Les 16 grands moments de 2016

BasketSessionPar BasketSession Publié

La retraite de Kobe et Duncan, le contre de LeBron, le départ de KD, etc... Autant de moments qui ont marqué 2016 et dont on se souviendra forcément.

L'année 2016 a été le théâtre de quelques très grands moments de basket, d'émotion ou d'étonnement. Voici les 16 que l'on a sélectionnés pour illustrer ces 12 mois.

La dernière de TP, Gelabale et Piétrus

Une dernière triste. Premièrement parce que ce sont trois des plus grands joueurs français - dont le plus grand - qui ont mis un terme à leur histoire avec les Bleus. Ensuite, parce qu'elle a eu lieu lors d'une défaite des Tricolores, torpillés par l’ennemi juré espagnol en quarts de finale des Jeux Olympiques de Rio. Une défaite humiliante qui illustre les dysfonctionnements de cette campagne brésilienne. Mais oublions cet échec et souvenons-nous plutôt des dizaines d’années de basket valeureux et parfois vibrant offertes par Tony Parker, Mike Gelabale et Florent Piétrus à l’équipe de France. Ce sont trois des vingt joueurs les plus capés et les plus titrés de l’histoire du basket français qui ont rangé les sneakers et ils vont sincèrement nous manquer.

Le contre de LeBron James sur Iguodala

Une séquence mythique qui porte déjà un nom : “The Block”. Le moment (nutella) de la carrière de LeBron James. Le highlight des highlights du King. Une action défensive d’anthologie qui a conduit au premier titre de l’histoire des Cleveland Cavaliers, le premier sacre majeur pour l’Ohio depuis plus d’un demi-siècle.

A 89 partout, les Warriors avaient une occasion de repasser devant à moins de deux minutes de la fin sur cette contre-attaque éclaire menée par Andre Iguodala. Mais LeBron James a jailli de nulle part pour s’offrir son move signature, son équivalent de The Shot. La façon dont le prodige d’Akron cavale pour rattraper son retard sur Iggy avant de bloquer sur la planche sa tentative de layup illustre - et symbolise - à merveille la remontée historique des Cavaliers pendant ces finales NBA. Menés 1-3 et dos au mur, ils ont réussi l’impensable en devenant la première équipe NBA à finir sacrée après avoir connu un tel handicap.

Stephen Curry 1er MVP unanime, le record improbable des Warriors

Les Golden State Warriors l’ont fait : ils ont battu le record imbattable des Chicago Bulls 96 en remportant 73 matches pendant la saison régulière. Stephen Curry l’a fait : il a réalisé ce qu’aucun joueur NBA, pas même Michael Jordan, pas même LeBron James, n’avait fait jusqu’à présent. Il a été élu MVP à l’unanimité. Une juste récompense tant le meneur des Warriors a sorti une saison épique, l’une des plus belles de l’histoire et sans doute la plus impressionnante aux shoots. Il a planté plus de 400 tirs primés sur la saison, a relancé le débat d’une ligne à quatre points en shootant aisément à plus de dix mètres du cercle, et a créé un nouveau club de tireurs d’élite : le 50-45-90 (% de réussite aux shoots, trois-points et lancers). Un extra-terrestre en 2016, pour une saison d'extraterrestres pour les Warriors.

On peut certes dire que leur défaite lors des Finales dans les circonstances que l'on connaît empêche ces Warriors 2016 d'être considérés comme la meilleure équipe de tous les temps. Mais bon bilan ne saurait mentir et, dans plusieurs décennies, le groupe de Steve Kerr restera, si personne ne fait mieux, la référence ultime en matière de saison régulière réussie. On ne pensait pas revoir une équipe aussi dominatrice que les Bulls de 96 et leur 72 victoires en 81 matches, mais Curry et sa bande nous ont surpris, emballés et fait croire à une saison parfaite jusqu'au trophée Larry O'Brien. Le destin et Lebron James en ont décidé autrement, mais cette nuit du 13 avril où Golden State a dominé Memphis pour décrocher sa 73e victoire restera dans les annales.

Kobe Bryant : Mamba out

La tournée d’adieu de Kobe Bryant a été longue et assez pénible pour les fans des Lakers, malgré l’émotion évidente qu’elle a suscité. Pourtant, le chemin usant vers ce 13 avril 2016 en valait la peine. Que le Jazz ait joué le coup à fond ou non, que ses partenaires l’aient alimenté tout au long du match en lui offrant tous les tickets shoots possibles ou pas, le Black Mamba a été magnifique sur le parquet du Staples Center ce soir-là. Devant un public venu en masse pour témoigner tout son amour à l’un des trois plus grands joueurs de son histoire, Kobe a pris feu et inscrit 60 points pour décrocher une ultime victoire sous le maillot des Purple and Gold. Qu’on l’ait aimé ou non durant sa carrière, Bryant a provoqué un frisson d’émotion chez tous ceux qui avaient veillé cette nuit-là, s’assurant qu’on ne l’oublierait pas de sitôt…

