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115 Toronto Raptors TOR
95 Indiana Pacers IND
100 Oklahoma City Thunder OKC
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118 Denver Nuggets DEN
108 Houston Rockets HOU
96 Charlotte Hornets CHA
103 Chicago Bulls CHI
100 Utah Jazz UTA

Comment Jordan Kilganon est devenu le meilleur dunkeur du monde

Guillaume RantetPar Guillaume RantetPublié

Son dernier dunk a fait le tour du globe. À 22 ans Jordan Kilganon n'a rien à envier à de nombreux vainqueurs du concours de dunks. Entre artiste et athlète, portrait d'un Canadien plein de bleus qui s'entraîne quatre heures par jour, peut sauter au-dessus de Stephen Curry, et est devenu roi dans l'art de claquer des tomars.

L'homme-araignée est là, pieds en l'air, tête vers le sol. Suspendu. Tout de rouge et de bleu vêtu, il prouve qu'il peut très bien imiter les faits et gestes de l'insecte. Avant de s'élancer dans la nature, et de faire usage de ses pouvoirs qui susciteront aussitôt l'admiration de l'Amérique. Détrompez-vous : cet air de déjà vu ne provient pas d'une énième péripétie de spider-man. Non, cet homme-araignée, c'est Jordan Kilganon. Surnoms : « J-Kill », ou « Mission impossible ». Profession : dunkeur. Quand Peter Parker aime jouer les justiciers dans l'ombre et être le seul à pouvoir vendre des clichés du héros qu'il a créé, notre homme, lui, veut relayer tous ses faits d'armes pour que chaque terrien les fasse circuler, et ainsi sévir dans la lumière. Cette vidéo, ce n'est qu'un grain dans le château de sable qu'il a bâti en filmant ses exploits. Dans celle-ci, il saute haut. Très haut. Surtout, il enchaîne les dunks. Beaucoup de dunks. Tous différents. Tous plus impressionnants les uns que les autres. Avec, à chaque fois, le même objectif : prouver qu'il peut tutoyer l'extraordinaire. Comme l'homme-araignée.

Des dunks et du buzz

Le « Lost and Found ». Tel est le nom du dunk grâce auquel Jordan Kilganon a (encore) frappé il y a peu. Son principe ? Sauter dos au panier. Puis lancer le ballon droit dans sa direction, avant de se retourner pour le rabattre immédiatement. Un enchaînement immédiatement relayé par les rédactions du monde entier. Il n'aura suffi que d'un poste sur Instagram et d'une brève déclaration de son auteur affirmant qu'il avait encore dépassé ses limites (« The Best Dunk I've EVER done ») pour, une nouvelle fois, créer le buzz. Comme un artiste des plus inventifs, en avance sur son temps, il venait d'apporter du neuf dans sa discipline. À noter : la manière dont Jordan Kilganon titre son œuvre peut être trompeuse : jamais la trajectoire du ballon n'a dévié de celle qu'il avait prévue lorsqu'il a réalisé son exercice. Jamais il n'a perdu le contrôle du ballon. Même lorsqu'il était en l'air, le ballon était toujours sien. La rapidité et la perfection de son enchaînement ne lui ont pas permis de lui échapper. C'est bien là ce qui force le plus l'admiration.

Aussitôt la vidéo publiée, une question est vite apparue : est-ce le plus beau dunk jamais réalisé ? Logiquement, tout le monde s'est interrogé : qui est ce Canadien de 22 ans ? En le présentant comme un « dunkeur professionnel » (ce qu'il revendique), en mettant en avant sa « petite » taille (1m85) et sa volonté de revendiquer le statut de « meilleur dunkeur au monde », en écrivant que le plus grand dunkeur n'évolue pas en NBA et qu'il pourrait mettre à l'amende n'importe quel joueur au Slam Dunk Contest, les sites internet du globe captivent le plus grand nombre. Logiquement.

