87 CLE
93 ORL
108 DET
101 IND
104 CHA
111 BKN
108 BOS
95 DEN
112 MIA
103 WAS
98 CHI
100 GSW
139 OKC
127 MIN
105 SAS
104 SAC
119 MIL
91 LAC
113 POR
136 LAL

Pourquoi Melo va faire du bien aux Blazers

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Sans club depuis un an, Carmelo Anthony a trouvé un accord avec les Portland Trail Blazers. Il va faire son retour en NBA.

C’est fait ! C’EST FAIT ! Carmelo Anthony a enfin sa place dans une équipe NBA. Aux Portland Trail Blazers. On ne peut cacher notre joie après l’annonce de cette signature par l’inévitable Adrian Wojnarowski. Parce que Melo est l’un des chouchous de la rédaction BS depuis des années. On refusait donc de le voir finir sa carrière dans l’anonymat complet. On refusait de le voir partir sur cette fausse note avec les Houston Rockets, qui l’ont mis au placard après seulement dix matches la saison dernière. Depuis, il y a eu des rumeurs, quelques contacts mais surtout beaucoup de messages de soutiens de ses pairs sans que ça n’aboutisse à du concret. Et l’espoir d’un retour était de plus en plus mince. C’est donc la nouvelle de la journée sur la planète basket.

Ni la durée, ni le montant exact de son contrat n’ont été communiqués. Mais Wojnarowski a précisé que le deal n’était pas pleinement garanti. Ce qui signifie probablement qu’Anthony ne sera pas lié aux Blazers au-delà de 2020 et que la franchise de l’Oregon aura la possibilité de le couper si jamais l’aventure venait à tourner à l’échec. Et croyez-bien qu’ils aimeraient bien disposer de la même liberté sur le cas Hassan Whiteside. Ce contrat non garanti, c’est aussi un consentement du joueur de 35 ans. Un peu comme Dwight Howard aux Los Angeles Lakers : Melo est prêt à faire ses preuves, lui qui a pourtant été l’un des meilleurs joueurs de la ligue pendant de nombreuses années.

C’est le signe d’une acceptation. Une prise de conscience que son rôle ne sera plus jamais le même dans la ligue. Pas à ce stade de sa carrière. Il n’avait probablement pas le choix non plus. S’il voulait vraiment revenir en NBA comme il le clamait, il fallait sans doute faire ce sacrifice et se « réduire » à signer un contrat non garanti. Pas facile pour l’ego quand on a été un multiple All-Star. Il a finalement joint les actes à la parole en montrant qu’il était bel et bien déterminé à revenir à tout prix.

Ses contacts avec les Blazers ne seraient pas forcément récents. Le représentant du bonhomme, Leon Rose, a eu plusieurs discussions avec Neil Olshey, le GM de Portland, dont certaines remontent même à la pré-saison. Mais les dirigeants ont donc attendu la fin du premier mois de la compétition pour finalement se décider à donner sa chance à Melo. Peut-être justement le signe qu’ils sont désespérément à la recherche d’une solution aux problèmes rencontrées actuellement par l’équipe de Terry Stotts. Finalistes à l’Ouest en mai dernier, ambitieux cette saison, les Trail Blazers sont en plein marasme actuellement. Ils sont treizièmes de leur Conférence avec seulement 4 victoires en 12 matches.

D’autant plus que la blessure du jeune Zach Collins laisse un vide au poste quatre, premier point faible de l’effectif. Anthony Tolliver, le rookie Nassir Little et Mario Hezonja assurent l’intérim. Alors, honnêtement, autant tenter Carmelo Anthony. Et peut-être même rapidement dans le cinq majeur.

(…)

(Vision soudaine)

(Hassan Whiteside et Carmelo Anthony ensemble sur le terrain. En défense. Dans la raquette.)

(Avec aussi Damian Lillard et C.J. McCollum.)

(La garantie qu’au moins une superstar claque 50 points et plus contre Portland cette saison.)

Carmelo Anthony Atlant Hawks Houston Rockets
Quand on te dit que tu vas être le back-up d'Anthony Tolliver.

Le problème à Portland, c'est l'attaque pas la défense

La plus grande crainte, ou l’une des plus grandes lacunes du troisième choix de la draft 2003, c’est la défense. Mais on n’est pas inquiets. Bien sûr que c’est préoccupant d’aligner plusieurs joueurs incapables de vraiment tenir les duels en même temps sur le terrain. Mais ce n’est bizarrement pas le premier point faible de l’équipe cette saison. En réalité, les Blazers ne sont même pas plus mauvais que lors de l’exercice précédent dans ce domaine. Ils encaissent 109 points sur 100 possessions. Et oui, comme la saison dernière. En revanche, ils en marquent seulement 106 contre 113 en 2019. Ça, ça crée le vide. Le déséquilibre.

Il y a une trop grande dépendance des performances de Damian Lillard en attaque. Mais même quand le meneur All-Star flambe et aligne des statistiques à la Stephen Curry collection MVP, le reste coince. Cela fait plusieurs matches où DAME D.O.L.L.A se retrouve pris en boîte par la défense adverse avec deux, parfois trois, voire même quatre défenseurs en face de lui. La meilleure solution dans cette situation reste de lâcher la balle, parfois en urgence. Mais les intérieurs de Portland sont incapables de créer du jeu une fois servi – c’est là où l’absence de Jusuf Nurkic (et celle de Collins) pèsent encore plus.

Carmelo Anthony, troisième option recherchée par les Blazers

Créer du jeu, ce n’est pas juste faire une passe, ce que Whiteside est incapable malgré sa promesse de faire « des triples-doubles maintenant qu’il est entouré de C.J. McCollum et Damian Lillard. » Créer du jeu, c’est tout aussi tout simplement apporter du danger dans la défense adverse. LA spécialité de Carmelo Anthony. Il va avoir des grands espaces après avoir posé des picks (parce que oui, il va falloir aller au charbon et claquer des écrans). Quoiqu’on en dise, il est redoutable en un-contre-un. Une machine de guerre.

Melo peut faire la misère à ses adversaires en isolation. Il sait aussi ressortir la balle de temps en temps – si vraiment – le problème c’est qu’il a tendance à le faire après avoir complètement cassé le flow offensif. Avec un peu de discipline, ses atouts peuvent sublimer l’attaque en berne des Blazers. Lillard et McCollum n’ont encore jamais joué avec une troisième option aussi talentueuse individuellement. Ils ont besoin de cette nouvelle lame. Parce que s’il trouve vite son rythme, ce sont plein d’opportunités qui vont s’ouvrir aux deux pistoleros. Avec probablement bien plus d’espace pour respirer et pour s’exprimer. Un cercle vertueux.

Il y a deux mois, Lillard militait pour un retour de Carmelo en NBA. Il y a donc fort à parier qu’il était plus que partisan de sa signature à Portland. Bon, il a de toute façon été consulté. Ça peut faciliter la transition et l’entente entre les deux hommes. Préparez-vous à la remontée des Blazers.