Daniel Riolo : « La NBA devrait être un exemple pour le foot »

Daniel Riolo : « La NBA devrait être un exemple pour le foot »

On a discuté avec Daniel Riolo lors du dernier Winamax Poker Tour, pour évoquer les possibles adaptations de la NBA sur les championnats de foot en France et en Europe.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview
C'est lors du Winamax Poker Tour 2017 à Paris le 14 octobre dernier du côté de La Villette que l'on a pu discuter avec Daniel Riolo. Pas de tacle glissé sur Jean-Michel Aulas, son adversaire préféré sur les réseaux sociaux, ou de critique sur le manque de fonds de jeu du PSG ou de l'OM. L'éditorialiste de RMC, l'un des plus suivis et clivants de France, a évoqué avec nous ce que le football français et européen pourrait "piquer" à la NBA pour progresser. BasketSession : Daniel, on t'a souvent entendu évoquer le manque de professionnalisme du foot français, parfois européens, et ses failles structurelles. La NBA passe pour l'une des ligues de sport les plus rigoureuses du monde. Est-ce qu'il y a quelque chose à regarder de ce côté-là pour le foot ? Daniel Riolo : J'ai pas mal parlé de ça avec Jacques Monclar. Il est béton sur le sujet. En fait, ce qui est important, c'est qu'à partir du moment où tu cherches à faire fonctionner un produit, en l'occurrence le championnat de Ligue 1, il faut une grande rigueur, une exigence. Tu ne peux pas consentir à donner des salaires dingues aux mecs, avec la volonté de produire un spectacle, sans qu'il y ait des infrastructures au niveau. De belles salles, des terrains, des pelouses au niveau... La NBA, en ce sens, doit, pour la Ligue 1, être un modèle en termes de professionnalisme, d'exigence et de rigueur dans l'exemple que renvoient ses acteurs. Donc sur le plan disciplinaire, tu veux dire ? Daniel Riolo : Oui, par exemple. Pour ce qui est du comportement, de l'attitude, la NBA a complètement resserré les boulons depuis pas mal d'années et ça continue. Il a fallu calmer la tendance des joueurs, de certains d'entre eux en tout cas, à glorifier les codes et la culture gangsta rap. En France, c'est toujours un peu présent aussi. La NBA ne permet plus aucun dérapage et s'il y en a, il y a sanction. Ce devrait être un exemple pour le foot. En France, à partir du moment où un joueur est en équipe de France, qu'il joue dans un club pro, tu ne devrais pas pouvoir le laisser faire n'importe quoi. Ce que le PSG a laissé passer dans l'affaire Aurier il y a deux ans (aujourd'hui à Tottenham, le défenseur avait tenu des propos jugés injurieux contre son entraîneur et certains de ses coéquipiers sur Périscope), ou même dernièrement avec Layvin Kurzawa (victime de chantage après des propos anti-Deschamps filmés dans un bar à chicha...), c'est délirant !
"En NBA ça sanctionne directement au portefeuille et c'est ce qui marche le mieux"
Il faudrait donc des sanctions aussi lourdes que ce que peut faire la NBA sur le plan financier ? Daniel Riolo : En NBA, ça sanctionne directement au portefeuille et c'est ce qui marche le mieux. Quand il y a violence, même conjugale parfois, c'est intraitable. A Toulouse, dernièrement, il y a quand même un joueur (Zinédine Machach) qui a mis un coup de boule à un entraîneur adjoint. La sanction n'est toujours pas tombée ! Le président du club, Olivier Sadran, a expliqué que c'était déjà arrivé à deux reprises par le passé et qu'il avait peur de perdre de l'argent dans ces situations. Parce que le joueur a une valeur marchande... Ça veut dire que t'es en train de te demander si tu ne vas pas passer l'éponge parce que joueur-là peut te rapporter de l'argent ? On est en plein délire ! S'il n'est pas viré pour faute grave après ça, à quel moment il y a faute grave ? On a parfois parlé de la possibilité de ligues fermées comme dans le sport US pour le foot. C'est quelque chose qui te paraît envisageable, notamment pour que le spectacle soit plus intéressant ? Daniel Riolo : Je peux être convaincu par pas mal de choses en termes de sport business, mais là j'ai l'impression que culturellement on se heurtera à quelque chose. C'est étranger à nous, à notre football. Autant, je pense que dans le basket, copier ce que font les Américains c'est naturel et je les encouragerais presque à le faire. Au rugby, je sais qu'ils se posent aussi la question pour le Top 14 et que ça les stresse pas mal. Dans le foot, je ne suis pas sûr que ce soit ça le vrai blocage à la production d'un jeu intéressant. Je pense que c'est la prise d'initiative des coaches, ce qu'ils ont envie de développer, qui peut provoquer le changement. Là, en Ligue 1, depuis l'année dernière, une seule équipe descend et l'autre joue un barrage pour rester, c'est déjà du stress en moins. Mais si une équipe flippe de proposer un jeu agréable parce qu'elle craint de descendre, c'est qu'il y a quand même un problème... Et au niveau européen, il n'y avait pas une ligue fermée avec les meilleurs clubs dans les tuyaux ? Daniel Riolo : C'est le vieux serpent de mer... Un investisseur privé va sans doute arriver un jour et réussir à rassembler les gros clubs européens. Un peu comme l'Euroleague en basket. Pour l'instant, l'UEFA résiste. Je sais que certains clubs sont titillés par cette idée, mais ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Par contre, j'ai l'impression que c'est un truc inévitable. Je ne suis pas vraiment pour. Je suis assez conservateur et "tradi" sur la façon dont doit fonctionner le football en Europe et dans les championnats nationaux. Retrouvez Daniel Riolo sur les réseaux sociaux (@DanielRiolo) et dans l'After Foot sur RMC.  
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