Les premières finales NBA de Craig Sager

Les droits télés de la NBA sont un immense enjeu. Pour les playoffs, ils ressemblent un peu à ce que l’on peut voir en France pendant un Euro de foot ou la Coupe du Monde : plusieurs chaînes, Turner (qui retransmet sur TNT et NBA TV) et ABC (ESPN) se partagent les playoffs, mais une seule diffuse les Finales NBA. Et c’est toujours ABC qui en a les droits. C’est la raison pour laquelle Craig Sager, d’ESPN, n’a jamais pu officier lors de la série ultime pendant sa carrière. Mais cette année, Turner et ESPN se sont mis d’accord pour que l’homme aux costumes irréels, alors en plein combat contre la maladie, puisse couvrir le match 6. De tous les magnifiques soutiens et vibrants hommages qu’il a reçus au cours de son combat et après son décès, c’est celui-ci qu’on a choisi de retenir : que des structures économiques aussi puissantes mettent de côté leur concurrence et toutes les histoires de droits et de contrats pour permettre à Craig Sager de boucler la boucle et de réaliser la dernière expérience qu’il manquait à son immense carrière en dit long sur sa personnalité, son statut et l’unanimité qu’il faisait.

Les discours d’intronisation au Hall of Fame de Shaquille O’Neal, Yao Ming et surtout Allen Iverson

Des discours mythiques d’intronisation au Hall of Fame, il y en a eu un paquet. Mais la cuvée 2016 a été particulièrement gâtée avec trois des personnalités les plus fortes et/ou intéressantes à avoir foulé les parquets ces dernières années. Et si tous leurs discours étaient clairement à la hauteur des attentes qu’ils ont suscitées, les prochaines générations vont devoir s’accrocher pour susciter autant d’émotions que celui d’Allen Iverson. Bordel, ce speech était magnifique, nous a filé des tas de frissons et nous a rappelé pourquoi on le kiffait à ce point et pourquoi il nous manque tant. Putain de nostalgie…

La suspension de Draymond Green

Beaucoup pensent que si Draymond Green n’avait pas eu ce coup de sang lors du game 4 des Finales NBA en voyant LeBron l’enjamber, les Warriors auraient réussi le doublé. Une hypothèse pas complètement folle, puisque si Curry est le leader technique de ce groupe, Green en est son âme. Même s’il est revenu pour le game 6, le All-Star a déstabilisé son équipe et permis aux Cavs de reprendre confiance en eux avec les conséquences que l’on sait. La suspension lui pendant dans tous les cas au nez vu sa production en matière de kicks depuis le début des playoffs…

La retraite de Duncan et la cérémonie en son honneur

Voir le meilleur poste 4 de l’histoire tirer sa révérence, c’est forcément un grand moment. Avec la sobriété qu’on lui connaît, le Big Fundamental n’a pas opté pour une tournée d’adieu comme Kobe et il n’aurait probablement pas organisé de soirée-hommage de son propre chef si les Spurs n’avaient pas pris les choses en main. Mi-décembre, on a compris toute l’importance qu’avait Tim Duncan dans la vie de San Antonio et de sa franchise. Le numéro de stand-up émouvant de Pop, les éloges de ses potes TP et Gino ou son discours bref mais concis resteront à jamais dans le coeur des fans.

https://www.youtube.com/watch?v=Y9bmeITda2o

De Colo MVP de l’Euroleague

C’est en 2016 que Nando De Colo, déjà Tsar en Russie, est devenu roi de (l’équipe de) France et d’Europe. Le natif de Sainte-Catherine a tout raflé, tous les trophées et il a été élu MVP à chaque fois : meilleur joueur de l’Euroleague, meilleur joueur du Final Four, meilleur joueur de la finale, meilleur joueur du championnat russe… tout simplement le meilleur basketteur du monde hors NBA.

Aaron Gordon et Zach LaVine sauf le Slam Dunk Contest d’une mort certaine

Il a fallu deux hommes (sommes-nous certains qu’ils sont bien humains ?) pour ressusciter un concours devenu aussi intéressant que le Rising Challenge. Deux dunkeurs ultra spectaculaires qui nous ont offert le plus beau SDC de la décennie et peut-être même le plus fou de l’histoire - en compétition avec 84 et 2000. Aaron Gordon et Zach LaVine se sont répondus à coup de tomars plus spectaculaires les uns que les autres (bordel, ce dunk de Gordon après avoir passé la balle sous ses jambes !) et ils méritaient tous les deux de gagner. LaVine a conservé son titre mais le joueur du Magic était clairement plus qu’un simple dauphin. Le concours était tellement kiffant que les fans attendent déjà leur revanche en février prochain !

