrière de la planche, prise d’appel à un pied, 180° et dunk à une main, et le tomar après rebond abusé de Dupuy au dessus de six mecs pliés en deux, le duel a vite pris de la hauteur. Pour se départager, ils ont d’ailleurs dû puiser profond dans leur répertoire. Rider après rebond au-dessus de deux mecs pour “Easy Jumper”, moulin par-dessus des gars pour le Gravelinois, ça tombait de partout ! Au final, c’est Max Kougère qui l’a emporté avec un dunk main gauche, la balle loin en arrière, après rebond contre la tranche. Dommage quand même que Guy ai raté sa dernière tentative et surtout qu’il n’ait pas réussi à passer ce dunk-là pendant le concours. Parce qu’il aurait eu une sérieuse chance de rentrer à la maison avec un nouveau trophée…
Photos : Lionel Préau


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