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Encore une fois, le Jazz dépend de Mitchell… et ça ne passera pas

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Inefficace sur les deux premiers matches des playoffs, Donovan Mitchell est le joueur qui peut faire gagner Utah. C’est trop juste contre Houston.

Un constat très simpliste s’impose après les deux premiers matches de la série entre Houston et Utah : deux mauvais matches de Donovan Mitchell et deux lourdes défaites – 20 points minimum – du Jazz. Alors attention. Ce n’est pas une façon de pointer du doigt le jeune sophomore de Salt Lake City. Il n’est pas la source du problème. Mais il illustre parfaitement les difficultés de son équipe.

Certains souligneront le fait que la défense du Jazz prend l’eau contre les Rockets, terrassée par James Harden (triple-double avec 32 points cette nuit), mais ce n’est pas l’élément central pour nous. D’abord, il y a l’attaque amorphe des joueurs de Quin Snyder. Encore moins de 100 points (98) inscrits cette nuit après en avoir scoré seulement 90 dans le Game 1. Rare à notre époque. Environ 39% de réussite aux tirs à chaque match.

Le flow offensif de la franchise mormone est découpé à la machette par l’agressivité défensive de Houston. Ils ont des difficultés à mettre leurs systèmes en place. Or cette équipe se repose essentiellement sur ses schémas, les écrans de Rudy Gobert, le mouvement des joueurs sans ballon, pour marquer des points à un niveau décent. 110 points marqués sur 100 possessions en saison régulière, dans la moyenne NBA (quatorzième). Un chiffre passé à 93 points depuis le début des playoffs.

Ce sont les superstars qui s’illustrent d’avril à juin. C’est leur moment. C’est fou, parce que le basket est un sport collectif et il faut évidemment une équipe soudée (au moins sur le terrain) pour gagner le titre. Mais ce sont d’abord les plus grands talents individuels qui portent leur équipe et font la différence. Utah a un très beau collectif. Des basketteurs altruistes de talent comme Ricky Rubio ou Joe Ingles. Un excellent pivot avec Rudy Gobert. Mais aucun de ces gars-là ne peuvent hisser le Jazz au sommet. Pas contre un candidat comme Houston.

Alors ça revient injustement sur Donovan Mitchell. Comme l’an dernier en fait. Sauf qu’il était rookie et moins attendu. Si Utah a éliminé Oklahoma City au premier round en 2018, c’est parce que le jeune arrière avait été le meilleur joueur sur la série. Il avait ensuite manqué d’efficacité contre les Rockets et le Jazz avait pris une piquette. On se dirige vers un scénario similaire.

Donovan Mitchell doit encore jouer les héros

Le treizième choix de la draft 2017 est mis à mal. Il a scoré 19 points sans la moindre passe décisive au Game 1. Il a promis de faire mieux au match suivant. Résultat, six caviars, certes, mais 11 points à 5 sur 19 aux tirs. Mitchell est le joueur de cette équipe qui ressemble le plus à un All-Star (au sens scoreur du terme) : le seul à pouvoir vraiment faire la différence balle en main. Se créer son tir de plusieurs façons différentes et de n’importe quelle zone du terrain. C’est encore une fois à lui de jouer les héros et il n’y arrive pas depuis le début de la série.

En fait, pour que le Jazz gagne, il faudrait qu’il plante 30 points. Et on vous parie que si Utah venait à prendre un match dans cette série, ce sera sous l’impulsion d’une grosse performance de son sophomore. Mais ce n’est, encore une fois, pas une critique envers Donovan Mitchell. C’est plus une manière de montrer les limites de cette équipe. Et aussi celle de son meilleur joueur à l’heure actuel. Le garçon n’a pas fini son développement, évidemment, et ça se sent.

Comme l’an dernier, le Jazz ira aussi haut que Mitchell peut le porter. Et cette organisation n’ira pas loin tant qu’il n’aura pas franchi un cap. Ou alors tant qu’il ne sera pas épaulé d’une deuxième star en puissance.