108 Orlando Magic ORL
96 Los Angeles Clippers LAC
93 Washington Wizards WAS
87 Memphis Grizzlies MEM
95 Miami Heat MIA
102 Portland Trail Blazers POR
115 New Orleans Pelicans NOP
108 Milwaukee Bucks MIL
109 Phoenix Suns PHO
115 Toronto Raptors TOR
95 Indiana Pacers IND
100 Oklahoma City Thunder OKC
124 Boston Celtics BOS
118 Denver Nuggets DEN
108 Houston Rockets HOU
96 Charlotte Hornets CHA
103 Chicago Bulls CHI
100 Utah Jazz UTA

On va enfin voir ce que valent les Warriors sans Curry

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Golden State Warriors seront privés de Stephen Curry pendant les deux prochaines semaines. L’occasion pour les champions en titre d’en apprendre sur eux-mêmes et d’en sortir grandis.

Les Golden State Warriors sans Kevin Durant, on connaît déjà. La franchise californienne, qui a « des années lumières d’avance » selon son propriétaire Joe Lacob, a décroché un titre en 2015 puis a gagné 73 matches de saison régulière avant de passer à une petite rencontre du sacre en 2016. Avec un homme au cœur du succès à chaque fois. Stephen Curry, double MVP au cours de ces deux campagnes mémorables.

Cette équipe cassait déjà des tronches bien avant que KD prenne la – tristement célèbre – décision de rejoindre la Bay. Signer une telle superstar a donné une ampleur encore plus folle à une armada qui est certainement l’une des plus fortes de tous les temps. Mais les Californiens n’ont pas révolutionné leur fonctionnement à l’arrivée de Durant. Et lorsque ce dernier s’est blessé au genou, manquant au passage la majeure partie de la fin la saison régulière, ils ont simplement repris les bases solidifiées pendant les deux années qui ont précédé son arrivée. Avec notamment une série de quatorze victoires de rang. Et toujours un même homme au centre de tous ces succès. Stephen Curry, again.

Les Golden State Warriors sont en quelque sorte devenus propriétés de Kevin Durant après le titre acquis en juin dernier. Scottie Pippen estimait par exemple que Curry n’était « même pas le meilleur joueur de son équipe » tandis que Paul Pierce parlait de KD comme « le meilleur joueur du monde ». Même Steve Kerr a pris part au débat ! Le coach a, involontairement, nourri les discussions en qualifiant le MVP des finales de « second meilleur joueur du monde après LeBron. » Sympa pour son ancien protégé, deux fois champion mais jamais nommé joueur le plus dominant des finales.

Durant est probablement un meilleur basketteur que Curry. Les deux sont des monstres offensifs. Mais le premier a le mérite d’être aussi un très bon défenseur. Il est plus complet. Il est peut-être même encore plus dominateur que son coéquipier. Mais est-il vraiment plus important que lui pour les Golden State Warriors ? Zach Lowe, analyste d’ESPN le plus réputé et le plus doué du milieu, tend à penser que Steph est le joueur clé à Oakland. Une question qu’il a évoqué dans sa dernière tribune – un trésor pour les amateurs de basket.

Le meneur All-Star se définit comme un cuistot mais il est plutôt l’ingénieur en chef de la machine terriblement bien huilée des Dubs. Le moteur d’un bulldozer qui écrase la ligue façon rouleau compresseur. Encore plus que Draymond Green – qui assumait autrefois ce rôle de joueur le plus important mais qui est moins primordial maintenant qu’il y a Durant – Stephen Curry est l’âme du système de Kerr.

C’est sa présence qui facilite la vie de tous ses coéquipiers qui l’accompagnent sur le terrain. Il libère des espaces. Juste en étant là. Il maintient les défenses sous pression. Juste en étant là. Il pèse sur les nerfs de ses adversaires. Juste en étant là. Ses atouts sont si révolutionnaires qu’ils ont entamé une modernisation complète du jeu et poussent les dirigeants des vingt-neuf autres organisations à se creuser les méninges, à soupirer ou même carrément à attendre cinq ans avant de viser à nouveau une bague !

« Les gens n’ont pas bien compris ce que j’ai déclaré après les finales. Je parlais des two-way player quand j’ai dit que Kevin [Durant] se trouvait dans le trio de tête avec LeBron James et Kawhi Leonard. Mais est-ce que ça veut dire qu’il est vraiment meilleur que Steph ? C’est subjectif », explique Steve Kerr.

« Par contre, si vous demandez qui a le plus d’impact sur notre identité ou sur la façon dont les adversaires défendent contre nous, alors c’est Steph. C’est lui le moteur. Tout part de lui. »

« Ce que nous avons construit commence avec Steph. Notre attaque démarre avec lui », ajoute le GM Bob Myers.

Lowe a des stats intéressantes pour appuyer cette théorie. Quand les Golden State Warriors ont joué avec Stephen Curry – sans Kevin Durant – l’an dernier, ils marquaient 115,4 points sur 100 possessions. Pour 108,7 quand KD évoluait sans son meneur. Cette saison ? 116 par 100 avec Curry et 107 avec Durant. Il s’est juste rendu indispensable.

C’est justement pour ça que les deux semaines à venir s’annoncent particulièrement intéressantes. Les champions en titre seront donc privés de leur maître à jouer, blessé à la cheville. Et plutôt que d’y voir une fatalité, ils y voient justement un bon test.

« Bizarrement, c’est une bonne chose pour notre équipe. Bien sûr que nous voulons que nos joueurs soient en bonne santé. Mais je pense que c’est une opportunité pour nous pour progresser », confie Steve Kerr.

Stephen Curry lui-même a une opinion similaire.

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Le but, c’est justement de profiter de ces deux semaines pour apprendre à jouer autrement. Maîtriser un autre aspect, d’autres situations. Et progresser, encore et encore. Alors, que peuvent donner des Golden State Warriors avec Kevin Durant en première option et principal playmaker ? Nous avons un premier aperçu avec la victoire aisément décrochée sur le parquet des Charlotte Hornets. Monté en grade, Durant a claqué un triple-double. 35 points, 11 rebonds et 11 passes.

C’est un nouveau rôle pour lui. Il n’a joué que trois matches sans Curry depuis son arrivée en Californie. Il est rarement sans lui sur le parquet. Kerr les repose ensemble quand Green et Klay Thompson mènent la deuxième unité.

« C’est amusant de pouvoir se montrer créatif sur le terrain, d’envoyer des passes lobées à JaVale McGee ou de shooter après plusieurs dribbles », commentait Durant. « J’ai eu l’impression de puiser dans mon bagage technique ce soir. »

Nouveau statut aux Warriors mais ce n’est pas non plus inédit pour le bonhomme. En 2014, il avait dû assumer seul la création au Thunder pendant plusieurs semaines suite à une blessure de Russell Westbrook. Il avait fini par être élu MVP à la fin de la saison. C’est tout le luxe de Golden State : un MVP qui remplace un autre MVP. Même si c’est dans un style différent. Nous avons maintenant deux semaines pour apprécier ce que les Dubs seraient avec KD en seul patron. Pour les cadors NBA, en revanche, c’est une occasion d’en sortir encore plus grands. Encore plus forts. Et donc encore plus terrifiants.