Bulls – Cavaliers : Ce que l’on a retenu du match

Nous avons veillé tard cette nuit pour assister à la rencontre entre les Chicago Bulls et les Cleveland Cavaliers. Voici nos enseignements sur le choc de la pré-saison.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Même s'il ne s'agit que de la pré-saison, il y avait une atmosphère particulière autour de cette rencontre entre les Chicago Bulls et les Cleveland Cavaliers. Les deux formations sont présentées comme les favorites pour accéder aux finales de Conférence à l'Est et elles s'étaient donc données rendez-vous une première fois hier soir à Columbus. Preuve de l'intérêt du match, David Blatt avait même promis d'aborder le choc comme une rencontre de saison régulière. On s'attendait donc à retrouver Kevin Love, Kyrie Irving et LeBron James ensembles sur le parquet pendant de longues séquences. Nous n'avons pas été déçus. Voici ce que nous avons retenu de ce Bulls-Cavaliers.

Is Derrick Rose Derrick Rose again ?

En pré-saison, le score final importe peu, seules les performances comptent. Celle de Derrick Rose cette nuit a provoqué excitation et espoir auprès des supporteurs des Chicago Bulls. Agressif, dominateur et explosif, l’ancien MVP a attaqué le cercle à outrance dès le début du match. Comme si le temps s’était suspendu depuis un soir de mai 2012… Ses deux premiers drives ont mené aux deux premiers paniers des Bulls et son coup de chaud dans le second QT (16 pts dont trois paniers à trois-points en autant de tentatives) ont définitivement marqué son retour au premier plan. Et puis, il a aussi fait ça. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=dUI3XOLfVQM&list=UUsn6QiwC0xvws78Dk5tC1ZA[/youtube] Et ça. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=i9kuo98bjdw&list=UUsn6QiwC0xvws78Dk5tC1ZA[/youtube] On a tendance à rapidement s’enflammer lorsque l’on évoque le cas de Derrick Rose. On aimerait le voir revenir à son meilleur niveau après sa rupture des ligaments croisés du genou et sa fracture du ménisque. La moindre action un poil spectaculaire du meneur des Bulls suscite l’engouement des supporteurs (souvenez-vous de ce dunk en match amical avec Team USA cet été…) A l’inverse, d’autres jouent la carte du pessimisme. Rose n’a beau avoir que 26 ans, certains lui promettent déjà une carrière à la Penny Hardaway. On ne le jugera évidemment pas sur une rencontre de pré-saison. Mais constatons tout de même une chose : Lorsque le meneur des Bulls évolue à ce niveau, aucun joueur de Cleveland n’est en mesure de l’arrêter (hormis LeBron James, of course). Kyrie Irving, Matthew Dellavedova et Dion Waiters se sont relayés tour à tour sur Rose sans que l’on constate une quelconque différence. Il les a débordé en dribble les uns après les autres, affichant ainsi au grand jour les premières lacunes défensives d’une franchise privée d’un pivot capable de protéger le cercle contre les pénétrations adverses. Pour en conclure avec l’idole de Chicago, on notera simplement que Derrick Rose monte en puissance depuis sa participation à la Coupe du Monde avec Team USA. Il accumule des minutes au compteur et reprend donc son rythme progressivement. Il tourne à 15 points à 47% aux tirs (43% à trois-points), 3,7 rbds et 2,6 pds en sept rencontres de pré-saison. Prometteur, non ? [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=4Xiwv3c5Rl4&list=UUsn6QiwC0xvws78Dk5tC1ZA[/youtube]

Kyrie Irving va bien, merci pour lui !

