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Pourquoi NOLA doit attendre pour trader Anthony Davis

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Et si les Pelicans attendaient cet été pour trader Anthony Davis ? Les Lakers l'auraient mauvaise, mais c'est dans l'intérêt de NOLA... et de Boston.

Anthony Davis a donc cédé à la mode du moment chez les stars NBA : demander son trade au moins un an avant l'expiration de son contrat comme Kyrie Irving, Jimmy Butler, Paul George ou Kawhi Leonard... Une manière de se désengager d'une situation qui ne les intéresse plus. Le tout en indiquant à la franchise que c'est la meilleure option pour elle afin de ne pas garder un joueur mécontent tout en récupérant une belle contrepartie. Lancer une telle bombe à 10 jours de la deadline était évidemment un coup réfléchi pour Davis et son agent Rich Paul. Personne n'est dupe, en optant pour ce coup de force à mi-saison, "AD" a fait comprendre au General Manager Dell Demps que les Lakers avaient sa préférence. Boston, l'autre candidat évident à la venue d'une superstar, est en effet hors-jeu jusqu'à cet été, en raison de la nature du contrat de Kyrie Irving (designated).

Le réflexe pour les Pelicans pourrait être de vouloir conserver une bonne image et d'accéder à la requête du joueur. L.A. a des atouts intéressants en main, notamment le fameux "young core" avec Brandon Ingram, Kyle Kuzma et Lonzo Ball. Pourtant, l'intérêt des Pelicans n'est sans doute pas de se précipiter.

Tatum, un (superbe) lot de consolation ?

Sur les 10 jours qui viennent, seuls les Lakers semblent capables de passer à l'action. Leur situation s'y prête. Ils sont hors du top 8 et le projet autour de LeBron James a une durée de vie relativement limitée. En laissant passer la deadline et en patientant jusqu'à la fin de la saison, NOLA ouvre la porte à des options plus juteuses. Les Lakers seront toujours dans le coup, évidemment. L'obsession du tandem Magic Johnson-Rob Pelinka est d'adjoindre une star à LeBron et L.A. repassera à l'attaque. Mais une fois l'interdiction des Celtics levée, la donne sera différente. Les différents packages que peut proposer Danny Ainge ont de bonnes chances de supplanter ceux des Angelenos. Le butin de Boston en matière de picks est toujours impressionnant, même avec la fin de la relation abusive nouée avec Brooklyn pendant 5 ans.

Sur la Draft 2019, les Celtics possèdent ainsi trois premiers tours (ceux de Memphis, Sacramento et les Clippers). Dans le roster coaché par Brad Stevens, figure aussi l'un des atouts les plus convoités de la ligue pour les années à venir : Jayson Tatum. Aucun des jeunes Lakers n'a pour le moment montré le même potentiel (ou même le même niveau actuel) que l'ailier sophomore. Les joueurs de ce talent, avec un contrat aussi avantageux et à longue perspective sont rares. Ben Simmons en est un autre. Mais le fait que l'Australien soit lui aussi sous contrat avec Rich Paul rend la perspective d'un trade cash ou presque entre les Sixers et les Pelicans très peu probable... Boston essaiera évidemment un package "tout sauf Tatum et Irving" (si Kyrie prolonge), avec Jaylen Brown, Marcus Smart, Terry Rozier ou même Gordon Hayward en plus de picks, mais les chances de réussite du projet sont plus limitées.

La loterie comme juge de paix

L'autre objectif des Pelicans à cette heure s'ils patientent, doit évidemment être l'acquisition de l'un des premiers picks de la Draft 2019. Pour ne pas dire "le" premier. Quatre équipes sont lancées dans un tanking éhonté : Cleveland, Chicago, Phoenix et New York. Les Knicks sont la seule équipe du lot à afficher la prétention de recruter Anthony Davis. Et le 1st pick qu'ils auront peut-être une fois la loterie passée sera alors leur meilleure arme pour passer à l'action. Bien plus que Kristaps Porzingis, dont la grave blessure au genou et la vraisemblable saison blanche inquiètent les potentiels courtisans. L'utopie pour la franchise de Big Apple dans l'optique d'être rapidement un contender : être assuré en coulisses de la venue d'un free-agent (Kevin Durant ou Kyrie Irving), envoyer le 1st pick et de la menue monnaie aux Pelicans pour récupérer Anthony Davis et compter sur un retour à pleine puissance de Porzingis.

La jurisprudence Andrew Wiggins-Cleveland montre qu'une équipe est capable de trader le 1st pick si le jeu en vaut la chandelle. Zion Williamson fait saliver les fans des Knicks, mais aucun d'entre eux ne pourra décemment se plaindre si le jeune tank de Duke finit à New Orleans pendant que leur équipe a de nouveau l'air d'un prétendant au titre...

Reste à savoir quelle tactique vont adopter les Pelicans s'ils laissent effectivement passer la deadline du 7 février. Le faire jouer pendant deux mois dans une atmosphère délétère ? Lui demander d'invoquer une blessure trop pénalisante et le mettre au placard pour tanker et avoir un pick 2019 plus intéressant à mettre en avant dans de futures négociations ?