102 Detroit Pistons DET
90 Charlotte Hornets CHA
104 Indiana Pacers IND
131 Brooklyn Nets BKN
116 Orlando Magic ORL
109 Miami Heat MIA
100 Boston Celtics BOS
108 Milwaukee Bucks MIL
103 Memphis Grizzlies MEM
91 New Orleans Pelicans NOP
76 Phoenix Suns PHO
124 Portland Trail Blazers POR
111 Dallas Mavericks DAL
117 Atlanta Hawks ATL
106 Utah Jazz UTA
96 Denver Nuggets DEN
100 Sacramento Kings SAC
105 Houston Rockets HOU
107 San Antonio Spurs SAS
99 Minnesota Timberwolves MIN
120 Washington Wizards WAS
115 Philadelphie Sixers PHI

Alexis Rabutépar Alexis Rabuté    

Après cet Eurobasket très décevant, Vincent Collet est remis en cause. Mais le désigner comme l’unique responsable serait trop simple.

La France s’est complètement loupée à l’EuroBasket 2017. Après une phase de poule très moyenne, elle est sortie en huitième de finale face à une Allemagne à sa portée. Désigné par beaucoup comme le principal responsable de cette débâcle, Vincent Collet a sûrement des torts mais ne doit pas être le seul à assumer.

La déception est énorme, surtout au vu des attentes certainement trop élevées placées dans ce groupe. L’objectif annoncé était de remporter une médaille. Un but assez hypothétique au vu de l’équipe en place.

Une marge de manoeuvre réduite

Pour le public français, cette première compétition post génération Parker devait servir de révélateur concernant l’influence de Vincent Collet. Ce serait minimiser l’ampleur du changement qu’a vécu cette équipe de France.

Tout le monde mesure bien la part prépondérante d’un Tony Parker. Sur le plan sportif, mais aussi médiatique. En cas de problème, tout le monde pouvait se réfugier derrière les larges épaules d’un TP. Désormais, il faut prendre ses responsabilités et assumer ses envies de leadership sans le bouclier Parker.

Si Collet était préparé à cela, il n’avait certainement pas prévu de devoir autant reconstruire dès l’année qui a suivi. Les absences de Florent Pietrus, Mickael Gelabale (retraites internationales) ainsi que Charles Kahudi (blessure) offraient déjà une sélection amputée de trois spécialistes défensifs.

Rudy Gobert n’a pas non plus pu se libérer, de même pour Nicolas Batum. Eux aussi fondamentaux en défense, ils ont surtout manqué l’occasion de récupérer des responsabilités qu’ils demandaient. Il serait trop long et complexe de comprendre la réelle motivation de leurs absences. Mais la présence de ce duo aurait très probablement rééquilibré une équipe trop axée sur l’attaque et défaillante au rebond et dans la dissuasion.

Ce qui est certain, c’est que Vincent Collet en a été la première victime. Lors des dernières campagnes, la France s’était notamment construite sur une grande défense en laissant les rênes à TP en attaque. Même si le réservoir français est un des meilleurs d’Europe, il faut se rendre compte de l’ampleur du chantier.

Sa préparation a elle-même été bousculée par plusieurs soucis. De nombreux joueurs ont renoncé à cause de pépins physiques comme Moustapha Fall, Fabien Causeur, Timothé Luwawu-Cabarrot. Yakuba Ouattara a alterné les allers-retours en raison de l’accouchement de sa femme.

Le sélectionneur français a certes forcément une part de responsabilité dans cet EuroBasket 2017 raté. Mais force est de constater qu'il n'a pas eu à sa disposition l'équipe qu'il souhaitait. Cependant, c’est quelqu’un de rationnel, il a eu l’intelligence de s’adapter. Au vu des joueurs dont il disposait, il a pris le risque de construire une équipe très offensive. Dans tous les cas, sa force défensive aurait été amoindrie. Donc autant tenter le coup de se baser sur un potentiel offensif certain, du moins sur le papier.

Des choix contestables

L’impact de Vincent Collet s’est également mesuré sur sa gestion de l’effectif durant le premier tour. Si nous sommes presque habitués à voir l’équipe de France perdre son match d’ouverture, la suite a été plus inquiétante. Logiquement, elle a révélé plusieurs points sur lesquels le coach aurait pu faire différemment.

On le sait, il fait énormément (excessivement parfois) confiance à ses leaders. Au point de les laisser parfois trop longtemps sur le terrain. C'était l'une des principales critiques lors de l’Euro 2015 et les JO de Rio. On se souvient notamment de la demie face à l'Espagne en 2015 où sur certaines séquences un TP dans le dur était maintenu dans le 5, alors qu'il ne trouvait plus la solution et aurait mérité de souffler. Si, pour de nombreuses raisons, il était difficile de mettre un Tony Parker sur le banc, cela devait devenir plus simple avec ses successeurs désignés. S’ils sont de grands talents, ils n’ont pas l’aura du multiple champion NBA.

Or, dès le départ, tout le monde a vite observé que le trident Thomas Heurtel - Nando De Colo - Evan Fournier était en énorme difficulté défensivement tout en connaissant par moments (voire très souvent pour Nando) des passages à vide en attaque. Si leur association dans le cinq pouvait s’expliquer par les nouvelles volontés offensives de l’équipe, peut-être n’aurait-il pas fallu autant insister sur certaines rencontres.