Vous avez senti à quel point Kyrie Irving semble plus serein depuis que LeBron James a exporté ses talents dans l’Ohio ? Le meneur des Cleveland Cavaliers est le grand gagnant de l’été. Il a d’abord signé un contrat au montant maximum (autour des 90 millions de dollars sur cinq ans). Il a ensuite accueilli le meilleur joueur du monde dans son équipe avant de conquérir une médaille d’Or en Espagne avec Team USA. Oh, il a aussi été élu MVP du tournoi suite à une prestation époustouflante en finale. Kyrie Irving est plus détendu. Avec la présence du « King » dans son équipe, il dispose enfin d’un joueur expérimenté – et par n’importe lequel – susceptible de le guider mais aussi d’assurer le leadership à sa place. Il y a quelques semaines, il déclarait même ceci :
[superquote pos="d"]Kyrie Irving n'a jamais paru aussi serein ![/superquote]« Je n’ai jamais été un leader. J’étais juste un gamin qui tentait de l’être. Je suis plus qu’heureux avec nos vétérans. Je suis vraiment heureux à l’idée d’imaginer notre vestiaire et de la manière dont il sera professionnel. Je ne dis pas que nos vétérans n’étaient pas professionnels, mais nous n’en avions pas assez. Faire les bonnes et les mauvaises choses dans cette ligue, j’ai dû l’apprendre par moi-même. Maintenant, on a des gars qui sont en NBA depuis des années, qui ont gagné des titres et qui vont partager leurs expériences pour le bien de l’équipe. C’est quelque chose que j’admire et dont je vais apprendre. »
Avec LeBron à ses côtés, le meneur All-Star se concentre uniquement sur le terrain et sur ce qu’il fait de mieux : scorer. A l’aise dans son rôle de lieutenant, il a inscrit 28 points hier soir dont 20 (à 7/12) en deuxième période. Il a toujours été considéré comme un joueur « clutch » et on pourra sans doute compter sur Irving pour prendre feu dans les moments les plus chauds cette saison à Cleveland.

LeBron James tout en gestion

Même sans forcer, LeBron James parvient toujours à rester au-dessus du lot. Le quadruple MVP de la ligue a terminé la partie avec 18 points, 7 rebonds et 6 passes en 32 minutes sans pour autant donner l’impression de peser sur la rencontre, du moins pas en deuxième période (4 pts). Le « King » s’est contenté de gérer. Il a creusé le premier écart en attaquant le cercle, en délivrant des caviars et en trouvant la cible à trois-points dans les deux premiers QT. Il a ensuite laissé ses lieutenants (Irving, Waiters, Love et Varejao hier soir) prendre le relais. [superquote pos="d"]LeBron a joué plus de 15 000 minutes en quatre ans avec Miami...[/superquote]C’est exactement ce que LeBron James est venu chercher à Cleveland. Il devra s’économiser pendant la saison régulière et il le sait. Il a joué plus de 11 000 minutes en quatre ans avec le Miami Heat (autour des 15 000 minutes si l’on compte les playoffs) soit un temps de jeu moyen de 38 minutes par rencontre. Les Floridiens ont fait l’erreur de ne miser que sur des vétérans expérimentés pour compléter leur effectif pléthorique et ils l’ont payé en playoffs. Ils étaient à bout de souffle. A Cleveland, James dispose de jeunes joueurs dynamiques capables de tenir le rythme d’une longue saison sans pour autant bénéficier de jours de repos comme ce fut le cas l’an passé pour Dwyane Wade, Ray Allen, etc. Kevin Love a 26 ans, Kyrie Irving 22, tout comme Dion Waiters. Les deux premiers nommés ont d’ailleurs été chargés de reprendre l’avantage au score lorsque les Bulls ont entamé leur remontée dans le troisième QT. L’intérieur a été servi au poste et a inscrit un premier panier avant de provoquer une faute et de convertir les deux lancers-francs. Irving s’est ensuite lancé dans son show et l’écart est repassé à +10 en faveur des Cavaliers. On pourrait assister à un phénomène similaire en cours de saison régulière.

Que penser du banc des Bulls ?

