102 Detroit Pistons DET
90 Charlotte Hornets CHA
104 Indiana Pacers IND
131 Brooklyn Nets BKN
116 Orlando Magic ORL
109 Miami Heat MIA
100 Boston Celtics BOS
108 Milwaukee Bucks MIL
103 Memphis Grizzlies MEM
91 New Orleans Pelicans NOP
76 Phoenix Suns PHO
124 Portland Trail Blazers POR
111 Dallas Mavericks DAL
117 Atlanta Hawks ATL
106 Utah Jazz UTA
96 Denver Nuggets DEN
100 Sacramento Kings SAC
105 Houston Rockets HOU
107 San Antonio Spurs SAS
99 Minnesota Timberwolves MIN
120 Washington Wizards WAS
115 Philadelphie Sixers PHI

Antoine Pimmelpar Antoine Pimmel  

Analyse saison par saison des sept années passées par Carmelo Anthony au sein du bordel ambiant des New York Knicks.

Carmelo Anthony et les New York Knicks, c’est (enfin) fini. Le multiple All-Star a été envoyé au Oklahoma City Thunder ce weekend. La fin d’un feuilleton interminable. Melo aura donc passé sept saisons dans la grosse pomme. Pour seulement trois qualifications en playoffs. Il y a pourtant joué les plus belles années de sa carrière. Zoom sur une « legacy » vraiment difficile à cerner.

2010-2011, un transfert « blockbuster » et l’arrivée à New York

Trois équipes, treize joueurs et six picks (dont ceux qui ont mené aux sélections de Dario Saric et Jamal Murray) ont été échangés le 22 février 2011. L’un des deals les plus dingues de l’histoire avec des rotations changées de moitié, ou presque. Tout ça pour que Carmelo Anthony puisse évoluer dans la grosse pomme, lui qui est né à Brooklyn.

La mayonnaise n’a évidemment pas prise tout de suite. Melo a dû apprendre à jouer avec Amar’e Stoudemire, un autre All-Star qui aime occuper l’espace en tête de raquette. Comme lui. Les deux se sont marchés un peu dessus. Les Knicks n’ont pas fait mieux après le transfert – 14 victoires et 13 défaites – tandis que les Nuggets ont décollé à la troisième place de la Conférence Ouest.

Tout de même qualifiés pour les playoffs, les joueurs de Manhattan sont sortis en quatre manches sèches par les Boston Celtics au premier tour.

Stats Carmelo Anthony : 26,3 points à 46% aux tirs, 42% à trois-points, 6,7 rebonds et 3 passes en 27 matches de saison régulière / 26 points à 37% aux tirs, 34% à trois-points, 10,3 rebonds et 4,8 passes en quatre matches de playoffs.

2011-2012, l’ombre de la « Linsanity »

La première saison complète de Melo avec les Knicks était loin d’être un long fleuve tranquille. Très, très, très loin. Un phénomène a pourtant frappé New York en février 2012. Alors que la franchise traversait une mauvaise passe, un homme venu du bout du bout du banc a sauvé les Knicks (et la tête de Mike D’Antoni). Et ce n’est pas Anthony, le messie attendu, mais Jeremy Lin. Un inconnu du grand public devenu superstar planétaire – même le 20 heures de TF1 a fait un sujet – pendant plusieurs semaines.

Le meneur passé par Harvard a explosé, notamment en l’absence de Carmelo, gêné par une blessure. Mais cette redistribution des cartes n’a pas plu à tout le monde. Anthony, vivement critiqué par la presse tout au long de la saison, avec comme point le plus bas un match à un point contre les Bobcats, n’a pas apprécié d’être mis de côté. Surtout sur le terrain, où il refusait de pratiquer un basket qui était susceptible de mettre surtout en avant les qualités de Lin.

« Lui et Amar’e ont refusé d’adapter leur style de jeu », assurait D’Antoni dans un podcast quelques années plus tard. « Pour que Jeremy soit bon, il fallait jouer d’une certaine manière. Ce qu’Anthony et Stoudemire ne voulaient pas. »

En coulisses, les agents de Melo s’inquiétaient aussi de l’exposition exponentielle de Jeremy Lin. De quoi faire de l’ombre à leur client. Les Houston Rockets ont ainsi essayé de dénicher le prodige en mettant 27 millions sur trois ans lors de l’intersaison suivante. Une offre qualifiée de « ridicule » par un Anthony décidément rageur. Les Knicks, sous la pression, refusent donc de s’aligner et laissent filer Lin.

« Il aurait pu rester, ça aurait été cool », témoignait plus tard Stoudemire. « Mais il y en a qui n’aimait le fait qu’il devienne la nouvelle star. »

New York est balayé en cinq matches par Miami au premier tour des playoffs. Again.

Stats Carmelo Anthony : 22,6 points à 43% aux tirs, 33% à trois-points, 6,3 rebonds et 3,6 passes en 55 matches de saison régulière / 27,8 points à 42% aux tirs, 22% à trois-points, 8,2 rebonds et 2,2 passes en cinq matches de playoffs.

2012-2013, Carmelo Anthony digne d’un MVP

Tous les déboires de l’exercice précédent ont été effacés avec cette superbe saison. Revenu en forme, Melo a tout simplement signé l’une des plus belles années de sa carrière. Tout a commencé à Londres, aux Jeux, où la superstar a retrouvé le sourire tout en décrochant la seconde médaille d’Or olympique de sa carrière. Il a tout arraché dans le basket FIBA. Il a donc poursuivi sur sa lancée en NBA.

