Le crossover d’Allen Iverson passé à la loupe

Frédéric YangPar Frédéric Yang Publié

Quasiment inarrêtable le crossover d’Allen Iverson a fait souffrir un nombre incalculable de défenseurs. Nous avons donc décidé de le décortiquer sous tous les angles afin que vous puissiez vous aussi être « un casseur de chevilles ».

On ne présente plus Allen Iverson. 11 fois All Star et quatre fois meilleur scoreur de la NBA, « The Answer » a décroché un titre de MVP de la saison régulière en 2000-2001. Mais plus que ses qualités de scoreur innées, c’est bien son crossover qui l’a rendu unique.

Le move

Le crossover est en réalité un mouvement assez basique. Il s’agit tout simplement d’un changement de direction rapide au moment où le défenseur ne s’y attend pas. Mais pour que le mouvement soit efficace, les yeux, la tête, les mains, les épaules, le buste et les pieds jouent un rôle primordial. Justement, la technique de crossover d’Iverson demeure tout simplement un modèle.

Le regard

De manière à ne donner aucune indication à son défenseur, Iverson gardait la tête levée lorsqu’il dribblait. Ses yeux restaient toujours fixés sur le cercle ou sur ce qui se passait sur le terrain et jamais sur les appuis du défenseur ou le ballon.

L’importance du centre de gravité bas et des appuis

Son centre de gravité restait toujours très bas au moment de son changement de direction, ce qui rendait son mouvement plus rapide. Avant de déclencher son crossover, Iverson se redressait complètement avant de fléchir les genoux et de mettre tout son poids sur le côté où il souhaitait feinter le départ. Pour accentuer la feinte, Iverson avançait son pied d’attaque, parfois même au niveau des appuis de son défenseur. Il n’hésitait pas à écarter au maximum ses appuis pour donner plus d’amplitude à son mouvement.

Le transfert de force

La clé du crossover d’Iverson c’était le transfert de sa force (ou de son poids) sur le côté où il feintait le départ. C’est seulement lorsque que toute la force était générée sur ce côté qu’Iverson changeait soudain de direction, en veillant à garder son centre de gravité bas et son dribble en dessous de ses genoux de manière à ce que le défenseur ne puisse pas toucher la balle. Tout le poids se transférait brutalement d’un côté vers l’autre. Cette technique demande des « cannes » particulièrement solides car la force emmagasinée sur une jambe peut atteindre plus de 800 kg comme il est démontré dans l’étude de Sport Sciences ci-dessous (voir à partir de 4:27).

Le dribble

Au niveau du dribble, Iverson utilisait toute la surface de ses doigts (le pouce ayant un rôle très important pour ramener le ballon) pour amplifier la feinte de départ vers un côté. Cette technique peut tout de même être risquée puisque l’on est très proche du porter de balle. Certains arbitres, moins tolérants que d’autres, se sont d’ailleurs fait un plaisir de lui siffler cette violation. On rappelle également qu'Iverson gardait toujours son dribble en dessous de ses genoux pour empêcher les interceptions.

Le déclenchement

De façon à endormir son défenseur, AI effectuait généralement une série de dribble sur place avant d’effectuer son crossover. Ce qui rendait Iverson imprévisible, c’est qu’il n’avait pas de côté préférentiel. Il pouvait effectuer son crossover face au panier ou sur les côtés, avec la main droite ou avec la main gauche ; et attaquer l’intérieur ou l’extérieur avec la même efficacité. Si  beaucoup de joueurs utilisent le crossover lorsqu’on leur porte un écran, Iverson, lui, l’utilisait quasiment à chaque fois en isolation.

La finition

Le crossover d’Iverson était redoutable car il n’a jamais été utilisé de manière stérile. Une fois son dribble croisé effectué, AI explosait immédiatement vers l’avant contrairement à certains joueurs, qui attendent de voir si la feinte a fonctionné avant d’enchaîner.  Vos entraîneurs vous le diront, vous devez dribbler pour attaquer le panier et c’était exactement l’objectif du crossover d’Iverson

Le plus important dans ce mouvement était donc peut-être ce qu’il génèrait par la suite. Iverson était vraiment agressif après son dribble croisé, ce qui lui permettait soit de se créer un espace pour tirer quand la raquette était bouché soit d’attaquer tranquillement le cercle.

A vous de jouer

Vous avez désormais les clés pour effectuer un crossover efficace. Gardez à l’esprit que vous devez garder votre dribble bas, à la hauteur des genoux (maximum), que vous devez transférer tout votre poids vers le côté de feinte avant de brutalement changer de direction. Pensez également que le plus important est de savoir ce que vous allez effectuer après le crossover. Utilisez-le uniquement pour attaquer le cercle ou vous créer un espace pour tirer. Ne marquez pas de temps d’arrêt après le dribble croisé, enchaînez votre mouvement d’attaque. Pour ne pas rendre vos entraîneurs fous dès la reprise, entraînez-vous lors de pick up games entre amis ou lors de sessions de un contre un.