Les ESPY Awards et l’engagement des NBAers

Longtemps, et à juste titre, on a reproché aux NBAers de ne pas assez s’investir en dehors des parquets. C’est malheureusement à cause d’évènements aussi tragiques que bien trop nombreux, que 2016 a marqué un tournant dans l’engagement politique et social des stars NBA. Le moment le plus symbolique de cette évolution restera le discours de Carmelo Anthony, Chris Paul, Dwyane Wade et LeBron James sur la scène des ESPY. Habillés de costumes noirs, se tenant côte à côte, soudés, unis et faisant front, ils ont délivré un discours fort, rappelant l’urgence du besoin de changement, la nécessité de mettre fin à toute forme de violence et d’investir dans les communautés.

Et ce n’était pas un one-shot pour faire bien. Dwyane Wade (dont la cousine a été abattue six semaines après les ESPY) a organisé un événement pour promouvoir l’harmonie entre la communauté et les forces de l’ordre. DeMarcus Cousins a rencontré la police de l’Alabama pour discuter sur la violence. Melo a organisé une rencontre entre les différents leaders communautaires de Los Angeles. Même s’ils ont choisi (aidé par la NBA ?) de ne pas marquer le coup et suscité débats et polémiques à la manière d’un Colin Kaepernick, les exemples sont nombreux. Même Michael Jordan a participé, lui qui a longtemps été critiqué de s’être tenu à l’écart de la politique et des questions sur la condition des noirs.

Contrairement à MJ à l’époque, beaucoup de personnalités de la NBA ont donné leur avis sur leur campagne présidentielle. Les joueurs se sont fortement positionnés contre la rhétorique trumpienne, pas mal d’entre eux ont ouvertement soutenu Hillary Clinton, à l’image d’un LeBron James. Un LBJ qui, comme d’autres, se demande clairement s’il ira à la Maison-Blanche comme le veut la tradition en cas de titre. Et tout ça ne se limite pas aux joueurs. Les déclarations de Steve Kerr (dont il faut aussi souligner la prise de position publique en faveur de la marijuana thérapeuthique), Gregg Popovich ou encore Stan Van Gundy (qui a tout bonnement brillamment défoncé Donald Trump) étaient particulièrement fortes.

Alors, si certains considèrent que les sportifs doivent s’en tenir au sport et rien qu’au sport, nous, nous avons particulièrement apprécié de voir l’engagement de nos NBAers.

Le cross de Marine Johannès sur Maya Moore

Si les matches des filles ne font injustement pas kiffer tous les amateurs de basket, c’est parce que, selon leurs détracteurs, il n’y a pas assez d’actions spectaculaires et de joueuses capables de mettre le feu au parquet, si ce n’est du côté des Etats-Unis... Le 19 août à Rio, justement face à la surpuissante Team USA, Marine Johannès leur a prouvé qu’ils avaient tort. La petite prodige des Bleues a placé un cross dévastateur devant Maya Moore, star parmi les stars en WNBA, enchaînant avec un shoot propre à 3 points pendant que la MVP 2014 cherchait son chemin. On se souviendra dans quelques années que c’est ce jour-là que le grand public a découvert celle qui marquera peut-être l’histoire du basket féminin en France.

Russell qui balance Nick Young

Bros before Hoes. Enfin, pas pour D’Angelo Russell. L’immaturité de la star montante des Los Angeles Lakers a atteint son paroxysme en mars 2016 quand le joueur, alors rookie, a divulgué (sans que l’on sache réellement si c’était volontaire ou non) les confessions filmées d’un Nick Young infidèle envers Iggy Azalea.


Enregistrer son propre coéquipier tout en lui posant des questions sur sa vie extra-conjugale est tout de même assez tordu. La séquence a évidemment fini sur le net et Young, de toute façon pris la main dans le sac (ou plutôt le… dans la…) par son ex-compagne, a été largué par la rappeuse australienne. Mais au-delà des conséquences sur le couple Young-Azalea, D’Angelo Russell est devenu la “balance” de la NBA. Ses coéquipiers ont arrêté de lui adresser la parole. Il déjeunait seul. Il marchait seul, enfin accompagné de ses gardes du corps, en sortant du centre d’entraînement des Lakers. Plus personne ne s’asseyait à côté de lui dans le vestiaire et même des joueurs d’autres franchises ont exprimé leur dégoût envers le meneur de L.A. Il a fallu du temps, des excuses et l’arrivée de Luke Walton pour que Young et Russell soient à nouveau complices.

