Ces rookies qui roulent sur les playoffs

Ces rookies qui roulent sur les playoffs

Ils ont moins de 22 ans, sont inexpérimentés à ce niveau et pourtant ils dominent la concurrence. Zoom sur les débuts incroyables de Donovan Mitchell, Ben Simmons et Jayson Tatum en playoffs.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Tous les passionnés de NBA sont bassinés avec les mêmes discours : la saison régulière, ce n’est pas les playoffs. L’intensité monte crescendo à partir de la mi-avril, les défenses y sont plus resserrées, le défi physique plus important et le niveau de jeu simplement plus élevé. Autrement dit : ne vous enflammez pas quand votre rookie ou joueur préféré cartonne d’octobre à mars sans jamais avoir connu la fièvre du printemps. Un basketteur NBA n’est pas validé tant qu’il n’a pas brillé sur la plus grande scène du pays. Mais que faire quand des gamins pourtant inexpérimentés viennent casser la baraque dès leurs premiers pas ? Comment considérer les Donovan Mitchell, Ben Simmons ou autres Jayson Tatum ?

Donovan Mitchell, bourreau du MVP

Des jeunes qui brillent rapidement, il y en a déjà eu. Il y en aura encore. Mais là, ces trois gars ne se contentent pas de briller. Ils dominent. DOMINENT. Ce que fait Mitchell, par exemple, c’est quasiment du jamais vu. Pour un rookie en tout cas. Il a claqué 27 pions en 35 minutes pour son dépucelage. Un match perdu par le Jazz. Mais ce n’était qu’une entrée en matière explosive pour annoncer la suite. Trois jours après, il en plantait 28. Soit 55 sur deux rencontres. Jamais un arrière n’avait été aussi prolifique lors de ses deux premiers matches en playoffs. Pas même Michael Jordan. En revanche, MJ avait fait mieux sur les deux sorties suivantes. 117 points après quatre sorties. 110 pour le chouchou de Salt Lake City. Au-dessus, c’est juste Jordan. Donc le soleil.

Le plus fou, c’est presque la façon dont il détruit l’une des défenses les plus athlétiques du championnat. Le Thunder est capable du meilleur comme du pire de côté du parquet mais ça n’enlève rien aux cartons de D-Mitchell. Il se fraye déjà un chemin jusqu’au cercle avec une facilité déconcertante. Il lit et analyse les réactions de ses vis-à-vis comme s’il s’était retrouvé confronté à de telle situation des centaines et des centaines de fois. Illustration cette nuit quand il a inscrit une quantité de layups pour finir avec 33 points. Ce n’est clairement pas un rookie comme les autres. Et Russell Westbrook ainsi qu’Oklahoma City en font donc les frais. Balayés par un joueur de 21 ans qui hésitait encore à rejoindre la NBA il y un an à la même époque. L’ascension la plus fulgurante de la saison pour le nouveau boss de son organisation.

Stats Donovan Mitchell

Saison régulière : 20,5 pts, 43% aux tirs, 34% à trois-points, 3,7 rbds, 3,7 pds,
Playoffs : 27,5 pts, 45% aux tirs, 34% à trois-points, 8,5 rbds, 2,8 pds,

Ben Simmons, star d’un candidat aux finales

Il y a un charme qui se dégage de Ben Simmons à chaque fois qu’il foule un parquet. Il est d’un calme olympien. Toujours relax. Une décontraction presque insolente. Mais, vu que les playoffs sont plus intenses et tout le tralala, l’Australien allait-il réussir à rester aussi serein avec encore plus de pression sur ses larges épaules ? Eh ben oui. Plus que ça même. Il plane. Survole ses adversaires. Autant la question se pose concernant son statut de rookie en saison régulière – il n’avait jamais joué mais il avait pu se renforcer physiquement en fréquentant un staff NBA pendant toute une année – autant il est évident qu’il est complètement inexpérimenté à ce stade de la compétition.

Pourtant il assume encore son rôle de patron de son équipe. Dans un registre différent de Donovan Mitchell. Le scoreur du Jazz est la première option offensive de son équipe et il a le ballon dans les moments chauds. Mais Ricky Rubio, Joe Ingles et Rudy Gobert sont trois vétérans qui assument le leadership. Simmons est bien entouré aussi. J.J. Redick, Marco Belinelli, Ersan Ilyasova, etc. Mais c’est lui qui les alimente en ballon. Pas l’inverse. Il est au cœur du jeu. Un maestro de 2,08 mètres. Et c’est sa présence qui fait de Philly une équipe capable d’aller loin, très loin à l’Est. Le plus loin possible, comme le dirait Joel Embiid, autre star inexpérimentée à ce niveau qui fait ses preuves. Ça, pour un rookie, c’est extraordinaire.

Stats Ben Simmons

Saison régulière : 15,8 pts, 54% aux tirs, 8,1 rbds, 8,2 pds, 1,7 steal
Playoffs : 19,3 pts, 51% aux tirs, 10,8 rbds, 9,8 pds, 2,5 steals

Jayson Tatum, clutch sous le feu des projecteurs

Jouer pour les Boston Celtics n’est pas toujours facile pour un rookie aussi talentueux que Jayson Tatum. Même si c’est évidemment une chance. Contrairement à Simmons ou Mitchell, le troisième choix de la draft 2017 n’a pas autant de responsabilités offensives, que ce soit à la création ou au scoring. Difficile de faire des statistiques dans ces conditions. Encore moins de réellement se positionner dans la course au ROY. Alors qu’il est peut-être le basketteur le plus prometteur de sa promotion.

Tatum veut des responsabilités. Il en a et va en avoir dès ses premiers playoffs. La blessure de Kyrie Irving a forcé les jeunes pousses des C’s – Jaylen Brown (étincelant), Terry Rozier et Tatum – à assumer un rôle de patron très tôt dans leur carrière. L’ailier formé à Duke ne marque pas autant de points que Brown (23,8 pts pour sa deuxième campagne !) et n’a peut-être pas autant d’impact qu’Al Horford. Mais il assure. Il a même tendance à se surpasser dans les moments les plus importants des rencontres. Ça tombe bien, un Game 5 décisif se profile à l’horizon ce soir…

Stats Jayson Tatum

Saison régulière : 13,9 pts, 47% aux tirs, 42% à trois-points, 5 rbds, 1 steal
Playoffs : 14,5 pts, 40% aux tirs, 30% à trois-points, 6,3 rbds, 2,3 steals

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