Pourtant, le jeune homme avait déjà frappé sept mois plus tôt. Provoquant un premier séisme qui lui a permis de franchir un cap en terme de notoriété. Son premier opus ? Le « scorpion ». « J-Kill » lance la balle en l'air. La passe entre ses jambes. Et termine en la rabattant, le bras derrière le dos, dans le panier. Depuis ce premier enchaînement, son nom est sur toutes les lèvres des amateurs de dunks. La hype est totale. C'était acté : depuis son Ontario natal, Jordan Kilganon ferait rêver le monde. En bon membre de la génération Y, il utiliserait la toile et Instagram pour faire connaître ses talents. Et ainsi réaliser ses rêves de gamin. Ou plutôt, d'ado.

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Né pour dunker

Son premier dunk, il s'en souvient comme si c'était hier. Pourtant, c'était il y a six ans. Jordan Kilganon n'était pas encore « J-Kill ». Encore moins « Mission impossible ». Il avait déjà connu les joies du sport. S'était essayé au basket, au baseball, au volleyball et au badminton. Mais n'avait pas encore touché le Graal. L'envie, elle, était ancienne.

« J'ai des vidéos de moi dunkant sur un mini-panier à 3 ans », se souvient-il dans un long entretien accordé à Just Fly Sports.

Une nouvelle preuve, s'il en faut, de la force de sa passion. A 16 ans Jordan mesure 1m80 quand ce qui devait arriver arriva. Et ce après de nombreux échecs.

« Ça m'a pris une éternité. Entre la première fois où j'ai touché le cercle jusqu'à celle où j'ai rentré un dunk, il y a eu six mois. Je me suis entraîné chaque jour, jusqu'à ce que finalement je réussisse. »

Pour lui, cette première réussite est intervenue « super tard par rapport à d'autres dunkeurs ». A l'image de l'enfant qui se souvient de la première fois où il a pédalé sans petites roues, où il a réussi à nager ou à claquer des doigts, Jordan Kilganon se souvient de chaque moment qui a contribué à faire de lui ce qu'il est aujourd'hui. Il se souvient :

« Quand j'étais enfant, je ne réalisais pas que beaucoup sauter me permettrait de sauter plus haut, mais j'ai toujours essayé de sauter haut. Quand j'ai compris que sauter si souvent me permettrait de sauter plus haut, j'étais en 7th Grade (avant-dernière année de collège, ndlr). J'ai commencé à dunker tous les jours. Je me souviens de mon premier dunk à 2m40, de mon premier dunk à 2m60, à 2m70 etc. »

A l'image de l'enfant qui commence à pédaler, à nager, à skier ou à draguer ses premières camarades de classe, l'ado Jordan prend goût à l'exercice. Alors il enchaîne. Ne s'arrête pas. Son moteur : ce plaisir de voler. « I Believe I Can Fly » lui chuchote R-Kelly à chaque tentative.

« Ça donne une incroyable montée d'adrénaline », s'enthousiasme-t-il. « Quand tu sautes haut, c'est comme si tu flottais, et cette sensation est inimaginable. Plus ton dunk est dur et plus ta sensation est grande. »

Transporté, hors du monde, près du ciel, Jordan goûte à un plaisir rarissime. À cet « état de quelqu'un qui se trouve comme soustrait au monde sensible » (Larousse) : l'extase. Cette sensation qui a donné son nom à une drogue. Cette sensation à laquelle Jordan Kilganon semble être devenu addict. Mais sans pilule.

Stakhanoviste du bitume

Combien d'heures a-t-il passé sur les playgrounds et dans les gymnases de l'Ontario ? Lui-même est incapable de le dire. Alors quand touche au Graal, il ne le lâche plus des mains. Il se met à dunker tous les jours. Entre trois et quatre heures. Et il n'a pas peur de l'avouer : « en faire autant, chaque jour, pour ton corps, c'est complètement dingue ». S'il inonde de la toile ses vidéos, il se plaît également à regarder le travail des autres adeptes de dunks. Ce qui renforce encore plus son addiction.

