Shawn Kemp : Sex, Drugs and Basketball

Shawn Kemp aurait pu devenir le meilleur. Il s’est contenté de révolutionner le poste 4 en NBA. A Seattle. Entre 2 nuits blanches…

Tout au long de l’été, nous vous ferons redécouvrir (ou découvrir) des articles, interviews, portraits ou dossiers que nous avons publiés dans REVERSE depuis les débuts du magazine. Nous vous proposons aujourd’hui un retour sur l’un des joueurs les plus marquants et spectaculaires de l’histoire, Shawn Kemp, un portrait publié dans REVERSE #12, en septembre 2007.

 

S’il avait marché un peu plus droit, Shawn Kemp aurait pu devenir le meilleur. Il s’est contenté de révolutionner le poste d’ailier fort en NBA. A Seattle. Entre 2 nuits blanches…

Texte : Arnaud Blaizot

Nous sommes à l’été 2003, la chaîne NBA TV (RIP) vient de débarquer en France et passe en boucle les mêmes clips et les mêmes reportages. L’un d’eux concerne le camp d’été des Nuggets qui misent gros sur l’arrivée de leur Baby Star de 19 ans, Carmelo Anthony. La caméra se déplace et l’on voit apparaître un géant en jean’s, le tour de hanche digne de Charles Barkley ou Miss Dominique (ce papier a été publié en 2007 – ndlr). Difficile à imaginer mais ce même type est l’un des joueurs les plus excitants à avoir foulé les parquets NBA. Une dizaine d’années plus tôt, Shawn Kemp était lui-même la Baby Star de la ligue…

 

L’école buissonnière

L’histoire commence dans l’Indiana, comme dans toute bonne histoire sur le basket. Le gamin n’a encore que 18 ans mais déjà une détente de kangourou (un bon mètre), un corps d’homme (2,08m pour 108 kilos) et une gueule qui lui permet de boire une bière dans n’importe quel état d’Amérique. Son jeu est en conséquence : il est élu meilleur lycéen du pays devant des mecs comme Zo Mourning ou Billy Owens. Il ponctue ses années lycée par un McDonald’s All-American Game électrique. Sur une action, il enchaîne une prise de rebond autoritaire par un coast-to-coast supersonique (voir vidéos sur la dernière page – ndlr). A l’arrivée un dunk à 2 mains avec une prise d’appel pas loin des lancers-francs. Maintenant c’est sûr : le public et l’ensemble des médias connaissent le phénomène Kemp.

Enfin surtout les fans des Kentucky Wildcats, la fac pour laquelle il a accepté de signer. Sur le campus, on imagine déjà l’association entre les deux freshmen Shawn Kemp et le futur Cav, Chris Mills. Ces combinaisons ne sortiront jamais de la tête des fans des Wildcats, la faute à un test d’aptitudes loupé. Le gamin est plutôt rat de gymnase que rat de bibliothèque… En d’autres temps, les résultats de Kemp auraient pu être « arrondis ». Seulement, les Wildcats sont déjà sous le coup d’une probation de 2 ans suite à des suspicions de dessous de table. Kemp ne sera jamais un chat sauvage. Et il ne jouera jamais avec Chris Mills qui quittera Cleveland quelques mois avant que Kemp ne s’y installe…

Il tente de finir la saison dans le Texas au Trinity Valley Community College, une université de moindre importance et moins regardante sur le niveau scolaire de ses étudiants. Arrivé trop tard dans la saison, il est contraint d’attendre la saison suivante avant de jouer son premier match universitaire. Kemp n’aura pas cette patience. Il engage l’agent Arn Tellem et s’inscrit à la draft 89 à tout juste 19 ans, avec pour ambition d’imiter Moses Malone (multiple meilleur rebondeur de la ligue, triple MVP et champion NBA 1983 ) et son coéquipier aux Sixers Darryl  « Chocolate Thunder » Dawkins. C’était les années 74-75. A l’époque, les Etats-Unis étaient encore en guerre au Viêt-Nam et le petit Shawn avait 5 ans…

 

Supershawnic

Deux ans après avoir drafté Scottie Pippen (et l’avoir échangé contre Olden Polynice dans la foulée…), les Sonics sélectionnent Shawn en 17ème position entre Dana Barros et BJ Armstrong., deux futurs All-Stars. Seattle à l’époque est une équipe très spectaculaire emmenée par le duo Dale Ellis et Xavier  McDaniel. Le Kid Kemp doit donc se contenter des miettes de jeu laissées par celui que l’on surnomme X-Man.

Dès qu’il retire le survêt’, Kemp fait le spectacle. Il tente des choses hallucinantes et même s’il y a beaucoup de déchet, il devient vite le chouchou du Coliseum. Comme tous les grands champions, il réserve ses meilleurs coups pour le Madison Square Garden. Après un pick-and-roll d’école avec son meneur Dana Barros, il postérise toute la défense new-yorkaise sur un pump arrière monstrueux de puissance et d’amplitude. « Je voulais montrer ma colère de ne pas avoir assez de temps de jeu à travers ce dunk », dira-t-il plus tard. A l’époque, le rookie passe 15 minutes en moyenne sur le parquet et c’est surtout au Slam Dunk Contest du All-Star Game 90 qu’il trouve le moyen de se faire remarquer. Une suite de dunks aussi techniques que violents à l’image de ces claquettes rebonds enchaînées de moulins aussi explosifs que ceux du vainqueur, Dominique Wilkins.

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