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Ingram we trust

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Brandon Ingram dévoile petit à petit l'immense potentiel qui lui était prêté à son arrivée chez les Los Angeles Lakers. Mais jusqu'où peut aller l'ancien Dukie ?

Brandon Ingram s'est vu confier par la nature une mission d'une difficulté extrême. Réussir une carrière brillante en NBA en étant doté des mêmes attributs que Kevin Durant. Dit comme ça, le défi semble facile. Mais si "KD" est l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, il faut mesurer l'exploit en question. Le morphotype du MVP 2014, un quasi 7-footer à la maigreur extrême et aux bras tentaculaires, a poussé bien des scouts et des observateurs à le considérer comme trop léger et fragile pour le très haut niveau. C'est pour cette raison que Portland lui a préféré Greg Oden en 2007 et personne n'avait alors crié au scandale.

Ingram a lui aussi été drafté en 2e position après une seule année universitaire. Lui aussi joue au poste 3 et développe petit à petit des aptitudes pour être une arme occasionnelle au poste 4. Sa taille est la même que celle de l'ailier des Golden State Warriors, 2,06 m au bas mot. Son arme majeure à la sortie de la fac : sa palette offensive. Le voilà affublé, depuis son arrivée dans la ligue il y a un an et demi, du statut de résurrection potentielle du meilleur attaquant pur de ces 20 dernières années.

Forcément, les critiques sont arrivées assez rapidement. Dans un contexte californien bien plus complexe que celui vécu par Durant à Seattle puis Oklahoma City, le garçon a fait front. Discret, travailleur et très à l'écoute de ce que lui conseillent Luke Walton et les glorieux anciens qui gravitent autour de la franchise, Brandon Ingram est en train d'emprunter le chemin qui le mènera vers la réussite et, sans doute, la gloire.

Des progrès discrets mais impressionnants

La saison qu'il est en train de réussir à Los Angeles, où tout le monde a longtemps eu les yeux rivés sur Lonzo Ball et Kyle Kuzma, est de très, très bon calibre. A vrai dire, sans son statut de sophomore, l'ancien Dukie aurait sans doute été un candidat au podium du MIP. Sur le strict plan statistique, Brandon Ingram est en progression dans absolument tous les domaines.

Temps de jeu : 33 minutes de jeu contre 28.

Scoring : 16.2 points par match contre 9.4.

Rebonds : 5.4 contre 4.

Passes : 3.8 contre 2.

Adresse générale : 46.7% contre 40.2%.

Adresse à 3 points : 38.1% contre 29.4%.

Une amélioration qui a pris de l'ampleur depuis le début de l'année civile. Sur ses 20 derniers matches, Ingram tourne à 16.5 points, 5.2 rebonds et 4.8 passes de moyenne, à 50.4% d'adresse (50% à 3 points) et un +/- positif pas si évident à décrocher dans une équipe avec autant de victoires de retard par rapport au 8e. A chacune de ses sorties, Brandon Ingram semble un peu meilleur que lors de la précédente. Le jeu vient plus facilement à lui, ses efforts sont mieux répartis et ses armes mieux exploitées.

Meilleur que Ben Simmons ?

Rappel utile : il n'aura 21 ans - et donc le droit de profiter de la vie nocturne de L.A. - qu'en septembre prochain. Kyle Kuzma, le chouchou du Staples Center dont tout le monde loue la polyvalence et la maturité, à 2 ans et deux mois de plus que lui. Si Ingram est déjà sur la pente ascendante, imaginez le dans deux ans et deux mois... Les Lakers, s'ils continuent de miser sur lui, pourraient parfaitement se retrouver avec un joueur capable de tourner à 20 points, 5 rebonds et 5 passes, tout en étant un défenseur très honnête, sans avoir atteint son plafond.

Ce fameux potentiel maximum toujours énigmatique chez des joueurs aussi jeunes et inexpérimentés, plait de plus en plus en NBA. Kevin O'Connor, de The Ringer, expliquait cette semaine que de plus en plus d'acteurs de la NBA voyaient Brandon Ingram surpasser Ben Simmons à terme. En cause : le shoot suspect de l'Australien par rapport à la mécanique de plus en plus huilée du Nord-Carolinien en la matière. En y ajoutant ce qu'il est déjà capable de proposer offensivement et avec le profil défensif que lui confèrent ses mensurations, le cocktail peut effectivement devenir détonant.

Quid en cas d'arrivée de LeBron et/ou PG13 ?

Les Lakers sont forcément déjà penchés sur la question qui fâche. Les deux plus gros poissons de la prochaine free-agency, bien qu'ils soient polyvalents, jouent au poste de Brandon Ingram : LeBron James et Paul George. Annoncés depuis de longs mois comme des cibles évidentes du tandem Magic Johnson-Rob Pelinka, leur arrivée (ou même simplement celle de l'un des deux) sera-t-elle un frein à la progression d'Ingram ? On peut évidemment imaginer des combinaisons intégrant le jeune n°14 au projet de retour au sommet des Lakers. Mais il est aussi possible que sa valeur théorique en fasse une monnaie à fort taux d'échange. Avec une agressivité accrue et un physique encore amélioré, celle-ci sera assez incroyablement élevée... Pour l'heure, Magic le surnomme "Mr Untouchable", mais rien ne l'empêchera de déclamer du "NBA is a business, etc..." dans quelques mois s'il juge l'opération nécessaire.

Sans se poser la question de son avenir immédiat, Brandon Ingram empile tranquillement les performances remarquables. La nuit dernière, lors de la démonstration sur le parquet d'Atlanta, il a même été énorme. Avec 21 points, 10 rebonds, 6 passes et 3 contres sans jouer une seule seconde du 4e quart-temps, il est même devenu le quatrième Laker (les autres ne sont pas mal : Kobe Bryant, Shaquille O'Neal et Paul Gasol) depuis le début du siècle à compiler ces chiffres. Ceux qui ont sorti de tels matches avant 1999 forment un club plutôt sympa aussi : Vlade Divac, Elden Campbell, James Worthy, Kareem Abdul-Jabbar et Magic Johnson...

Dans une quinzaine d'années, peut-être pourra-t-on inclure Brandon Ingram à cette liste de joueurs qui ont marqué l'histoire de l'une des deux franchises les plus populaires de ce sport. Peut-être que le récit s'écrira ailleurs. Dans tous les cas : Ingram we trust.

Les stats de Brandon Ingram

16.2 points, 5.4 rebonds à 46.7%.