« Je bouillonne quand je regarde du basket sur le net. J'ai besoin de dunker. »

Son plus grand conseil à quiconque souhaite s'améliorer au dunk ? L'imiter en répétant le geste durant des heures.

« Mon conseil pour celui qui veut devenir dunkeur, c'est de commencer à dunker une à deux heures trois fois par semaine et de progresser doucement vers trois quatre heures par jour quasiment tous les jours. Si tu n'as pas super mal aux jambes le jour suivant, c'est que tu avais besoin de dunker encore plus. »

Pour Jordan, la douleur est gage d'efforts. Et les efforts sont gages de progrès. Un concept de self-made-man appliqué à la balle orange et à la gym, en somme. Il brave mêmes les intempéries, et se plaît à dunker dans les situations les plus insolites :

« J'ai même dunké par -35°C, avec des centimètres de neige, sous la pluie de minuit jusqu'à 4 heures du matin, ou après ne pas avoir dormi durant trois jours. »

L'histoire ne dit pas s'il a essayé dans un état second...

Pour vérifier sa progression, le jeune homme a sa tactique : arrêter de dunker quelques jours. « À chaque fois, je faisais ensuite mon meilleur saut. Je voyais à chaque fois le résultat ». Puis certains lui ont murmuré un conseil qui a également participé à faire de lui ce monstre de YouTube. Des communautés de dunkeurs à la réputation solide, les TeamFlightBrothers, SlamNation et Flying101 lui ont récemment murmuré qu'un passage en salle de musculation le rendrait plus fort. Conséquence : « Je suis accroc depuis. Ça a vraiment amélioré mes dunks. » Jordan n'est pas peu fier d'avoir réussi à faire parler de lui sans soulever de la fonte. Mais aujourd'hui, il est plus fort. Bien plus fort. La musculation en plus, mais aussi la course à pied en moins. Il théorise :

« Malheureusement c'est dur de gagner en détente quand tu t'entraînes pour un sport comme le basket en raison de tout le cardio que tu dois faire. La plupart des dunkeurs savent qu'aller courir est la pire chose à faire pour dunker. Ce n'est pas bon pour l'explosivité, d'après ce que j'ai lu. C'est une autre raison pour laquelle ma détente s'est améliorée après le lycée, je n'allais plus du tout courir. »

Lorsqu'on lui demande quelle serait l'étape ultime du dunkeur, l’œuvre qu'il imagine dans ses rêves les plus fous, l'enchaînement qui lui vaudrait d'être connu par tout être humain, il pense à dunk suite à un flip. Sans aucune aide. Il lâche : « Je devrais m'entraîner durant une année pour ça, sans m'arrêter, juste pour ce dunk. » Chez ce stakhanoviste du dunk, il n'y a pas de limite. Et pour cause : la limite est l'ennemie. Avant de devenir Spiderman, Peter Parker a chuté en croyant pouvoir voler. À force de travail, il a su apprivoiser cette toile d'araignée qui lui permet de sauter d'immeuble en immeuble en plein New York. Jordan Kilganon avait certainement quelques prédispositions en lui. Mais c'est surtout grâce à son abnégation qu'il a su frôler avec l’irréel. Et à beaucoup d'hématomes...

Corps cassé

Le héros de Marvel s'est réveillé de nombreuses fois en pleine nuit à ses débuts. En cause : des douleurs qui trouvaient leur origine dans ses innombrables chutes. Quoi de plus normal, lorsque l'on apprend le métier ? Problème : même s'il peut désormais revendiquer le statut d'expert en matière de dunk, Jordan Kilganon doit encore braver la douleur. Il serre les dents :

« Mes bras sont vraiment dans un sale état. Ils sont violets. Je touche beaucoup l'arceau avec mon épaule. J'ai cogné ma tête contre l'arceau plusieurs fois. »

En réalité, il faut souffrir pour être bon dunkeur. La chute et le choc sont tout simplement des maux nécessaires pour développer sa créativité. Si le Canadien en est ici aujourd'hui, c'est bien parce que, chaque jour, il veut de nouveau épater la galerie qui attend tant de lui.  

