Ces 5 joueurs qu’on n’avait pas vu venir

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Ce ne sont pas les stars de leur équipe mais ils ont tranquillement pris une importance fondamentale dans les résultats de leur équipe. Voici 5 joueurs de l'ombre qui ont réussi un début de saison remarquable.

Kent Bazemore (Atlanta Hawks)

150315_lakers_v_hawks_060

Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps Kent Bazemore agitait des serviettes sur le banc des Golden State Warriors, entrant en jeu uniquement dans le garbage time. On a ensuite pu voir que le gars n’était pas qu’un vulgaire Robert Sacre (no offense Bob) et savait quand même un peu jouer au basket chez les Lakers, qui n’ont pas pu (ou voulu ?) le conserver. A Atlanta, Mike Budenholzer a rapidement compris le bénéfice qu’il pouvait tirer de l’hyperactivité et de l’agressivité d’un joueur qui n’avait même pas été drafté en 2012 à sa sortie de l’obscure fac d’Old Dominion. L’an dernier, Bazemore avait déjà fait des siennes en doublure de DeMarre Carroll, parti depuis à Toronto. On pensait qu’il continuerait de sortir du banc cette saison et que les Hawks se pencheraient sur le cas d’un poste 3 disponible sur le marché, mais « Coach Bud » l’a directement intégré à son cinq lors des quatre premières rencontres, devant des joueurs comme Thabo Sefolosha ou Mike Scott. Décrit comme indispensable malgré son statut de seul joueur non All-Star du cinq de l’an dernier, Carroll ne manque pas tant que ça aux Hawks (4 victoires et une défaite) pour le moment. Bazemore fait parfaitement le boulot et s’est même étonnamment mué en option offensive principale sur deux des cinq matches de son équipe avec 19 points et 9 rebonds contre Charlotte et 20 points face à ces même Hornets deux jours plus tard. Pour ne rien gâcher, Kenneth, de son vrai prénom, continue de défendre le plomb sur le meilleur extérieur adverse avec sérieux et application, tout en se montrant meurtrier à 3 points (56.3%).

Stats : 10.8 points, 5.2 rebonds, 45.2% en global, 56.3% à 3 points en 27 minutes de moyenne par match.

CJ McCollum (Portland Trail Blazers)

cj-mccollum

Blessé durant une bonne partie de sa saison rookie, CJ McCollum a tenté tant bien que mal d’exister dans le rôle de back up de Damian Lillard et/ou Wesley Matthews l’an dernier. Mais le meneur All-Star est l’un des joueurs les plus utilisés de toute la ligue et McCollum a dû prendre son mal en patience sans se faire trop remarquer. Bien lui en a pris puisque le coup de balai effectué par les Trail Blazers cet été l’a directement propulsé dans le rôle d’arrière titulaire, pour accompagner Lillard au sein du backcourt. Offensivement, c’est l’éclate pour celui qui a fait des études de journalisme à la fac de Lehigh. Son premier match a été un feu d’artifice avec 37 points contre New Orleans et on a pu voir à cette occasion que sa timidité sur le terrain n’était qu’un leurre. Depuis, McCollum continue de prendre à peu près autant de shoots qu’il le souhaite et avec plus ou moins de réussite (32%, 40% et 39% sur les trois derniers matches), mais on ne peut qu’apprécier la manière dont il est en train de s’affirmer pour participer à la reconstruction de cette équipe. Si la saison se passe mieux que prévu pour les hommes de Terry Stotts, ce sera peut-être grâce à l'épanouissement de CJ.

Stats : 21.5 points et 5.3 rebonds en 35 minutes de moyenne par match.

Rodney Hood (Utah Jazz)

rodney-hood

Les joueurs passés par Duke ont ce bagage spécial que leur confère leur expérience au côté de Mike Krzyzewski. Rodney Hood ne fait pas exception à la règle. Après une saison rookie frustrante (50 matches seulement et un rôle réduit à cause de blessures), l’ancien Blue Devil a la chance d’être considéré comme un joueur à fort potentiel par Quin Snyder. Ce dernier préférant voir Alec Burks sortir du banc, Hood s’est emparé de la place de starter sans scrupules ni complexes. Offensivement, le joueur de 23 ans est fiable, au point d’être pour le moment le deuxième meilleur marqueur de l’équipe derrière Derrick Favors et devant l’un des leaders du groupe Gordon Hayward. Hood a également développé des qualités défensives intéressantes qui faisaient de lui un atout important pour Coach K en NCAA et lui permettent de se fondre parfaitement dans la mentalité du Jazz. Difficile de savoir s’il sera aussi productif tout au long de la saison mais avec les ambitions d’Utah cette année, voir un jeune joueur comme lui monter en puissance ne peut être qu’une bonne chose.

Stats : 15.3 points à 47.6% en 27 minutes de moyenne par match.

Marcus Morris (Detroit Pistons)

marcus-morris

Depuis leur réunion à Phoenix, Marcus était le plus effacé des jumeaux Morris. Son frère Markieff est quasiment devenu le leader de l’équipe l’an dernier avant d’entrer en conflit ouvert avec la direction, pendant que lui était envoyé à Detroit. On ne savait pas trop quel rôle tiendrait le frère drafté le plus haut des deux. Stan Van Gundy en a immédiatement fait un titulaire et l’intéressé n’a pas déçu. Avec Drummond et Caldwell-Pope, Morris est le joueur le plus utilisé de l’effectif et le 3e meilleur marqueur (17.3 points de moyenne) d’une des équipes les plus convaincantes de ce début de saison à l’Est. Au rebond, l’ancien Sun fait du bon travail aussi (7.5 prises) et son adaptation est pour le moment saluée par tout le monde du côté d’Auburn Hills. Ce pourrait bien être le vrai départ de la carrière de Marcus Morris, qui n’a jamais eu un temps de jeu très élevé, ni la réelle confiance d’un coach depuis son arrivée dans la ligue en 2011. Reste à savoir comment il gérera l'absence de son frangin sur la durée, si celui-ci n'arrive pas à prendre la poudre d'escampette avant la deadline des trades

Stats : 17.3 points et 7.5 rebonds en 38.3 minutes de moyenne par match.

Al-Farouq Aminu (Portland Trail Blazers)

150610_clippers_v_mavericks_073

Portland a plutôt bien débuté sa saison pour une équipe que tout le monde ou presque voit finir entre la 12e et la 15e place à l’Ouest. L’apport d’Aminu, stoppeur utile à Dallas l’an dernier, est assez évident, mais dépasse cette fois le cadre de la dissuasion défensive. Généralement peu autorisé à prendre des initiatives offensives chez les Clippers ou à New Orleans depuis le début de sa carrière, le Nigérian a enfin sa chance dans l’Oregon et ne s’en prive pas. Titulaire au poste 3, celui occupé précédemment par Nicolas Batum, Aminu évolue dans un registre différent mais pour le moment pas moins efficace en attaque (14.5 points) ou au rebond (8.5 rebonds) que le Français. Le joueur de 25 ans n’a rien d’un créateur, mais il laisse sagement Lillard et McCollum s’exprimer dans ce registre. Portland n’ayant pas encore affronté de contender à proprement parler, on attendra de voir ce dont est capable Al-Farouq Aminu dans un contexte plus relevé pour savoir s’il peut effectivement réussir la meilleure saison de sa carrière.

Stats : 14 .5 points et 8.5 rebonds à 47.5% en 32 minutes de moyenne par match.)