Channing Frye, le retour à la vie

Avec les Cavaliers qu’il a rejoints cette hiver, Channing Frye a décroché le Graal. Un aboutissement pour un joueur que la vie a failli stopper plus tôt que prévu.

Tom LansardPar Tom Lansard  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article
Channing Frye, le retour à la vie

Channing Frye débarque dans l’Ohio sur la pointe des pieds ou presque en février dernier, contre Jared Cunningham et un futur second choix de Draft. Autrement dit quelques broutilles. Intérieur vétéran sans prétention, capable de s’écarter du cercle et qui a développé un bon shoot extérieur durant ses années Suns, Channing Frye finit la saison 2015-2016 dans la franchise de LeBron James. D’un jour à l’autre, la perspective n’est plus du tout la même.

[superquote pos="d"]"Channing, je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec les yeux de Margaux"[/superquote]Cantonné au ventre mou - très mou - de l’Est avec le Orlando Magic d’où il débarque, Frye se retrouve dans un roster finaliste NBA et bien décidé à y retourner. Quelques mois plus tard, après avoir joué les facteurs X à plusieurs reprises, Channing Frye et ses copains soulèvent le Larry O’Brien Trophy en retournant les Warriors comme des crêpes après avoir été menés3-1. Pour Channing Frye, le goût d’un tel succès est fabuleux, non seulement parce qu’il a atteint un objectif sportif, une récompense ultime dans le métier qu’il fait depuis 11 ans, mais aussi parce que depuis 2012, il n’a pas été épargné par les épreuves. 

Dans une longue lettre ouverte publiée aujourd’hui sur The Players Tribune, Channing Frye s’est ouvert sur ce long chemin parcouru depuis 4 ans, où sa fille atteinte de la cataracte et ses propres problèmes cardiaques ont sérieusement bousculé son quotidien.

« Désormais, à chaque fois que j’entre sur le terrain, je savoure. Mais cela n’a pas toujours été le cas. » entame Channing Frye. (…) «  C’était en 2012. Notre équipe des Suns bataillait pour un spot en playoffs. Quatre matches avant la fin de la saison, j’ai été stoppé par une blessure à l’épaule qui nécessitait une opération. Ce n’était pas génial niveau timing parce que ma fille, Margaux, venait de naître une semaine auparavant. (…) J’étais surmené émotionnellement.

Un jour, à la maison, ma femme, Lauren, vient me voir et me dit : ‘Channing, je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec les yeux de Margaux’. On pouvait s’en rendre compte parce que là où il était supposé avoir de la couleur, ses yeux étaient blancs. (…) On a sollicité un docteur pour faire des tests, et le diagnostic nous a bouleversé. Margaux avait la cataracte aux deux yeux. »

[superquote pos="g"]"Vous ne pourrez plus être en mesure de rejouer au basket"[/superquote]Touché, Channing Frye tente de rester le plus fort possible pour rassurer sa famille. Intérieurement, il est dévasté. Il se réfugie dans le travail tout l’été, et extériorise toute sa détresse dans la sueur qu’il transpire à la salle. Retour aux affaires en septembre, et deuxième déchirement. Après une anomalie détectée par un docteur qui conduit à des tests supplémentaires, le couperet tombe :

« Channing, vous avez une hypertrophie du coeur. Vous ne pourrez plus être en mesure de rejouer au basket. »

Un monde s’écroule. Frye n’en revient pas, il doit passer son temps avec des électrodes sur le corps/Ce qui n’est évidemment pas des plus agréables :

« Quand je les enlevais, on aurait dit qu’une pieuvre m’avait embrassé. J’ai encore les cicatrices."

On veut tous quitter le monde du basket de notre propre chef. Lorsque c’est quelqu’un d’autre qui vous explique que c’est terminé pour vous, on se sent juste impuissant. »

Par la suite, les questions fourmillent, Channing Frye se demande si le basket est vraiment nécessaire dans sa vie. Est-il capable de revenir, ou faut-il recommencer à zéro ? Deux choses vont l’aider : le yoga et le golf. En parallèle, il consulte d’autres docteurs, perd du poids, foule à nouveau les terrains de basket, tandis que, côté famille, sa petite Margaux se porte finalement très bien. Pendant sa convalescence, Channing cogite et tente de déterminer avec quel état d’esprit il doit arriver en cas de retour. Ce sera l’optimisme. Un optimisme récompensé par une bague de champion.

« Lorsque j’ai été tradé aux Cavs en février, j’ai su que ça allait être spécial. J’ai failli pleurer dans l’avion parce que j’avais la chance dont rêve tout joueur - viser le titre. Partant de là, je me suis dit que je n’allais pas gaspiller la moindre journée. Pas un seul moment. J’allais profiter d’absolument tout. »

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