Le départ de Durant pour Golden State

Le 4 juillet 2016 pourrait bien être une date spéciale dans l’histoire de la NBA. Celle où la ligue a été défigurée par le départ de Kevin Durant aux Golden State Warriors. Une issue évoquée depuis plusieurs mois mais tellement invraisemblable qu’elle a tout de même choqué la planète basket. KD, éliminé en finale de Conférence avec le Thunder, a donc rejoint l’ennemi, bouleversant le paysage à l’Ouest pour de nombreuses saisons (a priori). Le move a été si mal accueilli par une partie du public (par presque tous les fans sauf ceux des Warriors et ceux qui n’en ont rien à secouer de Durant) que la NBA a inclus une règle pour éviter pareil scénario dans le prochain CBA. Parfois, on a presque l’impression d’avoir perdu une des plus grandes superstars maintenant que l’ex-MVP joue avec trois autres All-Stars, même s’il est en réalité encore plus fort qu’avant. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire, mais d’ici dix ans, surtout si les Warriors remportent plusieurs titres, le 4 juillet sera fêté (ou honni) comme celui de l'Independence Day de l'attaquant le plus doué de sa génération.

L’intersaison et les gros contrats

Une intersaison où chaque GM disposait de suffisamment d’espace sous le cap pour recruter un ou deux joueurs au salaire maximum, ça promettait un mois de juillet très épicé. Et c’est effectivement complètement parti en couilles. Veuillez excusez ce langage, mais c’est ce qui résume le mieux cette Free Agency particulièrement dingue. La hausse brutale du cap - en raison de la mise en vigueur des nouveaux droits TV - a offert aux franchises la possibilité de recruter sans compter et elles n’ont pas manqué l’occasion de lâcher des billets verts dans tous les sens. Des milliards de dollars dépensés en cumulé, des contrats à plus de 17 millions annuels pour des joueurs comme Bismack Biyombo, Ian Mahinmi ou Allen Crabbe, Mike Conley à plus de 150 plaques, des offres tellement insensées que même certains joueurs n’y ont pas cru en se voyant proposer de tels contrats... Cette intersaison était surréaliste. La prochaine sera encore pire.

Les 60 pts en 29 minutes de Klay Thompson

Quand Kevin Durant a choisi les Golden State Warriors, certains pensaient Klay Thompson condamné à voir son rôle diminuer sensiblement. Il leur a tous donné le tort début décembre en devenant le premier joueur de l’histoire à claquer 60 points en moins de 30 minutes (29). Une démonstration d'attaque (21/33) et la preuve ultime qu’un excellent scoreur peut être prolifique sans croquer la gonfle : Thompson a dribblé onze petites fois, oui, onze, durant toute la partie ! L’un des plus beaux récitals de l’année.

MAIS AUSSI

- La fin de l’histoire entre Miami et Dwyane Wade.

- Le craquage de Blake Griffin

Les Los Angeles Clippers sont de vrais poissards, mais il faut dire que leurs meilleurs joueurs ont parfois tendance à tenter le diable. Alors qu’il était déjà absent des parquets en raison d’une blessure, Blake Griffin a frappé fort - et c’est le cas de le dire. La star s’est fracturé la main en… mettant des coups de poing à l’un des membres du staff de la franchise. Les Clippers s’en sont pas si mal sortis sans lui, jusqu'à leur élimination en demi-finale de Conférence contre Portland après une nouvelle blessure de Griffin...

- L'interview poignante de Melo aux JO, après une nouvelle campagne réussie pour lui avec Team USA.

- Les 11 paniers à trois-points de Klay Thompson qui ont changé la face des Finales de la Conférence Ouest.

- Les chaussures de daron de Stephen Curry

L'embrouille Booba-Patrice Quarteron.

https://www.youtube.com/watch?v=1Y1MtO8eejo

- L'été sans T-Shirt de JR Smith.

- Le spectacle excellent et sans aucun cliché michelleebesque du duo Gad Elmaleh-Kev Adams.

- La lettre de Sam Hinkie. 13 pages (!) pour expliquer sa démission des Sixers. La fin d'un travail original à défaut d'être sexy, qui marquera peut-être l'histoire.

- Le 7ème triple-double consécutif de Russell Westbrook, égalant la série de Jordan, mais prenant bien soin de ne pas fâcher le maître avec un 8ème.

- Jean-Marc Morandini et ses castings.

- L'opening night de cette saison avec des cartons monumentaux. En point d'orgue, les 50 pts, 16 rbds, 5 pds, 7 steals et 4 ctres d'Anthony Davis.

- Les nouilles dans le slip de Mathieu Delormeau, ce grand moment de culture et d'amour-propre.

- Antoine Griezmann qui se cague dessus (pas littéralement) en finale de l'Euro.

- Yohann Diniz qui se cague dessus (littéralement) aux JO.

- Le 0.3% de Jean-François "Chocolatine" Copé à la primaire des Républicains.

- Le summum de l'insolence :