Les Hawks volent encore une fois sur la draft

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Atlanta Hawks ont réalisé une très belle opération lors de la Draft NBA 2019 hier soir. L’avenir de la franchise est brillant.

Chaque année qui passe et le projet des Atlanta Hawks continue de nous exciter. Et même de plus en plus. Le choix de « boycotter » Luka Doncic l’an dernier a été beaucoup critiqué – par nous y compris – mais nous avions souligné que la franchise avait tout de même fait une très belle affaire en récupérant Trae Young en plus d’un futur pick des Dallas Mavericks. Travis Schlenk, le GM débarqué en provenance des Golden State Warriors il y a deux ans, avait trade down pour aller chercher son joueur favori. Young donc. Hier soir, il a trade up. Avec le même objectif.

Le dirigeant voulait absolument mettre la main sur De’Andre Hunter. Un joueur annoncé dans le top-5. Impossible pour le club qui disposait des choix numéros 8, 10 et 17 (au premier tour). Alors Schlenk a associé le 8 et le 17 qu’il a envoyé aux New Orleans Pelicans monter en 4. Il a alors pu choisir Hunter. Un joueur au potentiel peut-être plus limité – c’est relatif – que d’autres joueurs de la cuvée. Mais une valeur sûre à son poste. Un bon défenseur, un tireur adroit de loin et un scoreur efficace. Parfait pour la NBA moderne.

Le plus fort, c’est que le management des Hawks a aussi profité des choix des Pelicans (Jaxson Hayes en 8) et des Wizards (Rui Hachimura en 9) pour piocher la deuxième cible favorite de l’organisation : Cameron Reddish ! Contrairement à Hunter, il lui faudra peut-être un peu plus de temps pour briller en NBA. Mais la marge de progression est alléchante. Reddish a passé la saison en retrait derrière Zion Williamson et R.J. Barrett à Duke. Alors qu’il était considéré comme le troisième meilleur prospect de cette promotion à sa sortie du lycée. Il avait peu la balle entre les mains.

Il devrait avoir bien plus d’opportunité à Atlanta. Peut-être dans un rôle de playmaker en sortie de banc. Un luxe pour une franchise qui se construit un effectif décidément très prometteur. Jugez plutôt. Il y a désormais Trae Young à la mène. 20 ans. 19 points et 8 passes par match pour sa saison rookie. Il a démontré dès sa première année chez les pros que la « hype » à son sujet était justifié avec notamment une superbe montée en puissance lors des derniers mois de l’exercice. Il y a bien des gènes de Stephen Curry et de Steve Nash chez lui – par gènes, il faut comprendre des similitudes dans le jeu, pas plus. Et c’est déjà pas mal.

Kevin Huerter a lui un côté Klay Thompson, toutes proportions gardées. Lui aussi s’est illustré lors de sa saison rookie. Il n’a que 20 ans mais il a montré des flashs d’un sniper (9,7 points, 38% derrière l’arc) et d’un solide passeur. Du haut de ses 21 ans, De’Andre Hunter est l’un des plus vieux du lot. Il sera sans doute titulaire au poste trois. John Collins a le même âge alors qu’il a été drafté deux ans plus tôt ! L’an dernier, pour sa saison sophomore, cet Amar’e Stoudemire 3.0 collait presque 20 points et 10 rebonds de moyenne. Reddish n’a même pas encore fêté ses 19 ans.

Cinq joueurs de moins de vingt-deux ans. Cinq joueurs prometteurs. Et cinq joueurs complémentaires les uns avec les autres. C’est peut-être ça le plus marquant. Des franchises qui accumulent les jeunes prospects, il y en a d’autres (salut, les Phoenix Suns). Mais parfois sans jamais percer. Là, chacun a un rôle bien défini au sein duquel il peut s’épanouir sans marcher sur les pieds du voisin. Avec un coach, Lloyd Pierce, qui a l’air de bien développer les jeunes talents.

Les Atlanta Hawks auraient peut-être pu faire pareil avec Luka Doncic

Cette équipe peut suivre une trajectoire proche de celle du Thunder entre 2008 et 2012. C’est avec plein de jeunes joueurs draftés qu’Oklahoma City est devenue l’une des meilleures formations du championnat. Avec tout de même une différence importante : ils n’ont pas un Kevin Durant en puissance. Tous leurs jeunes sont bons ou seront bons mais ce n’est pas dit qu’un seul d’entre eux atteigne un jour le statut de superstar. L’Histoire prouve qu’il est impossible – ou presque – de jouer le sacre sans un « alpha dog », l’un des cinq ou six meilleurs joueurs de la ligue (les Pistons 2004 restant le dernier contre-exemple).

Ce joueur, ça aurait pu être Luka Doncic justement. Beaucoup imaginent le Slovène devenir l’une des références NBA. Maintenant, posons-nous sincèrement la question, quel groupe préférez-vous :

Groupe A : Trae Young, Kevin Huerter, De’Andre Hunter, Cameron Reddish, John Collins.

Groupe B : Luka Doncic, Kevin Huerter, De’Andre Hunter ou Darius Garland, John Collins.

Il y avait peut-être la place pour construire la même chose avec Doncic. Mais ce qui est fait est fait. L’avenir des Atlanta Hawks dépendra pour beaucoup de l’évolution de Trae Young. S’il maximise son potentiel et devient un multiple All-Star, ils seront peut-être dans le coup pour soulever un trophée dans plusieurs années. Ce qui est sûr, c’est que cette franchise sera excitante à suivre.