Ça y est, LaVar Ball a dépassé les bornes

Si jusqu'ici LaVar Ball était plutôt divertissant, le père du meneur de UCLA a craqué et versé dans une forme de racisme jeudi soir.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié
Ça y est, LaVar Ball a dépassé les bornes
Jusqu'ici, LaVar Ball nous faisait plutôt marrer. Excentrique, sur-confiant et vantard, le père du prospect Lonzo Ball nourrissait l'appétit de la presse (nous y compris) pour les punchlines et les exagérations dont il s'était fait le spécialiste. Fini de rire. Le patriarche devient jour après jour un boulet pour son meneur de fils et la goutte d'eau qui fait déborder le vase a été versée mercredi soir. Dans un entretien avec le Los Angeles Daily News, Ball est revenu sur l'élimination de UCLA lors du tournoi NCAA contre Kentucky. Selon lui, c'est un facteur bien particulier qui a empêché les Bruins de l'emporter : la couleur de peau de certains de leurs joueurs... [superquote pos="d"]"On ne peut pas gagner avec trois blancs dans l'équipe"[/superquote]
"Soyons réalistes : on ne peut pas gagner un titre avec trois blancs dans l'équipe. Ils sont trop lents au niveau de la vitesse de pieds. J'avais dit à Lonzo qu'il y aurait forcément un match où il devrait marquer 30 ou 40 points pour compenser ça. C'aurait dû être celui contre Kentucky, mais il s'est blessé aux ischios, il n'arrivait plus à à courir. Il ne se cherchera jamais d'excuses, mais c'était pourtant le cas".
Imaginez le scandale (légitime) si le père de Luke Maye, l'un des héros de la campagne de North Carolina, champion 2017, avait expliqué que son fils était handicapé par la présence de trois ou quatre "noirs" à ses côtés... A UCLA, le deuxième meilleur joueur de l'équipe, de l'avis général, était d'ailleurs TJ Leaf, un "blanc" qui a de bonnes chances d'être drafté au 1er tour en juin prochain (22e selon DraftExpress, 18e selon Draftnet).

Lonzo doit couper le cordon et vite

Autant en termes de "vitesse de pieds" que sur les qualités athlétiques pures, se référer à ces stéréotypes n'est pas à l'honneur de LaVar Ball. En 2017, les joueurs, noirs ou blancs, devraient être jugés sur leur niveau global et leur contribution plutôt que sur des clichés relatifs à leur origine ethnique. Tout le monde est conscient que la NBA telle qu'on la connaît n'existerait pas si les Afro-Américains ne la composaient pas en majorité. Célébrer l'importance et la prépondérance de cette communauté (via le Black History Month par exemple) est même fondamental pour la ligue. Cela vaut aussi pour la NCAA. Sortir des âneries pareilles n'aide en rien à cette reconnaissance. En revanche, éjecter du paysage des propriétaires comme Donald Sterling ou Bruce Levinson et s'assurer que les aspirants coaches/GM/proprios noirs aient autant d'opportunités que les autres d'exercer leur métier à compétences égales est un combat essentiel. On espère pour Lonzo qu'il saura vite s'entourer d'un ou plusieurs agents fiables et expérimentés qui lui feront comprendre le tort que risque de lui causer son père durant sa carrière. On ne pourra jamais enlever à LaVar le mérite d'avoir fait de son rejeton un excellent joueur de basket -peut-être plus, l'avenir nous le dira-, mais le moment est probablement venu pour lui de prendre un peu de recul pour ne pas parasiter le début de carrière de son fils. Celui-ci aura déjà fort à faire pour satisfaire les attentes autour de lui (surtout s'il est drafté par les Lakers) pour avoir à se préoccuper des polémiques que peut créer son père quasi quotidiennement...      
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