115 NOP
104 POR
95 MEM
114 GSW
120 SAC
116 PHO
112 LAL
107 OKC

CQFR playoffs vol.1 : Lillard le boss, Houston cartonne

BasketSessionPar BasketSession Publié

Voici ce qu'il fallait retenir de la première semaine des playoffs 2019 en NBA, série par série.

Houston 2-0 Utah

- Houston est la meilleure équipe de la ligue actuellement. C’était déjà le cas depuis le break du All-Star Game en réalité : 20 victoires en 25 matches – meilleur bilan de la ligue sur la période – avec un Net rating de +10,5, là encore numéro un en NBA. Une forme prolongée en playoffs. L’équipe est portée par James Harden, une superstar au sommet de son art, est historiquement forte en attaque et défend vraiment dur depuis plusieurs mois. Attention aux Rockets.

- Harden, pour se concentrer sur son cas, n'a même plus besoin de passer les trois quarts du match sur la ligne des lancers pour dominer. Le barbu en chef de Houston tente 11 FT en moyenne en saison régulière, mais on ne l'a vu que 8 fois en tout et pour tout depuis le début de la série face au Jazz et il a tout de même marqué les deux premiers matches de son empreinte, avec notamment un triple-double dans le game 2.

- Mais au fait, le Jazz peut-il mettre des points aux Rockets ? C’est l’une des grandes questions sur cette série entre le quatrième (Houston) et le cinquième à l’Ouest (Utah). Après deux matches, on serait tenté de répondre : non. Mais pas un petit non. Un grand NON. Seulement 93 points sur 100 possessions pour des Mormons déstabilisés par la défense agressive des Texans. Les hommes de Quin Snyder s’appuient essentiellement sur leurs systèmes – avec des écrans, du mouvement – pour marquer des points et ainsi compenser l’absence de vrais scoreurs (en dehors de Donovan Mitchell). Mais les Rockets sont tellement physiques qu’ils empêchent la mise en place des schémas offensifs adverses. Ça explique aussi les deux cartons lors des deux premiers matches.

- On en vient du coup au constat suivant : Donovan Mitchell va devoir se surpasser pour offrir au Jazz une chance dans cette série contre Houston. C’est injuste pour un sophomore. C’est la réalité à Utah, une équipe sans autre joueur au potentiel de superstar. C’est-à-dire sans autre joueur capable de réellement se créer son tir. Pour que l’équipe de Salt Lake City gagne, il faut qu’il marque au moins 30 points. Il s’est troué jusqu’à présent (19 puis 11 pts) et on a vu ce que ça a donné pour le Jazz.

Portland 2-0 OKC

- Les deux premiers matches de la série entre Portland et Oklahoma City nous ont rappelé que Damian Lillard (et les Blazers) étai(en)t continuellement sous-estimé(s). Il domine complètement Russell Westbrook. Hormis Stephen Curry, il n’y a pas un meilleur meneur que Lillard en NBA (oui, James Harden est un arrière). Ni un meilleur leader, d'ailleurs. Le type a le dosage parfait entre exigence importante envers ses coéquipiers et absence totale de condescendance ou d'ambition strictement personnelle.

- Un chemin est discrètement en train de se dessiner pour que Portland aille en finale de Conférence alors qu'on avait du mal à y croire. C'est un long shot, mais des quatre équipes de cette partie de tableau (avec OKC, Denver et San Antonio), les Blazers sont la plus convaincante pour le moment.

- Damian Lillard et CJ McCollum forment probablement aussi le backcourt le plus tranchant de ce début de playoffs.

- Parlons de Westbrook, tiens. C'est déjà assez compliqué pour OKC avec Paul George diminué par son épaule branlante, alors si Russ fait le poulet sans tête dans les moments-clés comme TOUS LES ANS depuis que Kevin Durant est parti, le Thunder va droit dans le mur. Comme disait Shaq l'autre soir, "Westbrook doit mieux jouer et ne pas essayer de faire des triples-doubles. Chercher d'abord à attaquer le cercle sans prendre autant de shoots".

Philadelphie 2-1 Brooklyn

- Les Sixers ont beau avoir repris la main avec un game 3 maîtrisé à Brooklyn, c'est sur le long terme que l'on s'inquiète pour eux. Joel Embiid a déjà été obligé de déclarer forfait à cause d'une douleur au genou alors que Philly ne joue plus de back to back. Si ça grince dès le 1er tour, qu'en sera-t-il quand il faudra aller se cogner Milwaukee, Toronto ou Boston ?

- On a moyennement aimé le côté un peu puéril de Joel Embiid et Ben Simmons, sur leur fou rire au moment où le Camerounais a présenté ses excuses à Jarrett Allen, ou lorsque Simmons a montré du mépris envers Jared Dudley. Au moins, sur les deux derniers matches, l'Australien a assumé et joué au niveau du All-Star qu'il est devenu cette saison. Reste à le faire jusqu'à la fin de la série et lorsque le niveau s'élèvera.