Les dirigeants de Chicago ont souhaité doubler voire tripler chaque poste cette saison. Ainsi, le banc de Tom Thibodeau est plutôt fourni avec les arrivées des deux rookies Nikola Mirotic et Doug McDermott, le renfort d’Aaron Brooks (le successeur de D.J. Augustin, lui-même successeur de Nate Robinson, lui-même successeur de C.J. Watson), la présence de Taj Gibson – un candidat au trophée de meilleur sixième homme – la présence du vétéran Kirk Hinrich (titulaire en l’absence de Jimmy Butler) et celle du sophomore Tony Snell. Le deuxième cinq des Bulls est solide et c’est l’un des meilleurs de la NBA sur le papier. Mais on a tout de même le sentiment qu’il manque un petit quelque chose. Chicago a rapidement pris l’eau cette nuit lorsque ses remplaçants étaient sur le parquet. Il suffit de jeter un œil aux différentiels +/- des réservistes pour le constater : Gibson -13, Brooks -15, Snell -18… Tous ces joueurs ont du talent mais ils n’ont pas encore trouvé leurs repères. Ils doivent apprendre à jouer ensemble et c’est là où LeBron se trompe au sujet des Bulls. Le banc de Chicago n’a pas encore d’alchimie et cela s’est ressenti des deux côtés du parquet. Pertes de balle, tirs forcés, isolations, oublis défensifs… les remplaçants ont cumulé les petites erreurs. Il ne s’agit que d’une rencontre, on ne cherche pas à tirer des conclusions trop hâtives. Mais les Bulls manquent d’un joueur capable de vraiment guider la deuxième unité en assurant de la création et du scoring balle en main (NB : il faudra effectuer une nouvelle analyse lorsque Kirk Hinrich reprendra sa place sur le banc). A l’inverse, les Cavaliers ont déjà trouvé leur rotation avec Dion Waiters qui est utilisé en première option en compagnie des remplaçants lorsqu’Irving, Love et James sont mis au repos. Le Heat faisait de même avec Wade et les Pacers exploitaient les talents de playmaker et de slasher de Lance Stephenson dans cette situation la saison dernière. Waiters est un joueur extrêmement confiant et David Blatt a donc décidé de lui confier le leadership dans le second QT avec Dellavedova à la mène, Mike Miller et Shawn Marion sur les ailes et Tristan Thompson sous le cercle.

L’attaque de David Blatt prend forme

[superquote pos="d"]Les Cavaliers ont inscrit 107 points en moyenne sur les six matches de pré-saison.[/superquote]L’ancien coach du Maccabi a exprimé son désir de pratiquer du basket rapide avec un mouvement continue et des écrans sur le porteur et sur les shooteurs. Le jeu offensif des Cavaliers n’est pas encore abouti mais on sent déjà les prémices de ce qui pourrait s’imposer comme l’une des trois meilleures attaques de la ligue. Avec des shooteurs, des slasheurs et des intérieurs capables de marquer de près, les joueurs de Cleveland sont dangereux en permanence de ce côté du parquet. Les Cavaliers ont inscrit 107 points par rencontre en moyenne après six matches de pré-saison. L’an passé, seuls les Los Angeles Clippers et les Houston Rockets dépassaient la barre des 107 points par match (107,9 et 107,7). Les statistiques seront plus pertinentes lorsqu’elles seront disponibles sur 100 possessions mais il semble évident que LeBron James et ses coéquipiers seront classés parmi les trois ou cinq meilleures attaques de la ligue mais aussi dans le top 3 des franchises à la passe (26 caviars hier soir) et en pourcentage de réussite aux tirs effectifs (pourcentage pondéré en fonction de la valeur du tir).

Les Bulls cherchent à accélérer le rythme

Dans le second QT, les Bulls ont voulu rivaliser avec la vitesse d’exécution des Cavaliers en poussant le tempo par l’intermédiaire de Derrick Rose et Joakim Noah. Ils n’ont pas su rivaliser avec Cleveland dans ce domaine (19-12 en faveur des Cavs pour les points marqués en contre-attaque) mais ce changement d’attitude laisse présager d’un jeu légèrement plus porté sur la vitesse cette saison du côté de Chicago. Avec la blessure de Derrick Rose la saison dernière, les Bulls pratiquaient l’un des baskets les plus lents de la ligue. Seuls les New York Knicks et les Memphis Grizzlies jouaient sur un tempo moins élevé (Un poil plus de 92 possessions disputées par rencontre pour Chicago l’an passé, soit 9 de moins que les Sixers, l’équipe la plus « rapide » de la ligue). Mais avec le retour du meneur All-Star et son association avec Jimmy Butler dans le backcourt, on peut s’attendre à ce que les Chicagoans cavalent un peu plus cette saison. De quoi nous offrir quelques belles actions spectaculaires.
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