Brooklyn et D’Angelo Russell, ça décolle

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Brooklyn Nets de D’Angelo Russell sont en grande forme en ce moment. Six victoires de suite et un projet qui prend vie dans Big Apple.

Il a fallu un block gigantesque de Jarrett Allen sur LeBron James pour que les Brooklyn Nets fassent le tour de la toile. En dehors de ça, la franchise est à l’image de ses maillots : sobre. Discrète. Comme son GM, Sean Marks, qui abat pourtant un boulot absolument monstrueux depuis qu’il a repris le navire au bord du gouffre. L’effectif était sans saveur, la masse salariale blindée. Aucun jeune prometteur. Aucun pick. Et même quasiment aucun espoir. Il a quasiment tout reconstruit de zéro et il le fait encore aujourd’hui. Dans l’ombre. Comme le coach, Kenny Atkinson. Rarement cité mais pourtant vraiment intéressant. Doué. Pédagogue. Même D’Angelo Russell est rentré dans le rang depuis qu’il a rejoint la grosse pomme.

Il est aujourd’hui l’un des moteurs du projet. Ses frasques ont fait oublier le potentiel du combo guard drafté en deuxième position en 2015. Mais à 22 ans, il est toujours un joueur prometteur. Et s’il n’est jamais vraiment considéré parmi les meilleurs joueurs de la ligue à son poste, il réalise pourtant une belle saison. La plus solide de sa carrière jusqu’à présent avec 18 points, 42% de réussite, 37% à trois-points et 6,3 passes. All career highs comme disent les Américains. Russell est en train de se trouver un équilibre. De la régularité.

Auteur de 22 points et 13 passes cette nuit, il a été le principal artisan du succès de Brooklyn contre les Los Angeles Lakers. Son ancienne équipe. Le gamin monte en puissance. Il pointe d’ailleurs à 19 points, 9 passes, 48% aux tirs et 43% à trois-points sur les six derniers matches. Tous gagnés par les Nets. Parce que oui, BK est l’équipe la plus chaude du moment en NBA. C’est en tout cas la formation qui est sur la meilleure dynamique – six de suite, donc – depuis la défaite des Indiana Pacers contre les Cleveland Cavaliers cette nuit.

Le projet ne s’arrête évidemment pas à D’Angelo Russell. Il y aussi Jarrett Allen, joueur spectaculaire et pivot capable de protéger le cercle – James en sait donc quelque chose – mais aussi de claquer des tomars sur pick-and-roll. Un sophomore qui pointe déjà à 12 points et 8 rebonds par match. Pas mal, non ? Joe Harris (13,3 points à 46% de loin) est le shooteur attitré, un joueur nécessaire pour chaque franchise NBA aujourd’hui. Et à 27 ans, il fait presque figure de vétéran. Tout comme Spencer Dinwiddie, 25 balais, meneur back-up qui émerge à 17 pions et 5 passes en seulement 28 minutes. Un candidat plus que crédible au trophée de meilleur sixième homme cette saison.

Cet effectif des Brooklyn Nets est jeune mais il est bien fichu. Il ne paye pas de mine. Parce qu’il n’y a pas de grands noms. Caris LeVert est peut-être le plus à même de se développer en All-Star mais il s’est blessé sévèrement au pied après avoir compilé près de 18 pts, 4 rbds et presque 4 pds par match depuis le coup d’envoi de la saison. Ces gars-là ne sont pas ici pour tanker. Ils jouent la gagne soir après soir. Et ils apprennent. Des défaites mais aussi des victoires. Les voilà désormais à la dixième place à l’Est. Ils autant de succès que le Magic (14), huitième, mais compte pour l’instant trois revers de plus (18).

Si les Nets tiennent le cap, ils pourront se mêler à la lutte pour les playoffs. Ce serait une belle revanche pour cette organisation humiliée depuis l’échec retentissant des transferts de Paul Pierce, Kevin Garnett, Joe Johnson et Deron Williams. Une association qui n’a rien donné d’autre qu’une demi-finale de Conférence perdue et surtout des milliards de picks (en tout cas c’est l’impression que ça donne) échangés dans les différents deals. Brooklyn a été reconstruit brique par brique. Il manque évidemment une superstar – c’est l’objectif de la Free Agency à venir – pour vraiment concrétiser ce bon travail. Mais leurs bases solides peuvent donner envie à un joueur majeur de tenter le coup. Histoire que le projet décolle pour de bon. Mais c’est en bonne voie.