DeRozan, Lowry, le duo le plus sous-estimé de la NBA

DeMar DeRozan et Kyle Lowry sont les patrons des Toronto Raptors, solidement installés à la deuxième place de la Conférence Est. Focus sur un tandem qui cartonne en silence.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
DeRozan, Lowry, le duo le plus sous-estimé de la NBA
Les Toronto Raptors étaient sur les rotules, épuisés par cinq matches consécutifs à l'extérieur dont le dernier disputé à l'O2 Arena de Londres. Ereintés, ils ont retrouvé le Air Canada Center, le froid polaire de l'Ontario et la chaleur de leurs supporteurs pour affronter les Brooklyn Nets hier soir. Le premier d'une série de sept rencontres sur leurs terres. Bousculés pendant les trois premiers quarts, les Canadiens ont pris l'ascendant sur les New-yorkais en fin de partie, propulsés par le coup de chaud de Terrence Ross. Si le jeune remplaçant a inscrit cinq points de suite, Kyle Lowry et DeMar DeRozan ont une nouvelle fois été les principaux artisans du succès des Raptors avec 61 points combinés. Du classique à Toronto même si, pour la première fois en 233 matches joués ensemble, les deux stars dépassaient la barre des 30 pions le même soir.
"Ils ont joué comme des All-Stars ce soir et nous n'aurions pas gagné le match sans leur performance", témoignait Dwane Casey.
Le terme "All-Star" n'a pas été choisi au hasard. Le Air Canada Center s'apprête à accueillir l'évènement NBA de l'année dans moins d'un mois et elle milite pour la présence de ses deux meilleurs joueurs. Au dernier pointage, Lowry et DeRozan étaient largement distancés au classement des arrières.

Un tandem complémentaire et dominateur

Ils méritent pourtant amplement de figurer parmi la liste des douze "meilleurs" joueurs de la Conférence Est. Les coaches ne pourront pas ignorer les performances des deux moteurs des Raptors, deuxièmes de la Conférence Est à trois longueurs des Cleveland Cavaliers. Tous les deux déjà récompensés d'une sélection au All-Star Game, Kyle Lowry (l'an passé) et DeMar DeRozan (en 2014) sont au sommet de leur art. Chacun d'entre eux réalise la meilleure saison de sa carrière sur le plan statistique. Kyle Lowry : 21 pts à 42%, 38% à trois-points, 5,1 rbds, 6,4 pds et 2,3 interceptions DeMar DeRozan : 22,8 pts à 44%, 27% à trois-points, 4,6 rbds et 4,1 pds Le succès des Canadiens s'articule autour du tandem formé par les deux joueurs qui se partagent la gonfle depuis bientôt quatre saisons. Leur association n'a cessé de se perfectionner avec le temps, surtout après le transfert de Rudy Gay vers les Sacramento Kings en décembre 2013.
[superquote pos="d"]"On n'a plus besoin de se dire les choses. On a appris à se connaître à force de jouer ensemble." DeMar DeRozan[/superquote]"On n'a plus besoin de se dire les choses. Tout se fait naturellement. C'est venu avec le temps, à force de jouer ensemble. On a appris à se connaître", résumait DeRozan après leur carton contre Brooklyn.
[caption id="attachment_307812" align="alignleft" width="318"] Kyle Lowry sait profiter des espaces crées par DeMar DeRozan, et inversement.[/caption] Des propos similaires déjà tenus par Lowry et appuyés par le coach Dwane Casey. Aucun tandem de la Conférence Est n'est aussi efficace que celui des Raptors. Ils cumulent 43,8 points par match à eux deux, la cinquième marque de la NBA derrière le duo infernal du Thunder (50,7), les 'Splash Brothers' des Warriors (50,6), les pistoleros des Trail Blazers (44,9) et les deux stars des Kings (43,9). Mais les deux hommes ne sont pas seulement des individualités qui brillent par intermittence. Ils se complètent sur le parquet. L'essence même de leur entente a été parfaitement retranscrite par Zach Lowe dans un article publié sur ESPN. L'analyste explique comment DeRozan et Lowry fonctionnent comme des co-meneurs de jeu en agressant tour à tour la défense sur pick&roll tout en profitant chacun des décalages crées par l'autre.
"Nous sommes très bons pour attaquer les espaces", reconnaît Dwane Casey.
Leur efficacité repose essentiellement sur la capacité de chacune des deux stars à attaquer le cercle balle en main tout en analysant les mouvements des autres joueurs - défenseurs, coéquipiers. DeRozan, notamment, a vraiment franchi dans ce domaine.

