Boston a enfin trouvé la bonne formule pour gagner

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Boston Celtics se sont imposés contre les New Orleans Pelicans cette nuit et on est prêt à parier que c’est le début d’une belle série pour Kyrie Irving et ses coéquipiers.

Brad Stevens et les Boston Celtics ont des problèmes de riche. Le coach est à la tête d’un effectif surchargé en talents. Il est difficile de trouver du temps de jeu pour tous les bons basketteurs de son groupe. Mais il est aussi difficile de définir des rôles précis avec un cinq potentiellement constitué d’au moins quatre All-Stars en puissance. Ne sont pas les Golden State Warriors qui veulent.

Les retours de Kyrie Irving et Gordon Hayward, tous les deux blessés pendant les playoffs héroïques de la franchise du Massachusetts, ont fait de cette formation un favori désigné dans la course au titre. Sur le papier. Parce que sur le terrain, c’est surtout une équipe sans repères qui vagabonde sur les parquets depuis le début de la saison. Sans combativité. Sans alchimie.

Stevens a donc pris la décision de mettre un terme – provisoirement – à l’expérience Irving, Hayward, Jaylen Brown, Jayson Tatum et Al Horford. Les cinq meilleurs joueurs ne seront plus alignés ensemble dès le début du match. Plus pour l’instant. Il a modifié son cinq de départ. Et c’est Hayward, son protégé (il l’a coaché à Butler en NCAA), qui en a fait les frais. Rien d’illogique. L’ailier All-Star n’a joué que cinq minutes avant de se blesser gravement à la cheville la saison dernière. S’en sont alors suivis de nombreux mois de rééducation et de remise en forme. Il est encore rouillé. Et ça se sent sur le terrain.

L’ancien go-to-guy du Jazz n’est que l’ombre de lui-même. Un joueur qui cherche encore à retrouver ses sensations et à reprendre confiance. Il pointe à 10,1 points, 40% aux tirs, 29% à trois-points, 5,4 rebonds et 3,2 passes. Il n’y a donc rien d’anormal à ce que ce soit lui qui, malgré son salaire (31 millions, le joueur le plus grassement payé de l’effectif), rejoigne le banc. Au contraire. Ça devrait lui permettre de reprendre le rythme plus facilement avec des séquences plus douces contre les remplaçants adverses et sans la pression liée au fait d’avoir un rôle primordial.

Le banc paraît même plus équilibré en sa présence. Il peut servir de deuxième playmaker avec Terry Rozier. Un trio constitué de Rozier, Hayward et Marcus Smart apporte adresse, combativité, défense et création. Ces trois là pourraient être les titulaires d'une équipe qui vise les playoffs.

Marcus Morris, "glue guy" idéal des Boston Celtics

La vraie question était de savoir qui prendrait sa place dans le cinq de départ. Pour nous, il était évident que le job devait revenir à Marcus Morris. Stevens a d’abord lancé Aron Baynes avant de justement se tourner vers Morris. Ce choix a du sens vu l’excellent début de saison du bonhomme. Il est le parfait liant entre des joueurs comme Tatum, Irving ou Horford. Il respecte les principes du « small ball » grâce à son adresse extérieure (43% à trois-points) et à sa mobilité qui lui permet de défendre sur plusieurs profils différents. C’est aussi un athlète suffisamment robuste pour limiter la casse contre des intérieurs plus lourds. Un vrai basketteur moderne.

Un joueur de complément idéal pour n’importe quelle équipe. Et Morris est vraiment en forme : il pointe à presque 14 points et 7 rebonds en à peine 26 minutes de jeu. Il fallait le mettre. Il est le point commun entre les quatre meilleures « lineups » des Boston Celtics depuis le début de la saison. Tous les groupes qui ont pulvérisé leurs adversaires (seuls ceux ayant joué au moins 15 minutes ensemble ont été retenus) comptait l’ailier dans leurs rangs. C’est d’ailleurs intéressant de noter que le cinq le plus efficace (au Net Rating) est constitué d’Irving, Tatum, Horford, Morris et Hayward. Un groupe qui pourrait être testé sur un grand plus échantillon quand Hayward aura repris du poil de la bête.

En attendant, la place de Marcus Morris dans le cinq majeur est méritée. Et elle devrait permettre à l’équipe de vraiment décoller. Enfin. Il était titulaire lors des trois derniers matches et Boston a gagné deux d’entre eux, avec une défaite qui fait tâche contre Dallas entre les victoires contre Atlanta et New Orleans. Mais on a le sentiment que les Celtics ont trouvé la bonne formule. On est même prêt à vous parier que les joueurs de Stevens vont gagner six ou sept de leurs huit ou neuf prochains matches.