La défense, le baromètre de l’équipe de France

L'équipe de France est à son sommet quand elle défend fort. A l'inverse, elle est au fond du trou quand elle se néglige de ce côté du parquet.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
La défense, le baromètre de l’équipe de France
« Cette équipe, elle gagne en défense. » Vincent Collet avait pourtant prévenu ses joueurs pendant le tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques à Manille. La défense est l’ingrédient clé de la recette du succès des champions d’Europe 2013, médaillés de Bronze à la Coupe du Monde 2014 et à l’Eurobasket 2015. Sa défense de fer, c’est le principal atout des Bleus depuis plusieurs années. C’est sur ce point fort qu’elle peut se reposer en cas de coup dur et c’est ce qui lui avait permis de ne jamais s’incliner par plus de trois fois de suite sous la coupe de l’actuel sélectionneur, en poste depuis 2009... C’était avant hier et la correction infligée par l’Australie à une équipe de France sans défense justement. Déjà battue par la Serbie, la Croatie et l’Argentine lors du tournoi de Cordoba il y quelques jours, les coéquipiers de Nando De Colo ont donc concédé cette inédite quatrième défaite de rang. En encaissant 87 points en 40 minutes. Les Boomers ont inlassablement coupé dans le dos des joueurs tricolores pour conclure au alley-oop (cinq rien qu’entre Matthew Dellavedova et Andrew Bogut) ou près du cercle, sans opposition. Fixation en tête de raquette, écran, coupe dans le dos, passe laser, panier. Un comique de situation grotesque qui s’est répété tout au long de la partie. Alors, certes, les coéquipiers de Patty Mills ont très bien joué, pratiquant un basket offensif fluide et moderne, tout en passes, en courses et en tirs rapides. 29 de leurs 35 paniers inscrits l’ont été à la suite d’une passe décisive. Un sacré ratio qui ferait passer les Australiens pour les Golden State Warriors. Les Aussies ont plusieurs NBAers et leur style de jeu est certainement plus en adéquation avec ce qui se pratique outre-Atlantique que celui des Français mais tout de même : les Bleus ont vraiment, vraiment, vraiment très mal défendu.
[superquote pos="d"]"On laisse les meneurs australiens faire des passes lobées comme moi-même je pourrais les faire à l’entraînement !" Vincent Collet[/superquote]« Nous avons été très clairement dominés en termes d’agressivité », regrettait Vincent Collet. « On a été débordés sur les « backdoor », à la fois battus individuellement mais aussi par manque de cohésion défensive, où les aides n’arrivaient pas. Il faut mettre plus de pression sur la balle en défense, là on laisse les meneurs australiens faire des passes lobées comme moi-même je pourrais les faire à l’entraînement ! »
Mills, Bogut et ses coéquipiers se sont régalés. Ils ont exploité les jambes moins explosives de Tony Parker, débordé sur les drives. Ils ont harcelé un Rudy Gobert esseulé à l’intérieur en s’appuyant sur la paire d’intérieurs formée par Bogut et Aaron Baynes. Ils ont profité de la passivité d’un Nicolas Batum bien discret. Il fallait voir les Australiens se balader d’un coin à l’autre du parquet pour y croire. Il fallait voir Baynes et Bogut monter au dunk une dizaine de fois pour se demander quand le cauchemar finirait par prendre fin. Il fallait bien se tenir à sa chaise pour ne pas tomber après que l’ancien joueur des Golden State Warriors - néo Maverick - ait traversé la défense en dribble depuis la ligne à trois-points avant de caler son tomar.

L'équipe de France terrassé par le jeu moderne de l'Australie

Il a longtemps été décrété en NBA que la défense faisait gagner des titres. Et si les Warriors, voire même les Spurs, ont mis une astérisque à côté de cette maxime en cartonnant leurs adversaires à coup de tirs extérieurs et de pénétrations amenant le novateur space-and-pace, il est toujours primordial de savoir empêcher son adversaire de marquer des points. C’est nécessaire pour gagner un championnat. Le basket est de plus en plus porté sur l’attaque mais les Français n’ont pas fait preuve de génie de ce côté du parquet. Tout simplement parce que ce n’est pas leur plus grande force. Ils ont perdu beaucoup de ballons (17) et ils n’ont pas distribué autant de passes décisives qu’à l’accoutumée mais la défense a bel et bien été le gros point noir de cette première rencontre du tournoi. « Cette équipe, elle gagne en défense. » Et quand elle ne défend pas, elle perd.
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