(Derrick) Rose Power : Comment l’évolution de l’ex-MVP peut aider les Bulls

Pas vraiment un meneur, pas vraiment un arrière, le Derrick Rose post-blessures aux genoux a peut-être enfin trouvé sa place à Chicago.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
(Derrick) Rose Power : Comment l’évolution de l’ex-MVP peut aider les Bulls
Meneur, arrière, ailier, où est la différence. Y'a-t-il seulement une différence au sein de cette NBA qui tend de plus en plus vers une ligue sans position clairement établie ? Les lignes sont de plus en plus floues. Le meneur, finalement, est le joueur qui porte la gonfle, crée du jeu pour les autres et provoque sur pick&roll. Le meneur, c'est James Harden. Ou Stephen Curry. Ou Mike Conley. Ou LeBron James. Des joueurs au profil complètement différent mais aux tâches assez similaires dans l'organisation du jeu. A Chicago, le meneur, c'était Derrick Rose. Ou Joakim Noah en son absence. Ou Jimmy Butler. Jimmy Butler ? Jimmy Butler.
[superquote pos="d"]"Je pense que je suis un meneur de jeu." Jimmy Butler l'été dernier[/superquote]"Je pense que je suis un meneur de jeu", confiait le natif de Tomball à Sam Smith de NBA.COM cet été. "Donc j'ai beaucoup travaillé mon dribble, mon jeu balle en main sur les pick&roll, mes flotteurs ou tous les autres trucs que font les meneurs. Je veux créer du jeu. Je veux des triple-doubles. Je l'ai dit à Fred (Hoiberg, le coach - NDLR). Si on me demande mon poste, je réponds que je suis meneur."
La saison n'avait pas encore débuté lorsque Butler s'est penché sur son vrai rôle sur le parquet. Il sortait tout juste d'un excellent exercice couronné d'une première invitation au All-Star Game et d'un titre de Most Improved Player. Il distribuait à peine plus de trois caviars par rencontre. Sa déclaration a fait grincer des dents. Les Bulls ont un ancien MVP au poste de meneur. D-Rose baby. En scandant haut et fort dans la presse ses intentions, Jimmy 'Buckets' a alimenté encore un peu plus les rumeurs de tensions entre les deux stars de Chicago. Well, et pourquoi ne s'est-t-on pas demandé si c'était tout simplement possible que Butler soit dans le vrai ? La manière dont il décrit le rôle de meneur est en adéquation avec l'évolution du poste en NBA. Encore une fois, le meneur, c'est celui qui joue le pick&roll. Définition un peu simpliste mais pas complètement erronée. Hier soir, Jimmy Butler a offert 10 caviars à ses coéquipiers contre Boston (en plus de ses 19 pions). Deuxième match de suite où il termine avec dix passes au compteur. Le playmaker était de sorti. Et soudainement, l'idée du jeune homme de jouer meneur semble moins farfelue, malgré ses 2,01 m, son ancien profil de "3 and D" - quelle étiquette à la con - et le fait qu'il soit listé comme un arrière/ailier par la ligue.

Et Derrick Rose alors ?