« Il faut être créatif », conseille-t-il lorsqu'on lui demande l'une des premières qualités d'un bon dunkeur. « Il faut que que tu tentes tous les dunks que tu crois impossibles. Et pas seulement une fois, même si tu es loin de les avoir réussi. Tu dois rêver, tu dois essayer des choses différentes. »

Aujourd'hui, la palette de ses dunks est incroyable. Après le fameux « scorpion », Jordan a conservé ce même principe du bras qui rabat le ballon dans son dos vers le panier, mais en récupérant la balle orange dans les mains d'un de ses amis. Aujourd'hui, il n'a pas peur de le dire : il pense être « le dunkeur le plus créatif sur terre ». Et difficile de lui donner tort. Notamment lorsque l'on voit sauter au-dessus d'une voiture avant de dunker en arrière sur le bolide. Ou quand un ami lui jette une balle aux abords de la ligne des lancers-francs qu'il reprend en vole avant de la propulser dans le panier. L'artiste Kilganon sait créer, et bonifier. 

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Dunked over a car at Gothenburg's Basketball Festival in Sweden today! #DunkElite #BounceKit #Sweden #Dunk #K1X

Une vidéo publiée par jordan kilganon (@jordankilganon) le

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White men can't jump ?

« Je dois dire que je suis le meilleur », déclarait-il en février 2014 au Northern Life. Sereinement. De quoi ouvrir grand les yeux de bon nombre de lecteurs. Car il y a bien chez Jordan une fierté qui frôle avec l’orgueil. Il précise : « En termes de coordination, de rapidité de mouvement du ballon et de ce genre de choses. Cela peut sembler prétentieux, mais beaucoup de monde est d'accord avec moi. » Du moment où il a rentré son premier dunk à son dernier « Lost and Found », son objectif est toujours resté le même : devenir le meilleur. La force du caractère, diront certains. Autre preuve de sa volonté d'avoir l'Amérique (et le monde) à ses pieds : il n'a pas toqué à beaucoup de portes pour proposer ses services, mais a voulu que certains experts veuillent le dénicher.

« Je ne voulais pas me présenter aux personnes qui recrutent des dunkeurs. Je voulais devenir bon au point qu'ils veuillent me récupérer » déclara-t-il à Sudbury Sports.

Et ça a marché. L'homme qui a flairé le bon coup s'appelle Nils Wagner. Propriétaire de Hoopmixtape, il le fait venir à Los Angeles en septembre 2013.

« Je suivais ses vidéos depuis un bon moment. Je suis obsédé par le basket, et j'ai remarqué qu'il était vraiment très créatif. Je lui ai accordé une chance et je l'ai fait venir à LA. La première fois que je l'ai rencontré, c'était à l'aéroport »

La mayonnaise prend. Immédiatement. Nils Wagner le met au défi de réaliser un 720. Il le réussit aussitôt. Sa pige avec les autres dunkeurs de Hoopmixtape devait durer deux semaines. Il reste finalement trois mois. Participe à des shows lors de rencontres universitaires et d'autres événements. Notamment à la Midnight Madness de l'université St Mary en octobre, à la plus grande joie des étudiants présents. À l'époque, le style est différent. Les cheveux en bataille n'ont pas encore laissé place au crane rasé, et les réceptions sont parfois compliquées. Il se souvient :

« Quand j'ai commencé à dunker ici, devant mes idoles, je nageais en plein rêve. Lorsque je dunkais les autres dunkeurs se demandaient ce que je venais de tenter, j'étais plein d'adrénaline. »

L'ascension de ce « petit » blanc avait débuté. Chaque spectateur qui assiste à ses fulgurances se souvient, avec le sourire, du film sorti en 1992 intitulé « White Men Can't Jump ». La presse parle d'une détente de 127 centimètres. Quand la moyenne en NBA est de 76 (chiffres de Sudbury Sports). Pour montrer ses facilités, il poste sur Instagram une vidéo de lui grimpant sur une plateforme d'1m90 et prétend avoir battu le record du monde du « runing box jump ».

