L’Est est dévasté, à qui profite le crime pour le All-Star Game ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Avec les nouveaux départs vers l'Ouest, la Conférence Est s'est affaiblie. De quoi rendre intéressante la course aux dernières places pour le All-Star Game.

Ça n'a échappé à personne. Il y a eu un nouvel exode de talents de l'Est vers l'Ouest. Paul George à OKC. Paul Millsap à Denver. Jeff Teague à Minnesota. Trois All-Stars (en 2016 pour les deux premiers, en 2015 pour le meneur des Wolves) qui ont fait le grand saut via des trades ou des signatures en fin de contrat. Un constat paraît évident. Il y aura de sacrés joueurs absents du All-Star Game à l'Ouest et quelques parvenus dans la sélection de l'Est.

Si l'on excepte les blessures qui surviennent tous les ans, voilà de quoi on peut être à peu près sûrs quant aux présents dans le groupe de l'Est.

Le patron : LeBron James.

Son lieutenant, Kyrie Irving.

Son sergent Kevin Love.

Les deux tauliers de Toronto Kyle Lowry et DeMar DeRozan.

Les deux meneurs les plus importants pour leur équipe : Isaiah Thomas et John Wall.

Giannis Antetokonmpo, le Greek Freak des Bucks.

Huit joueurs sur douze. Pour le reste, c'est un petit saut dans l'inconnu.

Carmelo Anthony est sur le départ des Knicks et risque de rejoindre l'Ouest ou de ne plus avoir le vote new-yorkais à son actif. Kemba Walker devra lui confirmer que sa montée en puissance de la saison dernière peut se confirmer. Pas simple, surtout qu'il ne pourra a priori pas compter sur le vote populaire.

Un chamboulement qui devrait à la fois affaiblir la force de frappe de l'Est et laisser des ouvertures pour des joueurs auxquels on n'aurait pas forcement pensé.

Lance Stephenson (Indiana Pacers)

Oui, on sait, Stephenson revient de très loin et c'est déjà une bonne chose pour lui qu'il ait une place assurée dans un roster la saison prochaine. Mais avec la redistribution des cartes chez les Pacers et la probabilité de le voir jouer à la mène ou comme manieur de ballon principal, ne faites pas les étonnés quand "Born Ready" sera invité à Los Angeles pour récompenser son show à base de triple-doubles et de shake and bake.

Chances : Très faibles. On est conscient que Stephenson ne retrouvera sans doute plus le niveau qu'il affichait à l'époque où les Pacers étaient la deuxième meilleure équipe de la Conférence. Mais avouez que ce serait quand même fun...

Nicolas Batum (Charlotte Hornets)

Deux forwards All-Stars qui passent à l'Ouest (Millsap et George), ça laisse forcément une fenêtre de tir à quelques postes 3. Nicolas Batum en fait partie. Souvenez-vous qu'il avait un moment été évoqué en 2015 lors de sa première saison très aboutie à Charlotte. Avec son contrat digéré et une confiance retrouvée, notamment à la création, rien n'empêche "Batman" de croire en ses chances.

Chances : Correctes. Plus de scoring, plus de stats tout court et des Hornets dans le top 4 ou 5 de la Conference Est. Voilà qui pourrait aider la cause du Français.

Dion Waiters (Miami Heat)

Dion Waiters a explosé en Floride grâce à son jeu éléctrisant et clutch. S'il ne cède pas aux sirènes des Lakers, on devrait le retrouver à Miami. Et là, rien ne pourra arrêter celui qui se considère comme le meilleur joueur de la planète d'être la grosse surprise de la Conférence Est au All-Star Game. Vu comment il rage encore sur son expérience à OKC, il faut s'attendre à un bar fight avec KD et Westbrook.

Chances : Étonnantes. Il y a en tout cas une demande populaire. Tapez "Dion Waiters All-Star" dans la barre de recherche sur Twitter et vous verrez que l'ancien de Syracuse a un nombre de partisans de plus en plus élevé.

Dennis Schröder (Atlanta Hawks)

Le petit Dennis va pouvoir faire mumuse tout seul à Atlanta. Tout le monde a officiellement déserté ces deux dernières années : Kyle Korver, Al Horford, Jeff Teague, DeMarre Carroll et Dwight Howard. Sur le plan statistique, ce tanking plan de reconstruction des Hawks est parfait pour lui. Voilà une opportunité en or de montrer qu'il peut être un meneur d'élite en sublimant un roster médiocre.

