Ben Simmons, la première d’un crack

Ben Simmons, la première d’un crack

Le meilleur rookie de la saison 2017-2018 a brillé pour ses grands débuts en playoffs (17 points, 9 rebonds, 14 passes). Ben Simmons, c’est pour de vrai.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

L’excellent Donovan Mitchell peut répéter haut et fort que Ben Simmons a eu une année complète pour se préparer après avoir été drafté en 2016 (vrai), la règle reste la règle : l’Australien reste un rookie (vrai aussi). Surtout à l’échelle des playoffs. Les Philadelphia Sixers ne se sont pas qualifiés pour la post-saison quand le premier choix de la cuvée 2K16 soignait son pied tout en bénéficiant des conseils d’un staff NBA. Cette atmosphère si particulière des matches à la mi-avril, il ne l’a jamais connue. C’était donc une vraie découverte cette nuit. Mais encore une fois, il ne s’est pas comporté comme un débutant.

Simmons donne l’impression d’être éternellement relax. Posé. Mais qu’en serait-il quand la pression augmente ? Quand tous les regards sont braqués sur un seul homme ? Et quand les défenses sont articulées spécifiquement pour annihiler les points forts de la star adverse, comme c’est le cas en playoffs ? Ce premier match constituait un premier élément de réponse. Et avant même de fouler le parquet, le gamin de 21 ans confiait qu’il n’était « pas du tout nerveux » mais « prêt à jouer. » Calme de nature, une force à ce niveau de la compétition.

« Ben n’est pas vraiment affecté par la pression », jure J.J. Redick. « Je pense qu’il élève son niveau de jeu quand la situation l’exige. Il a le goût de la compétition et des grands matches. Il veut gagner, il prend les choses personnellement. Je pense que ce sont des traits de caractère qui vont l’aider en playoffs. »

En vétéran sage, Redick avait vu avant les autres. Il sentait la performance de son jeune coéquipier. Effectivement, Ben Simmons n’était pas nerveux avant et ni pendant la partie. Il était toujours aussi serein. Et donc toujours aussi dominant. Le crack a frôlé le triple-double contre le Miami Heat (victoire 130-103) : 17 points, 9 rebonds et 14 passes. Seul Magic Johnson avait distribué plus de caviars (16) lors de son premier match de playoffs en carrière. Il continue donc de suivre les traces des plus grands. L’équipe d’Erik Spoelstra s’est retrouvée sans solution alors qu’elle a envoyé plusieurs défenseurs différents sur un joueur incapable de shooter à plus de quatre mètres. Mais que faire contre ça ?

Ben Simmons sait parfaitement lire le jeu. Il exploite ainsi chaque faiblesse à chaque situation qui se présente. Il l’a repère puis fait payer. Surtout quand il est entouré de quatre tireurs d’élite à ses côtés. Les Sixers sont dévastateurs dans une telle configuration. C’est comme ça qu’ils ont fait la différence cette nuit. Philly a passé un 34-18 au Heat dans le troisième quart temps. Avec Redick (28 points, 4 tirs primés), Dario Saric (20 points, 4 tirs primés), Ersan Ilyasova en pivot (17 points, 3 tirs primés) et Marco Belinelli (25 points, 4 tirs primés) tous alimentés en ballon par le maestro de la bande. C’est d'ailleurs la recette du succès pour les Sixers quand ils sont privés de Joel Embiid – annoncé de retour pour le Game 2 ou 3. Un playmaker génial et des artificiers.

Une formule qui pousse d’ailleurs Miami à se passer d’Hassan Whiteside (12 minutes cette nuit), son plus gros salaire. Le pivot n’a pas sa place devant ce groupe. Il est dépassé défensivement. En tout cas, quand Ben Simmons joue à ce niveau, les Sixers font vraiment figure de candidats aux finales de Conférence. Ce n’est pas du bluff. Pas de la chance. Il y a vraiment un truc. Et ce n’est que le début. « Je suis déjà prêt pour le prochain match », promet le prodige. Nous aussi.

Le récital divin de Ben Simmons

Atlantic
Central
Southeast
Pacific
Southwest
Northwest