L'explosion de DeMar DeRozan

[caption id="attachment_290931" align="alignleft" width="318"] DeMar DeRozan est une menace permanente balle en main.[/caption] Il y a encore quelques années, le natif de Compton était un ailier unidimensionnel réputé pour arroser à mi-distance au côté de Rudy Gay. Le départ de ce dernier l'a libéré, poussant le joueur de 26 ans à ajouter des cordes à son arc. Il est devenu un bon passeur et un excellent slasheur capable de provoquer une quantité non négligeable de fautes chaque soir. DeMar DeRozan shoote 8,2 lancers en moyenne par match. Seuls James Harden et DeMarcus Cousins se rendent plus souvent sur la ligne. Surtout, il est l'un des joueurs les plus efficaces de la NBA sur pick&roll. Le troisième même - derrière Stephen Curry et Tony Parker - si l'on ne retient les joueurs ayant été dans cette situation (pick&roll porteur de balle) au moins 200 fois cette saison.
 [superquote pos="d"]"Je ne pensais pas qu'il serait aussi bon sur pick&roll." Dwane Casey[/superquote]"Honnêtement, je ne pensais pas qu'il pourrait être un aussi bon joueur sur le pick&roll", admet Casey.
DeMar DeRozan est si bon pour attaquer le cercle que son absence de tir à trois-points (27% de réussite, moins de deux tirs derrière l'arc en moyenne) n'affecte même pas sa cote. Susceptible de tester le marché en juillet prochain, il est promis à un contrat au montant maximum au moment même où le Cap s'apprête à dépasser les 90 millions de dollars. Sa maladresse de loin est aussi compensée en partie par la capacité de Kyle Lowry a dégainer derrière la ligne en spot-up shooteur. Le meneur des Raptors affiche un très correct 38% de réussite, de quoi libérer des espaces pour son coéquipier lorsqu'il attaque le cercle. Si le vis-à-vis de Lowry s'écarte trop pour venir en aide sur DeRozan, ce dernier sait trouver son partenaire les yeux fermés. A 29 ans, l'ancien joueur des Grizzlies et des Rockets est au meilleur de sa forme. Il a fondu l'été dernier mais il est aussi un meneur encore plus intelligent, un leader de plus en plus mature et qui connaît ses coéquipiers sur le bout des doigts.

Les Raptors, remake des Atlanta Hawks ou vrai contender ?

[caption id="attachment_229801" align="alignleft" width="318"] Finies les déroutes au premier tour des playoffs, les Raptors veulent viser plus haut.[/caption] Le succès du tandem de Toronto est un joli pied de nez aux joueurs et analystes NBA. DeRozan et Lowry ont souvent été oubliés des conversations lorsque John Wall, Klay Thompson et Kyrie Irving se répondaient pas voie de presse interposés pour se disputer le titre honorifique de meilleur backcourt de la NBA. Si celui des Warriors semble effectivement un ton au-dessus, le duo d'arrières des Raptors dominent la Conférence Est. Reste à savoir jusqu'où ils peuvent mener leur équipe.
"C'est cool de faire les playoffs. C'est moins cool de perdre au premier tour. L'objectif, c'est les finales", lâche Kyle Lowry.
Défaits au premier tour par les Brooklyn Nets d'un Paul Pierce assassin en 2014 - et ce malgré l'avantage du terrain - les Raptors ont été humiliés par les Washington Wizards d'un... Paul Pierce assassin l'an passé. L'équipe de Dwane Casey semble avoir franchi un léger cap - sous l'impulsion de ses deux leaders - cette saison malgré les départs de Lou Williams ou encore le chouchou des fans Amir Johnson. DeMarre Carroll, Bismack Biyombo et Cory Joseph, trois des principales recrues, sont de bons défenseurs et Toronto est l'une des quatre franchises à se hisser parmi les dix meilleures équipes de la ligue en attaque et en défense.
"C'est la meilleure équipe que j'ai connu", confie un DeMar DeRozan enthousiaste.
Les Raptors ne font pas de bruit mais ils sont prêts à refroidir la Conférence Est une fois le printemps arrivé.
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