Chandler Parsons, l’homme de l’ombre des Rockets

Chandler Parsons ne fait pas souvent parler de lui. Pourtant, l'ailier des Rockets est l'un des hommes essentiels du succès de la franchise. Décryptage.

Chandler Parsons, l’homme de l’ombre des Rockets
Chandler Parsons est arrivé en NBA dans l’anonymat le plus complet. Belle gueule, allure de surfeur floridien, c’est après un passage éclair à Cholet – durant le lockout – que le joueur drafté au second tour pose ses valises à Houston. Le natif de Casselberry, une petite ville proche d’Orlando, a tout du gendre idéal, dévoué pour la communauté, discret en dehors des parquets et appliqué à l’entraînement. Deux ans plus tard, Parsons est maintenant un soldat en mission. Crâne rasé tel un G.I américain, un changement de look en hommage à un enfant atteint d’une tumeur, l’ailier des Houston Rockets est une valeur montante de la franchise texane. Mieux, il est même un facteur essentiel du succès de sa franchise qui se veut ambitieuse au sein de la Conférence Ouest. Ce fut encore le cas cette nuit, lorsque les Texans sont venus à bout des Trail Blazers grâce à 31 points, 10 rebonds et 7 passes décisives de son joueur de 25 ans.

Chandler Parsons, le troisième larron

A Houston, Chandler Parsons n’est pas une tête d’affiche. Plutôt logique lorsque la franchise possède dans ses rangs le barbu le plus célèbre de la ligue, James Harden, et un pivot superstar recruté à prix d’or cet été… grâce à Parsons, entre autres. Effectivement, l’ailier avait planifié la venue de Dwight Howard des mois à l’avance à coup de textos et de beaux discours. Car même s’il reste dans l’ombre, le Floridien sait se muer en meneur d’hommes. Si ses statistiques parlent pour lui, son attitude cette nuit face à Portland est à souligner.
« Quand nous sommes allés dans le vestiaire à la mi-temps, j’ai dit aux gars : ‘Nous avons fait la même contre le Thunder et nous avons connu la pire deuxième période de l’histoire après’ », explique le joueur en référence aux 71 points inscrits en première période contre Portland. Deux jours plus tôt, les Rockets avaient déjà planté un tel total face à OKC avant de s’effondrer.   « J’ai clairement fait comprendre aux gars qu’il n’y aurait pas de baisse de notre intensité cette fois. »
Chandler Parsons sait se comporter comme un patron. S’il demeure la troisième option offensive de l’équipe après Harden et Howard, il lui arrive d’être le dépositaire du jeu des Rockets lorsque les deux superstars vont se reposer. Il joue un peu plus de 38 minutes par rencontre, seul son leader barbu passe plus de temps sur le terrain (38,8 contre 38,4). Ses statistiques sont en hausse dans tous les compartiments du jeu, dans la lignée de ses premiers playoffs, et ce malgré l’arrivée de « D12 », et le joueur gagne en confiance au fil des semaines. Les Rockets voulaient former un « Big Three » ? Ils ont peut-être trouvé le troisième homme. Et non, ce n’est pas François Bayrou.

