Derrick Rose peut-il devenir un meilleur gestionnaire ?

Intéressant dans son rôle de meneur distributeur-scoreur avec Team USA, Derrick Rose peut-il pousser l'expérience encore plus loin en jouant de la sorte avec les Bulls ?

Derrick Rose peut-il devenir un meilleur gestionnaire ?
Derrick Rose, on connait. Un meneur extrêmement talentueux, une explosivité complètement dingue et un premier pas à vous glacer une défense en une fraction de seconde. Si ses genoux avaient tenu le coup ces deux dernières années, l’icône locale des Chicago Bulls serait considérée comme l’un des cinq meilleurs joueurs de la NBA. Sa franchise aurait peut-être même pu se mêler très sérieusement à la course au titre. On ne refait pas l’histoire. Alors qu’il sort d’une deuxième saison quasi blanche et d’une nouvelle longue période de rééducation, Rose impressionne. Vous nous connaissez, il n’en faut parfois pas beaucoup pour que l’on s’enflamme. Mais toujours est-il que l’ancien MVP a l’air plus serein que jamais. Il retrouve son rythme mais il claque toujours des dunks maousse costauds. Certains se demandent s’il reviendra au niveau stratosphérique qui était le sien en 2011. Evidemment, ses deux blessures n’incitent pas à l’optimiste, même s’il n’a que 25 ans. Nous posons le problème dans le sens inverse : Et si Derrick Rose progressait encore ? Du moins, et s’il avait profité de ses pépins physique pour devenir un joueur plus complet et surtout un meilleur gestionnaire ? Le jeu du meneur All-Star est facile à caricaturer : il prend le ballon, fonce dans le tas, saute, conclu au cercle ou balance la balle vers l’un de ses coéquipiers. Il y a un peu de ça, il est vrai, et c’est sans doute la raison pour laquelle Rose n’est pas considéré comme l’un des joueurs les plus agréables à regarder. Mais sa phase d’apprentissage n’est pas terminée. Il n’a pris que cinq shoots lors du premier match de préparation de Team USA face au Brésil disputé à Chicago justement. Il s’est comporté comme un meneur gestionnaire et a réparti les munitions entre Anthony Davis, Stephen Curry, James Harden et consort.
« Je dois garder le contrôle et prendre les bons tirs », explique Derrick Rose au Chicago Tribune. « Je n’ai pas besoin de forcer vu tous les talents offensifs que nous avons. »
Rose doit-il forcer aux Bulls ? La star n’a pas toujours été entourée de joueurs susceptibles de faire la différence en attaque et les dirigeants ont cherché désespérément ce deuxième scoreur. Convoité par l’organisation cet été, Carmelo Anthony a opté pour les New York Knicks. Mais Chicago alignera sans doute la meilleure équipe de son histoire depuis la retraite de Michael Jordan la saison prochaine. Pau Gasol vient former avec Joakim Noah et Taj Gibson une raquette technique et complémentaire. Mike Dunleavy et les deux rookies prometteurs Doug McDermott et Nikola Mirotic sont prêts à  profiter de chaque espace laissé par la défense pour arroser à trois-points. Jimmy Butler et Tony Snell sont les stoppeurs attitrés de l’effectif. Aaron Brooks apportera sa folie en sortie de banc et Kirk Hinrich son expérience. Le groupe est blindé et si Noah et Rose restent en bonne santé, les Bulls ont une vraie carte à jouer au sein de la Conférence Est. Le dernier nommé parviendra-t-il à conserver un style similaire (tout en gonflant évidemment son volume de shoots) lors de son retour à Chicago ?
« J’adore sa manière de jouer. Il s’appuie sur ses forces et il trouve rapidement son rythme. Il s’appuie sur ses coéquipiers et il connait leurs points forts. Il est patient. Il a évolué mentalement et physiquement », assure Tom Thibodeau, coach des Bulls et assistant de Team USA.
Derrick Rose sera la première option offensive à Chicago. Sa capacité à dominer et à transpercer n’importe quelle défense fait qu’il marquera de toute façon une vingtaine de points par match. Il sera toujours ce joueur atypique et terriblement véloce. C’est ce qui fait sa force. Mais s’il parvient à réellement contrôler le tempo d’un match et à servir ses coéquipiers dans de meilleures conditions… alors les Bulls passeront un cap. Rose a profité de ses blessures pour apprendre à mieux lire le jeu, il l’a lui-même reconnu. Il a pris du recul sur lui-même. Le voici prêt à repartir de plus belle. Mais cette fois-ci, espérons qu’il ne foncera pas la tête baissée mais bien le regard levé.