Denver 1-2 San Antonio

- Nikola Jokic fait des stats très très correctes et pas loin de ses standards, mais on a l’impression qu’il ne pèse absolument pas sur le résultat des matches. Jamal Murray est presque le joueur-clé dont le rendement fait basculer la prestation de Denver dans un sens ou dans l’autre. Jokic va vraiment devoir progresser en protection de cercle parce que le plan de jeu des Spurs est assez clair : attaquer le panier et profiter des largesses du Serbe à ce niveau-là.

- Derrick White joue comme un mort de faim et rend à Gregg Popovich toute la confiance qu'il lui a accordée. Son game 3 est sidérant : 36 points, 5 rebonds, 5 passes et 3 interceptions, et un duel avec Jamal Murray remporté haut la main. White montre que Bufford et Popovich n'ont pas perdu la main et ce constat est valable pour Bryn Forbes. En 2035, les Spurs arriveront encore à sortir des joueurs sur lesquels personne ou presque ne comptait.

- Inquiétant pour les Nuggets : ils ont perdu deux matches sans que LaMarcus Aldridge n'ait claqué son traditionnel carton en playoffs à base de 40 ou 45 points...

Milwaukee 2-0 Detroit

- Milwaukee est sans surprise l’équipe qui a fait la plus forte impression (à l’Est), même avec un effectif réduit. Giannis et Bledsoe c’est très fort et les deux, particulièrement le "Greek Freak", ne retiennent pas leurs coups malgré l'écart de niveau entre les deux équipes. Thon Maker a pu le constater. 

 

Golden State 2-1 LA Clippers

- Le duel Kevin Durant-Patrick Beverley, c'était cool jusqu'à ce que les arbitres et la ligue s'en mêlent. Ou que les Warriors ne décident de jouer la carte de l'apitoiement en envoyant un montage des tactiques de déstabilisation de ce bon vieux Pat. Résultat un game 3 aseptisé après un game 2 au finish légendaire. 

- Les chiffres 3 et 1 vont vraiment devenir maudits dans la Bay Area. Une défaite après avoir mené de 31 points contre les Clippers, trois ans après la fameuse défaite après avoir mené 3-1 contre Cleveland...

- La blessure de DeMarcus Cousins, vrai problème ou mal pour un bien ? Kevon Looney joue bien et sait exactement ce qu’il sait ou ne sait pas faire, avec des arguments défensifs supérieurs à ceux de Boogie. Quant à Andrew Bogut, devenu starter, l'Australien est affûté et a déjà claqué un beau game 3 avec 8 points, 14 rebonds et 5 passes. On se croirait revenus en 2015...

- En voyant ces Clippers jouer aussi dur et avec un tel état d'esprit, on se dit qu'un free agent majeur se dira forcément que c'est une équipe qui vaut la peine d'être rejointe...

Toronto 1-1 Orlando

- C’est désormais une tradition : Toronto a perdu son premier match à la maison et Kyle Lowry s’est planté : 0 point pour le meneur All-Star, qui démontre encore une fois que les playoffs le crispent. Mais il s’est rattrapé avec 22 pions et 7 passes dans le game 2. A confirmer.

- Pascal Siakam est bien une star NBA en puissance. Le Camerounais suit les traces de Kawhi Leonard. Nous ne sommes pas en train de lui prédire le même avenir – son coéquipier est All-Star, champion NBA et MVP des finales – mais il est, un peu comme son camarade, un joueur qui a rapidement dépassé les attentes. Il fallait confirmer en playoffs et c’est exactement ce qu’il fait depuis deux matches avec plus de 20 points de moyenne.

- On a énormément aimé le game 1 du Magic et l'improbable performance de DJ Augustin, prolifique et clutch. Regagner un match de playoffs 7 ans après le dernier, c'est déjà un accomplissement pour Steve Clifford et son groupe. Si Orlando arrive à gratter l'un des deux matches à domicile, qui sait si la belle histoire ne peut pas durer encore un peu ?

Boston 2-0 Indiana

- Les fans des Celtics se sont demandés tout au long de la saison s'ils n'étaient finalement pas mieux sans Kyrie Irving, comme l'année dernière. Sur les deux premiers matches contre Indiana, particulièrement le second, ils ont découvert le "Kyrie des playoffs". Ce joueur qui ne rate pas grand chose, est insaisissable, fait les bons choix et ne fait pas la moindre déclaration troublante qui pourrait faire douter de son leadership.

- C'est plutôt une bonne nouvelle de voir que les Celtics bouclent leurs matches avec le cinq qu'ils ont essayé d'imposer en début de saison avant que ça ne tourne au vinaigre : Kyrie Irving, Jaylen Brown, Jayson Tatum, Gordon Hayward, Al Horford.

- Mine de rien, Indiana n'est pas passé loin de prendre un match au TD Garden. Dans le game 1, les Pacers s'étaient effondrés dans le 3e quart-temps après avoir mené les débats en 1e mi-temps. Pas sûr qu'avec Victor Oladipo Indiana n'aurait marqué que 8 points dans le quart-temps et 29 en tout en deuxième mi-temps.