111 CHI
117 BKN
83 IND
102 MIL
102 NYK
103 CHA
109 MIA
94 NOP
105 MIN
125 HOU
116 SAS
121 POR
110 DAL
102 TOR

Les +/- de la défaite des Bleus contre l’Allemagne

BasketSessionPar BasketSession Publié

Tout n'est pas à jeter dans ce qu'ont proposé les Bleus lors de leur terrible déconvenue contre l'Allemagne.

Les +

Evan Fournier

Pendant un peu plus d'une mi-temps, Evan a eu du mal à s'exprimer et à se montrer efficace et agressif, ses forces habituelles. Le contrecoup du recadrage en interne supposé dont il a bénéficié après le couac slovène ? Qu'importe. Fournier a presque à lui seul provoqué le réveil de Bleus que l'on pensait finis à -9 à l'entame du money time.

Mort de faim pour récupérer des ballons (4 interceptions), tranchant en pénétration et adroit au shoot (27 points à 10/17), il a entretenu le suspense et confirmé son ADN de clutch player. Sa régularité et son leadership offensif seront sans doute cruciaux dans cette période de reconstruction pour les Bleus.

Boris Diaw

Merci à Babac de ne pas avoir suivi ses camarades de jeu de toujours à la maison de retraite. Diaw est toujours capable de peser sur un match et d'être le véritable chef d'orchestre de l'équipe. 15 points, 9 rebonds, 5 passes et 26 d'éval' quand on a autant de kilomètres au compteur, ça force le respect. On espère sincèrement qu'il ne raccrochera pas après cette désillusion. L'équipe de France a plus que jamais besoin d'un phare pour la guider dans cette période compliquée.

L'état d'esprit

En basket ou dans d'autres sports co, il n'est pas si rare de voir des joueurs lâcher leur coach et cesser tout effort pour sauver la situation. Les lacunes des Bleus sur ce tournoi ont été réelles et leur niveau de jeu décevant, c'est un fait. On ne peut toutefois pas leur reprocher de ne pas avoir essayé ou d'avoir laissé filer ce match contre l'Allemagne. Jusque dans les derniers instants, ils ont tenté d'arracher la prolongation et de sauver les meubles. La désillusion est énorme et les chantiers importants, mais au moins ceux-ci sont identifiés. Ce match et cette campagne dans sa globalité serviront à coup sûr de leçon aux joueurs et au staff pour faire mieux dans les compétitions futures. Surtout avec quelques renforts bienvenus. Au hasard, Nicolas Batum et Rudy Gobert...

Joffrey Lauvergne

Mis sur le banc au profit de Kevin Séraphin, le joueur des Bulls a livré une partie intense et vaillante (13 points, 7 rebonds), sans prendre la mouche. Mieux, il est le seul remplaçant à avoir réellement pesé sur cette rencontre côté tricolore. On plussoie évidemment son envie de venger son capitaine Boris Diaw en postérisant l'effronté Daniel Theis, qu'il retrouvera sans doute dans quelques joutes NBA l'an prochain à Boston.

Les -

Le tandem De Colo-Heurtel

Nando De Colo et Thomas Heurtel sont deux des meilleurs arrières du continent, en même temps que des historiques du groupe France grâce à leur palmarès en sélection. Il est donc normal d'attendre qu'ils fassent la différence sur des rencontres à élimination directe.

Sur cette partie, et plus globalement sur l'ensemble du tournoi, on n'a pas retrouvé le De Colo du CSKA Moscou et des dernières campagnes internationales. Outre sa maladresse (3/11), c'est sa difficulté à être le playmaker que l'on connaît qui a sauté aux yeux. On ne lui en veut en revanche pas forcément pour le dernier shoot, au sortir d'une passe compliquée à négocier.

En ce qui concerne Thomas Heurtel, on espérait le voir rivaliser davantage avec Schröder en termes de création et de distribution. Avec 4 petites passes et aucun shoot décisif (les Espagnols et plus récemment les Polonais savent qu'il est capable de renverser un match...), il n'a pas aussi bien fait le job qu'on l'espérait.

Le banc

En dehors de Lauvergne (voir plus haut), les remplaçants français n'ont pas apporté ce que l'on pouvait espérer d'eux. Une plus grosse défense de la part d'Axel Toupane, du scoring de la part d'Edwin Jackson, pourtant incandescent en la matière en Espagne, ou du playmaking à la sauce Westermann et Diot... On a attendu en vain que l'étincelle surgisse. En face, le banc allemand a signé 44 points, contre 21 pour le second unit français. Sans doute l'une des clés du match.

La défense

Prendre 84 points face aux Allemands, même s'ils ont pris feu en 2e mi-temps, c'est beaucoup trop. Les Bleus ont d'abord réussi à régler la mire par rapport à leurs dernières sorties, mais sont retombés dans leurs travers ensuite. En un-contre-un, sur les renversements de jeu, l'agressivité sur les shooteurs extérieurs ou même la concentration, rien n'a été suffisant. Vincent Collet, qui se prépare forcément à essuyer des critiques dans les jours à venir, n'a pas trouvé assez rapidement le moyen de stopper le coup de chaud allemand alors que ses joueurs semblaient avoir le match en main. Intensité et rigueur seront sans doute les maîtres-mots des prochaines campagnes si la France veut s'éviter une nouvelle déconvenue de la sorte.

La gestion du temps

Dans les dernières minutes de cette partie, on a vu les Bleus tarder à commettre des fautes à plusieurs reprises, ou même hésiter à les commettre tout court sur certaines séquences. Vincent Collet a beau intervenir vocalement sur ces phases de jeu, ses joueurs doivent être capables de prendre cette décision par eux-mêmes et d'agir plus rapidement. Il n'est pas normal que Schröder ait eu 10 secondes pour manoeuvrer dans la dernière minute alors que les Français couraient après le score.

En négociant mieux ce paramètre, les Bleus auraient probablement pu bénéficier d'un peu plus de temps sur leur dernière possession et, qui sait, de prolonger le match...