93 ORL
98 TOR
96 IND
104 BOS
120 OKC
108 POR

Les (bonnes) surprises de la saison à l’Ouest

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Alors que l'exercice 2017-2018 est bientôt bouclé, zoom sur tous ces joueurs, ces évolutions ou ces transformations inattendues qui ont marqué la saison régulière sur la côte Ouest.

Les Rockets, appliqués en défense

Il paraît que pour gagner des titres, il faut savoir défendre. L’adage est de plus en plus mis à mal à l’époque où le basket se joue de plus en plus vite. Ça court, ça tire à trois-points dans tous les sens et les puissances de frappe des principales armadas NBA sont de plus en plus terrifiantes. Mais savoir défendre, faire les stops quand il faut, quand l’adresse fait défaut, est toujours primordial pour aller chercher une bague. Les Houston Rockets n’étaient pas spécialistes.

Ils étaient à l’image de leur meilleur joueur, James Harden : flamboyant en attaque, exploités jusqu’à l’anéantissement en défense. Mais pas cette saison. Les arrivées de Chris Paul, P.J. Tucker et Luc Mbah a Moute – ainsi que l’évolution de Clint Capela – ont fait basculer les Texans dans une nouvelle dimension. Parce qu’ils ont justement passé un cap de ce côté du parquet. Houston encaisse 104 points sur 100 possessions, soit plus de deux points de moins que l’an dernier. Le groupe de Mike D’Antoni est passé de la dix-huitième à la huitième équipe la plus efficace du championnat en défense. Une vraie progression intéressante et surprenante qui fait des Rockets les principaux concurrents des Golden State Warriors cette saison.

Quinn Cook, sorti de nulle part

Nous avions déjà employé le même terme – sorti de nulle part – pour résumer la saison improbable de Fred VanVleet, le back-up de Kyle Lowry aux Toronto Raptors. Et ben à peine VanVleet a-t-il percé que nous lui avons trouvé son potentiel successeur. Quinn Cook s’inscrit dans la même lignée. Il n’a pas été drafté. Il est passé par la G-League. Puis il a fait son trou. Quand personne ne l’attendait. Bombardé dans le cinq suite à la blessure de Stephen Curry, l’ancien champion NCAA (avec Duke, où il a effectué un cursus complet, en 2015) rapporte presque 15 points et 4 passes par match dans la peau d’un titulaire.

Ses statistiques, son temps de jeu et donc son impact seront évidemment revus à la baisse au retour du double-MVP. Mais Cook a déjà convaincu ses dirigeants de le conserver. Les Golden State Warriors vont « upgrade » son « 2-way contract » en deal sur deux saisons. Ils vont même couper un joueur pour le garder. Il ne lui manque plus qu’un ou deux coups de chaud en playoffs et son parcours prendra une tournure encore plus héroïque...

Les Blazers, rentables

Portland disposait de l’une des six masses salariales les plus épaisses avant le coup d’envoi de la saison. Mais il était alors impossible d’imaginer les Blazers sur le podium de la Conférence Ouest. Des salaires, de la jeunesse mais finalement pas assez de talent pour aller chercher les Spurs, les Rockets, les Warriors ou même le Thunder. Tu parles ! Menés par Damian Lillard et par une défense nettement plus solide que l’an dernier (neuvième défense NBA aux points encaissés sur 100 possessions cette saison), les joueurs de Terry Stotts ont surpris leur monde pour aujourd’hui flirter avec la barre des 50 victoires.

Jusuf Nurkic, acquis en cours de saison dernière, a donné à la franchise un début de protection près du cercle. Les Blazers défendent mieux et ils ont même su revoir leurs principes offensifs en deuxième moitié de saison. Résultat, ils ont enchaîné 13 succès de suite pour aller s’installer à la troisième place de la Conférence. Brillant sur la même période, Lillard est même un candidat pour le premier cinq de l’année.

LaMarcus Aldridge, revigoré

Tout est visiblement parti d’une discussion estivale entre LaMarcus Aldridge et Gregg Popovich. L’intérieur All-Star, frustré, usé, était carrément venu demander son bon de sortie au coach légendaire des San Antonio Spurs. En vingt ans de carrière, Pop n’avait jamais vu ça. Plutôt que de transférer son bonhomme, il a appris à le connaître. Et il a revu ses méthodes. Aldridge a besoin d’être mis à l’aise. Parce qu’une fois en confiance, il est redoutable. Son coach l’a donc caressé dans le sens du poil et l’ancien patron des Blazers a retrouvé de sa splendeur.

Avec 23,3 points par match, LMA sort sa saison la plus productive depuis 2015, sa dernière dans l’Oregon. Ses performances ont permis aux Spurs de se maintenir dans le quatuor de tête de la Conférence Ouest. Ce qui semblait pourtant peu prévisible avec la blessure de Kawhi Leonard.

LaMarcus Aldridge - San Antonio Spurs

Steven Adams, vraie troisième option du Thunder

Certains ont grincé des dents quand le Thunder a offert plus de 100 millions de dollars à Steven Adams. Il a prouvé cette saison qu’il les méritait amplement. Le pivot Néo-zélandais n’est pas vraiment une star. Ni un pur « role player ». Il est à mi-chemin entre les deux. C’est une star dans son rôle. Il est l’un des meilleurs joueurs de la ligue pour poser des écrans, défendre dur sur son vis-à-vis, communiquer, aider, recouvrir, etc. Des petits détails qui font gagner une équipe. Les sales corvées des joueurs devoir.