Anthony est déchaîné et les Knicks de Mike Woodson ont renoué avec les 50 victoires (54 plus exactement). Un bilan que la franchise n’avait plus atteint depuis l’an 2000 ! Nommé dans le second cinq NBA, Melo était le moteur de cette équipe héroïque. L’aventure s’est conclue un peu plus douloureusement avec une élimination au second tour des playoffs. Les Indiana Pacers ont sorti les Knicks en six manches et ont du même coup gagné le droit d’affronter le Miami Heat de LeBron James et compagnie.

Une action moins flatteuse est par contre restée dans les mémoires. Celle d’un Carmelo Anthony qui est monté au dunk avant de se faire contrer sauvagement par Roy Hibbert dans le dernier quart temps du Game 6. Les Pacers ont passé un 9-0 aux Knicks dans la foulée, s’ouvrant du même coup les portes des finales de Conférence.

Les Knicks n’ont plus rejoué les playoffs depuis.

Stats Carmelo Anthony : 28,7 points à 45% aux tirs, 38% à trois-points, 6,9 rebonds et 2,6 passes en 67 matches de saison régulière / 28,8 points à 40%, 29% à trois-points, 6,6 rebonds et 1,6 passe en douze matches de playoffs.

2013-2014, Melo est bon, son équipe nettement moins

Carmelo Anthony a pratiqué le meilleur basket de sa carrière avec les New York Knicks. Le constat peut sembler irréaliste vu les pauvres bilans collectifs de la franchise et les critiques de la presse envers le joueur. Mais sur le terrain, individuellement, il n’a jamais été aussi fort qu’entre 2012 et 2014.

Melo a continué sur sa lancée de la saison précédente en étant à nouveau tranchant. Mais c’est insuffisant. Insuffisant pour des Knicks éliminés de la course aux playoffs avec seulement 37 victoires au compteur. Phil Jackson est donc nommé président de la franchise en avril 2014 avec pour objectif de ramener New York au sommet de la NBA…

Stats Carmelo Anthony : 27,4 points à 45% aux tirs, 40% à trois-points, 8,1 rebonds, 3,1 passes en 77 matches de saison régulière.

2014-2015, la pire saison de l’histoire des Knicks

Durant l’été 2014, Melo a eu l’occasion de rejoindre les Chicago Bulls, les Dallas Mavericks ou encore les Houston Rockets. Il a finalement choisi de rester fidèle à la grosse pomme en paraphant un contrat maximum sur cinq ans. Avec cette (in)fameuse clause d’intransférabilité obtenue par le joueur auprès de Phil Jackson. Mais la star et les dirigeants ont vite déchanté.

Les plans du « Zen Master » étaient assez flous mais Anthony a rapidement dû se sentir mal à l’aise. Derek Fisher, un coach débutant, est nommé sur le banc. Il lui est demandé de développer l’attaque en triangle. Tout le monde s’ennuyait et les Knicks ont enchaîné les défaites. Clairement, Melo a changé ses priorités cette saison-là. Le joueur a ainsi forcé sur sa blessure au genou en janvier afin d’être sûr de participer au All-Star Game. Une fois le gala passé, il a mis un terme à sa saison. Il a notamment aussi été contraint de se faire opérer. Pendant ce temps, New York a terminé avec 17 petits succès, soit le plus mauvais bilan de l’histoire de la franchise.

Stats Carmelo Anthony : 24,2 points à 44% aux tirs, 34% à trois-points, 6,6 rebonds et 3,1 passes en 40 matches de saison régulière.

2015-2016, Anthony fait de la place avec Kristaps Porzingis

La débandade de la saison précédente a au moins eu une conséquence positive : les Knicks ont pu drafter Kristaps Porzingis avec le quatrième choix en juin 2015. Le Letton a rapidement été adopté par Carmelo Anthony. Plus mature, ce dernier a accepté de partager un peu de lumière dans l’espoir de remettre New York sur les bons rails.

En vain. Trop instables – Fisher est remplacé par Kurt Rambis en cours de saison – et pas assez talentueux, les Knicks ont raté encore les playoffs. Les tensions entre Melo et Jackson étaient alors de moins en moins dissimulées.

Stats Carmelo Anthony : 21,8 points à 43% aux tirs, 34% à trois-points, 7,7 rebonds et 4,2 passes en 72 matches de saison régulière.

2016-2017, les clashs avec Jackson puis le divorce

D’abord subtil, parfois caché, Phil Jackson est passé à la vitesse supérieure la saison dernière : il n’a plus hésité à publiquement réclamé le départ de la superstar qu’il avait pourtant lui-même prolongé pour cinq ans. Le Président a descendu son propre joueur dans la presse. Il lui a demandé de renoncer à son droit de veto afin d’être transféré. Anthony n’a pas craqué. Il a encaissé les critiques les unes après les autres.

Il a finalement eu raison de Phil. Le dirigeant a été remercié quelques jours avant la draft 2017. Mais les nouveaux décisionnaires sont allés dans le même sens. Ils ont continué à chercher à transférer Melo. Jusqu’à l’accord trouvé avec Oklahoma City ce weekend.

Stats Carmelo Anthony : 22,4 points à 43% aux tirs, 36% à trois-points, 5,9 rebonds et 2,9 passes en 74 matches de saison régulière.

C’est désormais une nouvelle page qui se tourne. Autant pour la franchise, qui va enfin débuter un nouveau processus de reconstruction, que pour le joueur. Les deux seront toujours liés. Pour le meilleur mais finalement surtout pour le pire.