Polyvalence et régularité

[caption id="attachment_128736" align="alignright" width="300"] Chandler Parsons a dompté Nicolas Batum cette nuit.[/caption] A l’instar de beaucoup d’ailiers dans le basket moderne, Chandler Parsons est un couteau suisse capable de scorer dans différentes positions. Cette nuit, il a fait la totale aux Blazers.
« Il était agressif », apprécie son coach, Kevin McHale.   « Je me sentais vraiment bien », poursuit l’intéressé. « Les gars m’ont donné la balle dès le début du match. Quand je me sens bien dès le début, j’ai toujours le sentiment que je peux faire un gros match. Je voulais juste me concentrer sur la défense et être agressif. »
Sa polyvalence est un gros plus pour Houston. Parsons peut évoluer sans le ballon, laissant ainsi à Jeremy Lin ou James Harden le loisir d’organiser le jeu. Ses coupes franches vers le panier sont dévastatrices. De même que ses tirs après un démarquage avec l’aide d’un écran. Balle en main, il n’est pas manchot non plus et il peut donc jouer le pick&roll. Idem, sa dextérité lui permet de foncer vers le cercle en transition. Parsons est un bon shooteur, que ce soit à mi-distance ou derrière l’arc (50% de réussite dans le champ, 38% à trois-points). Il apporte de nombreuses solutions à l’attaque des Rockets. Illustration. Si jamais Harden est serré de près par la défense adverse, les coupes et le jeu sans ballon de Parsons lui permettent de trouver un tir ouvert. Si Dwight Howard est serré de près au poste bas – avec des prises à deux – l’ailier peut chercher des tirs à trois-points mortels dans le corner. Comme sa shotchart le montre, Parsons est très efficace dans les coins et il dégaine souvent des deux côtés, justement grâce à la présence d’Howard. Cerise sur le gâteau, l’ancien Choletais est très régulier. Il a inscrit moins de 10 points à seulement quatre reprises cette saison et il n’est jamais descendu sous les huit points.

Chandler Parsons, le facteur X ?

Si nous avons débattu d’une possible sélection de Nicolas Batum au All-Star Game, il ne faut pas oublier Chandler Parsons ! Ses statistiques sont supérieures à celles de « Nic » et l’ailier des Rockets a lui aussi un impact très important sur sa franchise. En effet, pour passer un cap, un vrai, Houston doit pouvoir compter sur un Parsons à un niveau All-Star, justement. Les Rockets marquent 116 points sur 100 possessions lorsque ce dernier est sur le parquet. Il devra donc maintenir son niveau de jeu lors des prochains playoffs, lui qui continue d’apprendre et de se développer, au même titre que sa franchise.
[superquote pos="d"]"Il a un futur brillant" Kobe Bryant[/superquote]« J’ai beaucoup progressé. Nous avons une jeune équipe mais nous sommes à l’écoute. Je suis l’un des plus anciens, ce qui n’est pas difficile vu que tout le monde est nouveau ici. J’essaye de montrer l’exemple. Je fais tout pour que les mecs soient à l’aise. »
[caption id="attachment_128738" align="alignleft" width="300"] Chandler Parsons, homme à tout faire de profession.[/caption] 25 ans et déjà un leader dans l’âme. Le joueur va continuer d’engranger de l’expérience, une bonne chose pour Houston. A coup sûr, Howard et Harden tiendront probablement leur rang. Ce qui fait déjà des Rockets une bonne équipe. Mais pour devenir une grande équipe, la différence pourrait venir de Chandler Parsons. S’il continue sur sa lancée, il apportera une dimension supplémentaire à une franchise ambitieuse qui ne semble pas encore en mesure de remporter le titre selon nous. Parsons n’est pas une superstar mais un lieutenant de luxe qui a de l’avenir.
« Il a un futur très brillant et je ne dis pas ça de tout le monde », avouait Kobe Bryant l’an passé au sujet du jeune prodige des Rockets.
Par son apport dans plusieurs compartiments du jeu, Chandler Parsons gomme les lacunes des Rockets. Il est l’élément supplémentaire qui permet à Howard et Harden de s’exprimer plus librement. Il est le joueur polyvalent qui va apporter des solutions balle en main ou par son mouvement permanent en attaque. Il est celui qui va s’arracher au rebond et en défense pour compenser les lacunes béantes de James Harden dans ce domaine. Celui qui a aujourd’hui le meilleur rapport qualité/prix (900 000 dollars annuels !!!!!!!) est parti de tout en bas mais son apport sera désormais décisif si les Rockets veulent atteindre les sommets, tout en haut de la ligue.

Les Highlights de Chandler Parsons contre Portland

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