Chances : Unsicher. Incertaines en VF. Si les Hawks profitent pour X raison de la faiblesse de l'Est pour être à la lutte pour les playoffs et que l'Allemand tourne à 20 points et 10 passes de moyenne, allez savoir...

Jae Crowder/Avery Bradley (Boston Celtics)

Dans l'hypothèse où Boston pointe en tête du classement à l'Est au moment du All-Star Break, récompenser un autre Celtic qu'Isaiah Thomas aurait du sens. On se souvient que la NBA avait plébiscité quatre Hawks en 2015, par exemple. Si on considère que Al Horford n'est plus "in his prime" et que Gordon Hayward ne quittera pas Salt Lake City, une montée en puissance de Jae Crowder et/ou Avery Bradley pourrait permettre à l'un ou à l'autre de changer de statut.

Chances : Il faudra quand même quelques trèfles à quatre feuilles pour que cela se produise.

Joel Embiid (Philadelphia Sixers)

S'il arrive à atteindre le All-Star Break sans se blesser et en jouant au niveau qu'il a affiché pendant 31 matches la saison dernière, il n'y aura pas photo. Le public l'avait déjà plébiscité en 2016 alors qu'il venait d'éclore. Sa personnalité va encore le rendre très populaire et les journalistes auront eux aussi du mal à l'exclure du gala.

Chances : Trust the Process.

Kristaps Porzingis (New York Knicks)

Avec le départ de Phil Jackson et celui probable de Carmelo Anthony, Kristaps Porzingis devrait enfin devenir l'option n°1 incontestée des Knicks. Si le Letton sent que l'organisation et le staff ont confiance en lui, il pourrait se défouler statistiquement et devenir ce shooteur/protecteur de cercle improbable que l'on imagine régner sur la NBA dans quelques années.

Sa popularité auprès du grand public et d'une partie des médias joue en sa faveur.

Chances : Honnêtes. Pas comme Phil Jackson quand il désigne les responsables du fiasco de son passage à New York.

Myles Turner (Indiana Pacers)

Paul George parti, Turner se voit propulsé dans le rôle du "visage" de la franchise. On a déjà beaucoup aimé ses deux premières saisons en NBA et ce chamboulement interne devrait permettre de le voir exploser. Les Pacers ne sont plus attendus dans le top 8. Mais en évitant les bas fonds, ils pourraient permettre à leur intérieur de connaître le All-Star Game dès sa 3e saison dans la ligue.

Chances : Intéressantes. Il lui faudrait un ou deux gros highlights pour faire monter un peu la hype autour de lui. Genre comme celui-là...

Hassan Whiteside (Miami Heat)

Son nom était pas mal évoqué la saison dernière, même si les protecteurs de cercle ne sont pas les plus prisés pour le All-Star Game en général. Avec un Heat dans le coup un peu plus tôt que la saison passée et une production aussi importante (17 points et 14 rebonds en 2016-2017), Whiteside pourrait écrire une nouvelle page de sa belle histoire. Lui qui, rappelons-le, était encore exilé au Liban il y a trois ans...

Chances : Solides.

Otto Porter Jr (Washington Wizards)

Les Wizards sont prêts à s'aligner sur n'importe quelle offre faite à leur ailier. Ce n'est pas pour rien. Si ses statistiques ne sont pas folles, l'impact de Porter sur le jeu est grandissant. Avec des Wizards sur la lancée de leur deuxième partie de saison 2017, l'ancien de Georgetown jouera les premiers rôles et devrait se faire encore plus remarquer des deux côtés du terrain.

Chances : Bonnes. Il faudra quand même tenir la cadence à 3 points après avoir tourné à 43.4% la saison dernière. Si Washington vient chatouiller encore un peu plus Cleveland et Boston, sa candidature sera incontournable à un poste qui s'est ouvert durant l'intersaison.

Khris Middleton (Milwaukee Bucks)

De retour de blessure, Middleton a presque immédiatement été une plus-value énorme pour les Bucks. Plus important que Jabari Parker, il est fondamental au rayonnement des Bucks et à leur progression cette saison. Sans lui, ce serait un Giannis show un peu stérile.

Chances : Faibles. Statistiquement, il ne fait pas partie des plus gros producteurs. Même si son adresse à 3 points peut faire parler de lui, sa seule chance serait que Milwaukee sur-performe et contraigne presque les coaches à retenir d'autres éléments du groupe que le Greek Freak.