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Si Jordan Kilganon pourrait sauter au-dessus de Stephen Curry, Derrick Rose ou encore Damian Lillard, son porte-feuille n'est pas aussi rempli que ces trois NBAers. En ce qui concerne son avenir, il a dû trancher entre l'école et le dunk. Son choix ?

« Aller à l'école affectait parfois énormément mon entraînement », raconte-t-il. « Donc la chose la plus difficile fut de faire un choix. Laisser tomber ses rêves, ou courir après. Mon but ultime était de les poursuivre, donc je peux montrer à quiconque comment poursuivre le sien. »

S'il est diplômé du lycée Sacré Cœur et s'est inscrit en dessin industriel à l'université Humber, il semble être bien plus assidu aux entraînements qui ont fait sa force. Jordan continuera de jouer pour gagner sa vie. Normal : il est extrêmement demandé. Alors il continuera.

Le tour du monde avec un ballon

Nous voici à Rucker Park, à New York. En plein Harlem. Un endroit surnommé par certains « La Mecque du basket », et rempli de streetballers. Ici comme ailleurs, Jordan a fait le show. L'été dernier, il a épaté et rendu une foule folle. Encore. En dunkant en arrière après avoir sauté sur le sosie de Notorious B.I.G. (ou d'Issa Doumbia...), debout sur une chaise. Pas une première. Ni une dernière.

Fraîchement sorti du lycée, il remporte des qualifications à Philadelphie pour le Sprite Slam Dunk Showdown, qui s'est tenu en plein All-Star week-end à New Orleans. Dans le jury, LeBron James assiste à ce concours de dunkeurs qui n'ont foulé les parquets de la Grande Ligue que pour faire le spectacle. Pourtant, Jordan inspire les NBAers. Ceux qui participent au concours auquel il n'aura jamais la possibilité de se présenter.

« Il a vu une de mes vidéos sur la toile », lance-t-il en parlant de Blake Griffin. « Il cherchait des idées pour le dunk contest. »

Voir Jordan Kilganon battre des joueurs NBA au Slam Dunk Contest : le fantasme ressort régulièrement. Des internautes ont ainsi lancé une pétition pour que Barack Obama demande en personne la participation du jeune Canadien... Lui s'en fiche. Aujourd'hui, il est à New Orleans. Demain à New York. Après-demain au Qatar, à Casablanca, à Gothenburg ou en France. Avec toujours le même objectif : faire un show que personne d'autre ne pourra offrir pour vivre de cette passion qui est née il y a six ans.

« Peu de gens savent que tu peux gagner ta vie en faisant ça », explique-t-il.

Il a créé un programme sur Internet, là où tout a commencé, pour permettre aux internautes d'améliorer leur détente. Son nom : « BounceKit ». En monnayant ses conseils et ses prestations, il espère bien vivre du dunk. Du moins pour le moment. Et pas tout seul.

« Je veux créer une communauté autour du dunk. C'est le début de celle-ci », disait-il à la caméra qui le filmait lorsqu'il bluffait tout le monde une première fois avec son « Scorpion ».

En effet, il n'a jamais considéré le dunk comme une aventure solitaire et veut « aider quiconque le souhaite » via les vidéos YouTube de tous les apprentis à l'exercice. Son souhait : évoluer en bande avec sa communauté de dunkeur et imiter la fabuleuse aventure des Harlem Globetrotters. À l'image d'un magicien, d'un chanteur ou des acrobates du Cirque du Soleil, Jordan Kilganon serait l'une de ces rares personnes au talent unique que chaque pays attend impatiemment. Si, a contrario de l'homme-araignée qui l'a inspiré, il ne sévit pas tout seul, c'est en rapprochant la fiction de la réalité et en prouvant au monde entier que chacun possède en lui des pouvoirs qu'il lui appartient de développer qu'il s'est donné les moyens de réaliser ses rêves les plus fous.