Le basket, un moyen pour lutter contre la violence à Chicago

Le basket a parfois des vertus apaisantes. A Chicago, les ligues estivales éloignent les habitants de la violence de leur quotidien. Explications.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Le basket, un moyen pour lutter contre la violence à Chicago
Il y a deux Chicago. D'abord la cité de classe mondiale, troisième plus grande agglomération des Etats-Unis, première bourse de matières agricoles, place financière très importante, etc. On y trouve des buildings à perte de vue longeant les rives du lac du Michigan. Mais il y a aussi un autre Chicago, celui plus sombre de la rue. Sans tomber dans le cliché, cette autre facette de la "Windy City" est gangrenée par les gangs, la violence, les écoles fermées, la pauvreté... En juillet dernier, la ville dépassait la triste marque des 200 homicides sur l'année civile. Il y a à peine une semaine, un enfant de six ans a été abattu par une balle perdue lors d'une fusillade. Car si l'on parle beaucoup de Detroit, ville en faillite totale, il ne faut pas oublier que plus d'une soixantaine d'écoles ont été fermées à Chicago pour rééquilibrer le budget de la scolarité. Au sein de la ville qui vibre pour les exploits des Bulls, le basket représente souvent un moyen idéal pour évacuer la violence. Car Chicago est également une terre de basket dont sont issues plusieurs stars NBA comme Isiah Thomas, Dwyane Wade, Derrick Rose ou encore Anthony Davis mais aussi des légendes comme Ben Wilson, joueur de high school assassiné en pleine rue. Le streetball n'est pas en reste, Bill "The Kid" Harris, "Sweet" Charlie Brown ou encore Art Sivels ont enflammé les playgrounds de la city. Chaque année, la capitale de l'Illinois forme des joueurs en devenir comme Jabari Parker, Jahlil Okafor, etc. A Chi-Town, le basket est une thérapie. La Nike Jordan League organisée dans la ville prend alors des allures échappatoire.
"La ligue estivale à Chicago, c'est plus que du basket", assure Dwyane Young, un joueur ayant participé aux matches d'exhibition, à ESPN. "C'était un événement dont la ville avait cruellement besoin. C'est un moyen pour les enfants et même les gens de tout âge de s'évader de la violence et des problèmes qu'ils doivent affronter tous les jours. C'est comme si toutes les inquiétudes quotidiennes disparaissaient lorsque nous étions dans le gymnase."

Au sein de l'arène pouvant accueillir jusqu'à 2700 personnes, les habitants ont ainsi pu manger gratuitement, se faire couper les cheveux, écouter de la musique et surtout apprécier le spectacle proposé. Anciennes légendes, joueurs du coin et même certains joueurs NBA se sont côtoyés chaque weekend depuis la mi-juillet. Will Bynum (Detroit Pistons), originaire de Chicago, est venu inscrire 50 points devant un public déchaîné.
"La ligue d'été offre aux habitants de Chicago quelque chose à faire le weekend", explique Anthony J. Sturdivant, un réalisateur indépendant auteur d'une série contre la violence intitulée 'Think Before You Shoot'. "C'est génial (d'occuper les jeunes) parce que c'est souvent le weekend que le taux de criminalité est le plus élevé. Cela redonne de l'excitation à une ville meurtrie par la violence cet été. Les mecs présents étaient relax, ils regardent les matches et apprécient le spectacle comme si de rien n'était."
La ligue estivale de Chicago ne sauvera pas des vies à long terme mais elle permet aux plus jeunes de retrouver un brin d'optimisme.
"Les réseaux sociaux sont les témoins de tout ça. On sent l'excitation des gens juste en lisant les tweets ou les statuts sur Facebook. Cela donne aux gens l'occasion de se réjouir de quelque chose. Certains ont pu aller voir les matches juste pour sortir de la rue, se relaxer et réfléchir."
Comme le rappelle ESPN, un match "pour la paix" avait déjà été organisé en septembre dernier. La Nike Jordan League est donc le prolongement. La police de Chicago a même annoncé que la violence était en légère baisse depuis le début du mois d'août. D'autres ligues estivales sont encore programmées dans les coins les plus sensibles de la ville. Histoire que les plus jeunes rivalisent sur un terrain, et non dans les rues...
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