D.J. Augustin, balance la sauce !

D.J. Augustin est en train de faire du bruit. Il a délaissé le son agressif des briques pour celui plus doux des swish. Le public de Chicago en redemande.

D.J. Augustin, balance la sauce !
Que l’on soit coach, fan, journaliste ou expert, on a toujours tendance à se faire une première idée – pas toujours exacte – sur chaque joueur  présent dans la ligue. Souvent, cette idée découle de ses propres impressions ou des stéréotypes, clichés, etc. Carmelo Anthony ? Formidable scoreur mais il ne peut pas défendre ou gagner un titre, vous diront la plupart des fans (cliché ou réalité ?). Blake Griffin ? Formidable dunkeur mais pas assez solide pour porter son équipe en playoffs. D.J. Augustin ? Un meneur scoreur de plus incapable de shooter. Joueur prometteur à Charlotte, le natif de New Orleans a peu à peu sombré avant de toucher le fond sur le banc des Raptors après un passage catastrophique aux Pacers l’an passé. D.J. Augustin a rapidement baissé le rythme de la sono après une bonne saison avec les Bobcats en 2011. Sans faire de bruit, le voici de retour sur le devant de la scène aux Chicago Bulls.
« Il faut être dur mentalement pour traverser ce qu’il a traversé », résume Tom Thibodeau, son nouveau coach, au Chicago Tribune. « C’est ce que j’aime chez lui. Il a toujours dû faire face à l’adversité et il a appris à passer à s’en sortir. Il est toujours resté prêt et ça se voit. »
Il n’y a parfois pas de meilleure équipe que Chicago pour se relancer. Les Bulls sont une famille. Sur le terrain, ça joue dur, il n’y a pas de place pour les faibles dans le système de Tom Thibodeau. Idéal pour un type au moral d’acier. Coupé comme un malpropre par les Raptors, D.J. Augustin est le joker de « Chi-Town ». Et ça marche à merveille.
« C’est une super opportunité pour lui. Il avait besoin de nous et nous avions besoin de lui. »
En effet, sans Derrick Rose et avec un Luol Deng désormais parti vers d’autres cieux, les Chicago Bulls manquaient cruellement d’un scoreur capable de faire la différence, notamment dans les moments chauds. Augustin est venu remplir ce rôle. Habitué à balancer des briques immondes lors de chacun de ses passages sur le terrain à Indiana et Toronto, le meneur est bien plus efficace désormais. Il tourne à 43,1% - certes, c’est faible mais il doit se coltiner tous les shoots casse-croûtes en fin de possession – et surtout un joli 41,7% derrière la ligne à trois-points. Lorsque Chicago a besoin de marquer, D.J. Augustin vient électriser la foule. Un nouveau Nate Robinson en quelque sorte.

La shotchart de D.J. Augustin à Chicago

S'il n'est toujours pas un finisseur près du cercle, D.J. Augustin est une menace de loin, notamment côté gauche. L'an passé, la même shotchart était teintée de rouge et jaune un peu partout. Le nouvel arrivant excelle avec Joakim Noah sur le pick&roll. Bien souvent, le jeu offensif passe par lui. Ses performances récentes l’attestent. Avant de sombrer face aux Clippers (défaite de 17 points des Bulls), le joueur de 26 ans restait sur cinq matches à plus de 16 points dont deux performances à 27 pions. Cette nuit, il a inscrit 28 points pour offrir la victoire de son équipe face aux Bobcats, son ancienne équipe. Augustin a pu agacer les fans de Charlotte, Indiana et Toronto en balançant des parpaings. Désormais, ce sont ses coéquipiers qui lui demandent de shooter le plus possible, pour le plus grand bonheur des spectateurs du United Center. Envoie la sauce, D.J !!