Andrew Wiggins, Jabari Parker, des débuts difficiles

Andrew Wiggins et Jabari Parker ont tous les deux été très discrets pour leur premier match en NBA. Le show des futures superstars attendra encore un peu.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Pour ses débuts en NBA, LeBron James cumulait 25 points, 6 rebonds, 9 passes et 4 interceptions. Le même soir, Carmelo Anthony inscrivait 12 points et captait 7 rebonds lors d’une victoire face aux San Antonio Spurs. Presque vingt ans plus tôt, Michael Jordan concluait sa première rencontre chez les pros avec 16 points, 6 rebonds et 7 passes. Le futur appartient désormais à Andrew Wiggins et Jabari Parker, premier et deuxième choix de la dernière draft et têtes d’affiche d’une cuvée de rookies que l’on annonce exceptionnelle. Loin de nous l’idée de penser que les deux rookies aient été fondés dans le même moule que LeBron ou « MJ » mais toujours est-il qu’ils sont présentés comme les prochaines superstars de la ligue. On attendait donc leur premier match en NBA avec impatience. Et nous avons été… déçus, si l’on part du principe que l’on en demande déjà beaucoup à deux jeunes talents très prometteurs. Leurs performances sont passées inaperçues, fait plutôt rare au vu de l’attention médiatique qu’ils suscitent depuis le lycée. Jabari Parker a erré sur le parquet pendant 36 minutes face aux Hornets, le temps d’inscrire 8 points (3/9 aux tirs) et de prendre 4 rebonds. Son rival Andrew Wiggins n’a pas fait mieux avec 6 points (2/5) et 3 rebonds sur un temps de jeu bien moins conséquent cependant. La nouvelle star des Minnesota Timberwolves n’a joué que 18 minutes contre Memphis et il a été gêné pas des problèmes de fautes.
« C’est exactement ce à quoi je m’attendais », déclarait Jabari Parker à propos de ses débuts avec les Milwaukee Bucks.

Le fantôme de Jabari Parker

On espérait mieux pour l’ancien prodige de Duke. Le natif de Chicago a porté les Bucks en pré-saison et on ne l’imaginait pas aussi discret pour sa grande première. Passif, il n’a pas pesé sur le jeu. Il a joué 36 minutes sans que l’on se rende réellement compte de sa présence. Il s’est même distingué pour certains de ses oublis défensifs, l’une des lacunes du jeune joueur. Même en attaque, Parker n’a pas eu l’impact escompté. Il n’a tenté sa chance qu’à neuf reprises et a évolué la plupart du temps sans le ballon entre les mains. Même s’il n’est qu’un rookie, on aimerait voir le natif de Chicago s’imposer comme le leader des Bucks sur le parquet. Brandon Knight et Khris Middleton ont tenu ce rôle hier soir, pas Jabari. Mais il ne s’agit que d’une rencontre. Une première rencontre. Nous nous garderons donc de tout jugement hâtif. On a tout de même eu un aperçu des qualités du favori pour le trophée de ROY. Comparé à Carmelo Anthony, Jabari Parker a effectivement des caractéristiques similaires à la star des New York Knicks. Comme « Melo », il est utilisé dans un rôle d’ailier-fort hybride capable d’étirer la défense mais aussi de défier son adversaire dos au panier. [caption id="attachment_205493" align="alignnone" width="640"] Les Bucks ont cherché Jabari Parker dos au panier assez tôt dans le match. Sur cette action, le rookie s'est frayé un chemin jusqu'au cercle mais a été contré par Michael Kidd-Gilchrist.[/caption] Mais c’est essentiellement en transition et sur open court que Jabari Parker s’est le plus illustré. Deux de ses trois paniers, dont son premier en NBA, ont été inscrits dans cette situation. Sa vitesse et sa bonne lecture du jeu lui permettent d’être particulièrement efficace en contre-attaque. Outre ses premiers points, il a aussi provoqué une faute et délivré une passe décisive. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=dW5gbzoG9C0[/youtube] On veut le voir remonter la balle, agresser les défenses et diriger le jeu des Bucks. Jabari Parker en a les capacités. On suivra donc sa progression avec attention lors des prochains matches, où l'on espère le retrouver plus agressif.

 Baptême du feu douloureux pour Andrew Wiggins

Si la ligne de statistique d’Andrew Wiggins ressemble à celle de Jabari Parker, le Canadien n’a pas connu la même soirée que son alter ego. Il a passé seulement 18 minutes sur le parquet en raison de fautes à répétition et il n’a pas foulé un pied sur le terrain dans le dernier QT. En revanche, lui aussi a été très discret, voire même absent, notamment en attaque. Les observateurs craignaient que Wiggins n’ait pas le tempérament d’une superstar en raison de sa tendance à disparaître d’une rencontre sur de longues séquences. Ces derniers n’ont sans doute pas été rassurés en observant à la loupe la prestation du premier choix de la dernière draft. Il a volé un ballon sur la première possession du match mais il n’a presque pas retouché la gonfle avant la moitié du premier QT. A vrai dire, il a été inexistant pendant de longues minutes.
« C’était bien. C’était excitant. J’ai pris des fautes rapidement donc c’était difficile de me mettre en rythme », expliquait Andrew Wiggins au Star Tribune. « J’ai beaucoup appris. »
La NBA est un apprentissage permanent et Wiggins a été gâté pour sa première rencontre. Le Canadien était opposé à Tony Allen, l’un des meilleurs défenseurs du pays. Même les attaquants les plus prolifiques de la ligue sont à la peine face au stoppeur des Memphis Grizzlies et le rookie a eu des difficultés à tirer son épingle du jeu même si Flip Saunders a salué son apport.
« Il a très bien joué sur certaines séquences. C’était un sacré challenge face à Allen. Tony est le meilleur défenseur de la ligue. Mais c’est bien pour Wiggins, il découvre à quel point la ligue est physique. »
Absent des débats en première période (trois fautes, deux tirs), Andrew Wiggins s’est ressaisi à la demande de son coach au retour des vestiaires. Il a inscrit son premier panier en NBA depuis la ligne à trois-points, tel un pur shooteur. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=w54AUWDufg4&list=UUWJ2lWNubArHWmf3FIHbfcQ[/youtube] Les Wolves aimeraient faire de la jeune star un « spot-up » shooteur crédible et on devrait donc voir de nombreuses actions similaires tout au long de la saison avec Ricky Rubio aux commandes et Wiggins à la finition. Sur la possession suivante, on le retrouvait dans un autre registre. [caption id="attachment_205517" align="alignnone" width="640"] Andrew Wiggins hérite de la balle au poste. Il attaque immédiatement Tony Allen et conclut près du cercle.[/caption] Wiggins doit développer sa panoplie offensive et il serait intéressant que les Wolves lui confient de plus en plus la gonfle dans différentes positions. Le Canadien n'a plus existé après avoir inscrit son deuxième panier de la soirée. Lui aussi devra se rattraper lors de ses prochaines sorties. Jabari Parker et Andrew Wiggins ont manqué leurs débuts en NBA mais le potentiel est là, c'est certain. On a simplement hâte qu'il explose au grand jour.
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