La première mi-temps face à la Slovénie en est le meilleur exemple. Dès le départ, le duo Dragic-Doncic a fait prendre l’eau à la France. Une situation qui était tout de même très prévisible. Nos leaders offensifs étant aux abonnés absents, pourquoi ne pas les avoir sortis avant ? Surtout au vu de l’apport d’un Axel Toupane ou même d’un Edwin Jackson, bien plus impliqués des deux côtés du terrain.

Cette claque slovène a aussi mis en lumière les limites du coaching et rappelé que ce sont avant tout les joueurs qui agissent sur le terrain. Après une belle gueulante - ou au moins un sérieux recadrage - à la pause, la France est bien revenue en début de seconde mi-temps. Sur un panier de Joffrey Lauvergne, elle pointait même à seulement 9 points de retard avec encore 7 minutes à jouer dans le troisième quart-temps.

À ce moment, la Slovénie prend un temps-mort. On pense les Français impliqués, concentrés après le discours de Collet à la mi-temps. Sauf qu’en revenant, ils s’effondrent en un temps record. En deux petites minutes, ils encaissent un 10-0. Le coach français est alors obligé  de prendre un temps mort. Peut-être aurait-il pu le prendre plus rapidement. Mais en même temps, l'enchaînement de mauvais tirs et de hero ball en deux minutes par des joueurs de ce niveau était quand même difficilement prévisible. Mais soit, peut-être aurait-il pu prendre ce timeout plus vite. Mais le résultat de ce temps-mort ? La France a perdu trois ballons en à peine plus d’une minute (deux d’Heurtel, un de De Colo) et s’est retrouvée à 66-44.

Son discours avait marché à la pause. Mais le sélectionneur n’est pas un magicien pour autant. Encaisser de tels écarts en si peu de temps, enchaîner trois pertes de balles en une minute après un temps-mort ? Ce sont des joueurs référencés en Europe ou en NBA, c’est aussi à eux d’assumer leur statut et d’être au niveau. Lors de la seconde remontée au score, si on peut supposer que Collet doit peut-être mieux le gérer mentalement, rien n’oblige Evan Fournier à craquer contre un arbitre. Alors certes, il aurait pu être meilleur sur certains points. Il est évident également qu'il n'a peut-être pas su instiller chez ses joueurs cette rage et cette intensité qu'on aurait aimé les voir afficher dès les premières minutes. Mais la responsabilité des joueurs est tout de même prépondérante sur ce match. Ce sont des joueurs de haut niveau, qui ne devraient pas avoir besoin d'être motivés pour un tel match et qui ont fait pas mal d'erreurs.

Face à l’Allemagne, Vincent Collet est enfin sorti de son immobilisme. En sortant du banc, Joffrey Lauvergne a d’ailleurs réussi une de ses meilleures performances du tournoi. Malheureusement, même s'il y a eu là aussi un léger mieux, le coach a peut-être hésité à sortir ses leaders en difficulté. A l’image de son Euro, il a une part de responsabilité, même si ce serait trop simple de tout mettre sur lui.

Quel avenir pour la sélection ?

A peine quelques heures après l’élimination face à l’Allemagne, la fédération française a annoncé qu’elle confirmait Vincent Collet à son poste. Un communiqué plutôt étonnant étant donné qu'elle l'avait prolongé l'an passé. Si la question s'était posée pour la FFBB, ça aurait été de toute façon après l'échec des Jeux Olympiques de Rio, qui coïncidait en outre avec la fin du cycle Parker. Si sa gestion avait dû être remise en cause, elle l'aurait été l'été dernier où sa décision de ne pas prendre Evan Fournier et les quasi-passe-droits de certains lors de la prépa ont notamment interpellé. C'est d'ailleurs à se demander si les critiques qu'il a essuyées cette année ne sont pas plus le résultat des deux compétitions précédentes que celui de sa responsabilité lors de l'Euro.

Quoi qu'il en soit, la fédération a misé sur la continuité. Surtout que cet EuroBasket 2017 a au moins eu le mérite d’apporter quelques enseignements au sélectionneur. Malgré leurs antécédents, Evan Fournier ne l’a pas lâché en termes de mentalité, d’implication. Le constat s’avère similaire pour Edwin Jackson. Par contre, si on ne doute pas de leur bonne volonté, des joueurs comme Nando De Colo ou Joffrey Lauvergne sont passés au travers. On espère que le passage aux Spurs fera le plus grand bien à l'intérieur. Nando De Colo, lui, tout comme Evan Fournier, a vécu pour la première fois une compétition sans l'ombre protectrice de TP. C'était une sorte d'apprentissage et on ne doute pas qu'avec son talent, il ne se ratera pas deux fois.

Le retour des joueurs NBA comme Rudy Gobert et Nicolas Batum (en attendant Timothé Luwawu-Cabarrot ou même Frank Ntilikina) vont permettre à l’équipe de se rééquilibrer. Par contre, Collet a grillé un joker avec cette compétition. S'il n'est pas l'unique responsable de cet échec, il va devoir montrer qu’il est encore l’homme de la situation dès les prochaines échéances. Cela commencera par des qualifications pour le Mondial compliquées, avec presque uniquement des joueurs de Pro A disponibles.