Don Nelson trouvait Steve Nash égoïste

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser Publié

Quand on pense à Steve Nash, on pense à l’une des stars les plus altruistes que la NBA ait connues. Don Nelson n’a pas toujours été de cet avis.

Avant que Steve Nash ne devienne un double MVP en titre et l’une des superstars de la NBA lors de son second passage chez les Phoenix Suns, c’est avec les Dallas Mavericks qu’il a franchi un énorme cap. Aux côtés de Dirk Nowitzki et Michael Finley, il formait l’autre grand Big 3 du Texas sous la houlette de l’iconoclaste Don Nelson.

Selon Steve Nash, c’est d’ailleurs Don Nelson qui lui a permis de progresser de façon aussi spectaculaire.

« Nellie a été très dur avec moi, mais c’était aussi parce qu’il croyait vraiment en moi. Il avait plus confiance en moi que moi-même », a expliqué Steve Nash à Marc Stein, du New York Times.

L’une des choses sur lesquelles Don Nelson était le plus intransigeant, c’est qu’il exigeait de son meneur qu’il score plus, qu’il prenne plus de responsabilités en attaque. Une évolution « contre-nature » pour Steve Nash qui se considérait avant tout comme un passeur au service des autres et qui était, dans un premier temps, réfractaire à cette idée.

« Ma nature, c’est juste de passer, passer, passer : de donner. Nellie a fini par me faire comprendre que c’était des conneries et que je pouvais handicaper l’équipe en faisant ça. Il m’a poussé dans mes retranchements et, sans le dire tel quel, m’a fait comprendre que j’étais égoïste en procédant comme ça. »

Qui est le vrai joueur vraiment altruiste ? Celui qui ne veut faire que des passes ou celui qui est prêt à aller contre sa nature pour le bien de l’équipe ? Vaste sujet qui pourrait porter une nouvelle lumière sur pas mal de records de passes décisives.

« Ça a été un moment de construction fondamental pour moi », reconnait en tout cas Steve Nash.

« Une fois que j’ai pu trouver l’équilibre entre la création du jeu et le scoring, ça a ouvert tout le jeu pour mes coéquipiers et moi. »

C’est en acceptant de sortir de sa zone de confort et en élargissant sa palette, que Steve Nash a finalement pu devenir la définition même du joueur sans égo et pousser son jeu à un tout autre niveau. Certains iront peut-être jusqu’à regretter qu’un joueur tel que Boris Diaw, par exemple, ne soit pas passé par une telle école…