Mais quid de Derrick Rose dans tout ça ? Lui aussi a brillé contre les Celtics. Mais dans un autre registre. Plus finisseur, moins organisateur, plus libre. Rose a terminé avec 18 points et seulement 3 petites passes décisives. Une prestation plus que solide et rassurante après l'inquiétude liée à de nouvelles douleurs à son genou doublement opéré par le passé. Inspiré agressif et adroit, il a converti 9 de ses 16 tentatives. Il n'a pas abusé du tir extérieur et s'est contenté de jouer sur ses forces. Il a attaqué le cercle à outrance, faisant souffrir les défenseurs de Boston par ses dribbles chaloupés et embarrassant au passage Marcus Smart et Kelly Olynyk. Petit aperçu d'un Derrick Rose spectaculaire et aérien. https://www.youtube.com/watch?v=cqEm83FpMDA Un petit spin, tranquille. https://www.youtube.com/watch?v=DcO9GNlVLZA Droit au cercle. https://www.youtube.com/watch?v=qp6vZGC03fg Jimmy Butler a la baguette, Derrick Rose à la conclusion. https://www.youtube.com/watch?v=bA1EU98ph2A Tout en touché. https://www.youtube.com/watch?v=v1BUsPxIidU Off the fu**** ball. https://www.youtube.com/watch?v=gSQZfjrZd4M C'est ça le Derrick qu'on aime. Au-delà de la performance, c'est surtout son attitude qui a marqué les esprits.
"Derrick a été agressif tout le match. C'était génial", s'enthousiasmait Fred Hoiberg.
Il n'a pas forcé. Il a laissé le jeu venir à lui. Il a profité des espaces crées par ses coéquipiers - notamment Butler, surveillé de près en ce moment - pour se frayer un chemin jusqu'au cercle. De quoi obliger la défense à ne pas le laisser se balader. De quoi créer de nouveaux espaces pour ses camarades. Et ainsi de suite. Cercle vertueux. Cerise sur la forêt noire, il s'est bougé le cul en défense, limitant Isaiah Thomas à 14 points et 5/17 aux tirs.
"Je sais à quel point il peut dangereux", confiait Derrick Rose au sujet du meneur de poche des Celtics.

Redistribution des cartes à Chicago

[caption id="attachment_234287" align="alignleft" width="318"] Derrick Rose a trouvé un nouveau rôle de finisseur qui lui convient mieux.[/caption] Ce registre d'électron libre. C'est ça. C'est ce dont les Bulls et Rose ont besoin. Même s'il lit mieux le jeu après ses longues périodes de convalescence, l'ex-plus jeune MVP de l'histoire semble quand même plus à l'aise dans un rôle de finisseur. Il attaque quand il sent qu'il a l'espace, laisse Jimmy Butler créer puis agit comme une seconde lame. Un deuxième playmaker. Typiquement ce que Brandon Knight et Eric Bledsoe ne parviennent pas à faire à Phoenix. Ce que les Wizards attendent de Bradley Beal et John Wall. Avec moins de pression, le natif de la Windy City est un joker flamboyant. Ce match contre Boston en est une parfaite illustration. En fait, peut-être que le joueur de 27 ans trouve peu à peu sa place. Lui-même a reconnu à demi-mot que les Bulls étaient désormais l'équipe de Jimmy Butler.
[superquote pos="d"]"Je n'ai jamais joué avec un gars aussi fort que Jimmy." Derrick Rose[/superquote]"Je pense que je n'ai jamais joué avec quelqu'un d'aussi fort que lui. Jusqu'où peut-il aller ? Il est patient. Il ne presse rien. Il sait ce qu'il doit faire sur pick&roll ou sur isolation. Il lit parfaitement ce qui se passe", témoigne Derrick Rose.
Lire le jeu. L'analyser et retranscrire. Le boulot d'un meneur. Le meneur, c'est Jimmy Butler. Again. Une tendance qui se traduit de plus en plus dans les chiffres. Butler est le meilleur marqueur de Chicago (22 pts par match, 14,6 pour Rose). Il sera bientôt celui qui joue le plus de possession, un privilège réservé aux point guards dans cette NBA axée sur le pick&roll. Il est même déjà plus efficace que son coéquipier dans ce domaine (0,76 point par possession en 243 pick&roll joués en tant que porteur de balle pour Rose contre 0,88 ppp en 224 situations similaires pour Butler). Tout a bien marché pour Chicago contre Boston. De façon plus globale, tout roule pour les tuniques rouges depuis quelques jours. La franchise de l'Illinois reste sur six victoires de suite et elle s'est hissée à la deuxième place de la Conférence Est. Il y aura des jours sans. Des matches durant lesquels le numéro uno des Bulls balancera un vilain 4/17 aux tirs. Mais les rôles commencent à se définir avec plus de clarté à Chi-Town et c'est à la fois une cause et une conséquence des belles prestations des joueurs de Fred Hoiberg. Pourvu que ça dure.
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