Where tragic happens : Les bousillés de la NBA

BasketSessionPar BasketSession Publié

Argent, sexe, drogue... en NBA, les sorties de route sont fréquentes et ne pardonnent pas.

Len Bias. Eddie Griffin. Bobby Phills. Trois carrières brisées. Trois décès tragiques venus rappeler à tous que, dans la ligue la plus médiatisée au monde, les tentations sont nombreuses… et les dérapages fréquents. Ces trois joueurs ne sont pas les seuls à avoir cédé, mais leur mort en a fait des symboles. Entre drogues, mauvaises fréquentations et sexe, l’envers du décor idyllique façonné par David Stern peut parfois générer une violence inouïe. Où, plus encore que sur les parquets, « only the strong survive ».

Par Jean-Sébastien Blondel
Article que nous avons initialement publié en janvier 2009 dans REVERSE #19

24 ans que David Stern fait de son mieux pour « nettoyer » la NBA. 24 ans qu’il consacre l’essentiel de ses efforts à faire de sa ligue un produit incontournable pour les familles et les enfants. Comment ? En privilégiant attaque et spectacle sur le parquet, bien sûr, mais aussi (surtout) en faisant le maximum pour lisser l’image de ses joueurs. Sa hantise, c’est le scandale. Celui qui suit une arrestation en état d’ivresse, ou la possession de marijuana, ou une fin de soirée qui part en sucette. Le modèle à ne pas suivre, c’est la NFL, où les affaires d’homicides sont presque devenues banales. Darrent Williams, par exemple, mort par balle le 1er janvier 2007. Williams, 24 ans, sortait d’une boîte de nuit où il avait fêté l’anniversaire de… Kenyon Martin. Le monde est petit, surtout dans le sport pro américain.

Si Stern dépense autant d’énergie pour éviter ce genre d’incidents, ça n’est pas seulement parce qu’il veut protéger ses joueurs, c’est tout simplement parce qu’il ne veut pas que la classe moyenne américaine blanche les prenne pour des voyous tout droit sortis du ghetto. Ça limiterait le business. Mais quoi qu’il puisse faire, il ne pourra jamais contrôler ce qui se passe dans la tête d’un gamin de 19 ans qui se retrouve du jour au lendemain avec un compte en banque blindé, des sollicitations constantes, et la nécessité de bien s’entourer. Bien s’entourer… Quand même vos proches et vos amis d’enfance veulent une part du gâteau, c’est parfois mission impossible.

I'm not an addict

Draft 1986. Len Bias, ailier surpuissant et surdoué de Maryland, est drafté en 2e position par les Celtics de Bird. Mais celui que l’on présente comme un garçon sérieux et stable décède deux jours plus tard. Overdose de cocaïne (voir encadré). De cette draft maudite sortiront également Chris Washburn, William Bedford et Roy Tarpley, respectivement 3e, 6e et 7e choix. Les carrières de Washburn et Bedford se perdent dans la poudre et les fumées de marie-jeanne. Incapables de se comporter en vrais professionnels, ils s’en vont par la petite porte, celle des espoirs déchus. Washburn ne jouera que 72 matches. Tarpley, lui, se fait définitivement bannir par la ligue en 1995 après plusieurs contrôles positifs à la cocaïne. Contrairement à ses trois compagnons d’infortune, il aura quand même laissé un aperçu de ses capacités, en tournant à près de 12 rebonds dès sa deuxième saison, en à peine 28 minutes par match.

Quatre des sept premiers choix de 86 sont donc emportés par leur addiction. Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Avant eux, d’excellents joueurs comme Michael Ray Richardson et John Lucas avaient vu leurs rêves de grandeur leur passer littéralement sous le nez… Banni, Richardson a prolongé sa carrière en Europe. Lucas, lui, a décidé de se remettre sur les bons rails en se portant volontaire pour une cure de désintoxication. Devenu coach, il s’est battu pour sortir certains joueurs de la drogue ou de l’alcool. Parmi eux, Richard Dumas et Lloyd Daniels, deux joueurs aussi talentueux que fragiles qui ont bousillé leur avenir à cause de la coke. Daniels a même réussi à se faire renier par sa fac de UNLV après s’être fait choper en train d’acheter du crack. Le dealer était un flic. Quelques années plus tard, à 22 ans, il se prend 3 balles, dont une ne sera jamais enlevée, dans une embrouille liée au crack. L’ex-prodige new-yorkais s’en tire d’un rien.

La drogue n’est pas le seul refuge. De nombreux joueurs ont dû lutter contre l’alcool. Comme Pete Maravich, génie dépressif incapable de trouver le bonheur sur un parquet pro, tiraillé entre la fascination des spectateurs pour son jeu flamboyant et l’incompréhension dont il souffrait dans le milieu. Ou, plus récemment, Eddie Griffin, alcoolique notoire, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour avoir tiré sur son ex-copine, et qui a fini, à 25 ans seulement, écrasé par un train au volant de son véhicule. Avec un taux d’alcoolémie trois fois supérieur à la limite.

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