Mais son impact s’étend au-delà de ça. C’est aussi un jeune basketteur – 24 ans – qui ne cesse de progresser et d’élargir sa panoplie. Il pointe désormais à 14 points et 9 rebonds par match. En à peine 32 minutes. Le garçon roule fort vers le cercle mais il a aussi quelques moves près du panier. C’est presque dommage qu’il soit autant entouré d’artificiers. Parce qu’Adams gagne à avoir plus la balle. D’ailleurs, le Thunder est plus imprévisible que jamais quand le coach et les joueurs pensent à alimenter leur pivot près du panier. Stupéfiant mais véridique.

Donovan Mitchell, presque-superstar

Même le Jazz n’avait pas prévu pareille première saison pour Donovan Mitchell. Même l’intéressé lui-même ! Le treizième choix de la draft a surpris tout le monde en s’infirmant dès sa première saison comme un futur crack, lui qui n’était pas considéré comme l’un des principaux prospects d’une cuvée décidément talentueuse. Utah avait besoin d’un scoreur pour compenser les départs de Gordon Hayward et George Hill. Le salut est venu d’un rookie qui est bien parti pour devenir le premier débutant à plus de 20 points par match depuis Blake Griffin en 2011. Quel scénario.

Lou Williams, presqu’All-Star

Parmi les explosions les plus inattendues, celle de Lou Williams figure probablement tout en haut. L’éternel sixième homme a passé un cap à… 31 ans. Très rare. Sa saison était tellement dingue qu’il n’était finalement pas si loin de devenir All-Stars. Avec 22,7 points par match et des Los Angeles Clippers aux portes des playoffs malgré le transfert de Blake Griffin, il n’y aurait pas eu scandale. Les coaches en ont décidé autrement. Il paraît très difficile de concevoir un Lou encore plus fort l’an prochain. Mais bon, il nous a déjà mis sur les fesses une fois. Alors pourquoi pas deux (PS : le type de raisonnement que M. Williams connaît très bien).

Tyreke Evans, relancé

C’est au moment où on l’imaginait perdu que Tyreke Evans a refait surface. Comme s’il avait traversé sept ans de coma entre sa saison rookie aux Sacramento Kings, en 2010, et celle avec les Memphis Grizzlies. 19 pions, plus de 5 rebonds et 5 passes. Presqu’aussi bien que lors de sa première année dans la ligue (qui reste sa meilleure en NBA). « T-Rex » a peut-être gagné le droit de chopper un contrat plus sucré que prévu cet été.

Jrue Holiday, lieutenant de luxe

A 27 ans, Jrue Holiday va entamer la meilleure période de sa carrière. Il n’est plus All-Star (une invitation en 2013) mais il n’a jamais aussi bien joué. Ses 19 points par match constituent même un record en carrière. Surtout, les coups de chaud d’Holiday ont eu un impact considérable sur les résultats des Pelicans, toujours en course pour les playoffs. New Orleans est huitième alors que la franchise était promise à des temps difficiles après la grave blessure de DeMarcus Cousins. Mais le meneur, passé arrière, a su endosser plus de responsabilités. Il est désormais la parfaite deuxième option pour Anthony Davis.

Dirk Nowitzki, toujours vert

Même à 39 ans et sans savoir courir (il faut qu’il s’échauffe ne serait-ce que pour se retourner et trottiner sur dix mètres), Dirk Nowitzki parvient toujours à donner la leçon à des petits jeunes. Avec son tir au poste, sur une jambe. Ou son adresse extérieure. Encore 12 points et presque 6 rebonds pour l’Allemand, déterminé à rempiler une saison de plus ! L’aventure va donc continuer avec une vingt-et-unième campagne sous les couleurs des Dallas Mavericks. Une performance et une longévité unique dans l’Histoire de la ligue.

Dirk Nowitzki NBA

Bogdan Bogdanovic, déjà patron

Le double-Bogda n’était évidemment pas un rookie comme les autres. Son expérience en pro, en Europe, a payé dès sa première saison dans la grande ligue. Parce que le Serbe s’est vite imposé comme le meilleur élément d’une équipe certes très faible. Sa carrière à Sacramento commence bien. Ce qui n’était pas forcément facile à prévoir vu le bordel permanent aux Kings. Mais Bogdan Bogdanovic a eu sa chance et il a su la saisir. Rassurant.

Kyle Kuzma, steal de la draft

Il y a un paquet d’équipes qui peuvent déjà regretter d’avoir laissé passer Kyle Kuzma le soir de la draft. Le vingt-septième choix est l’un des meilleurs joueurs de la cuvée. Une vraie bonne pioche inattendue pour les Los Angeles Lakers. Ils ont hérité là d’un joueur moderne capable d’évoluer sur plusieurs positions. 16 points et 6 rebonds, voilà qui était pour le moins difficile à pronostiquer !

Jamal Murray, vicieux mais génial

Contrairement à Kyle Kuzma, Jamal Murray était un gros prospect à sa sortie de l’université de Kentucky en 2016. Il a logiquement passé un cap lors de sa seconde saison en NBA. Il est même aujourd’hui l’un des principaux artisans du run in-extremis des Denver Nuggets, qui joueront leur qualification en playoffs ce soir contre les Minnesota Timberwolves. Il est passé de 10 à presque 17 points par match en s’affirmant comme le meneur titulaire de son équipe. Mais ce qui nous a le plus (agréablement) surpris, c’est sa manie d’emmerder ses adversaires. Un petit coté taquin et peste rafraîchissant et amusant.