Draft 2013 : Les sur-cotés et sous-cotés potentiels

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Dans une draft incertaine, les GMs vont devoir faire le tri et faire en sorte de drafter leurs cibles à leur juste valeur.

Pour certains, la draft est une science, tout repose sur les chiffres. Les analystes décortiquent alors des statistiques et font des analyses plus approfondies les unes que les autres pour déterminer le meilleur choix possible pour leur franchise. Pour d’autres, c’est une question d’impressions, de ressentis. Des fois, c’est aussi une question de chance, de hasard, de paris à long terme. S’il arrive parfois que des prospects se détachent clairement du lot (LeBron James, Anthony Davis…), cette cuvée 2013 a de quoi rendre nerveux les scouts et les GM’s.

A moins de 48 heures de la draft, les Cleveland Cavaliers, titulaires du premier choix, ne savent toujours pas qui sélectionner et cherchent désespérément à transférer leur first pick. Chaque joueur susceptible d’être choisi en première position peut également atterrir au-delà du top 5 tant les prospects présentent bon nombre d’interrogations à leur sujet. Ainsi, Sports Illustrated a tenu à faire un tri parmi les joueurs « surcotés » et « sous-estimés » qui composent cette cuvée.

Ceux pour qui on en fait trop

S’il finit en première position… Alex Len.

Selon de nombreuses rumeurs, les Cavaliers ne seraient pas trop enclins à drafter Nerlens Noel, présenté comme le first pick par défaut de cette cuvée. Les dirigeants de Cleveland ont déjà prouvé par le passé qu’ils ne prêtaient que peu attention aux prévisions des spécialistes. Lors des deux dernières saisons, ils ont sélectionné, à la surprise générale, Tristan Thompson (2011) puis Dion Waiters (2012) en quatrième position.

Alex Len est un pivot talentueux, il se présente lui-même comme « le meilleur joueur de cette draft dans dix ans ». Il n’a cependant pas les épaules pour endosser le rôle du premier de la classe. Len ne rapportait que 12 points par match à Maryland, il possède une palette offensive assez développée, certes, mais ne pourra pas changer le destin d’une franchise dès sa première saison. De nature timide à en croire ses interviews lors des Draft Combine, l’Ukrainien risquerait de céder sous la pression liée au first pick. Toute l’année, Alex Len a été annoncé dans le top 10, entre la cinquième et la dixième place. Blessé au pied et absent pendant encore quelques mois, il vaut mieux pour lui que personne ne le presse à revenir trop tôt sur les parquets, pour assumer un statut de premier choix qui ne lui revient pas.

S’il termine dans le top 5… Trey Burke.

Le meneur de Michigan est sans doute l’un des joueurs qui divisent le plus les scouts et les analystes. Burke a du talent en lui. Leader naturel, finaliste de la March Madness, joueur universitaire de l’année, il ne fait pourtant pas l’unanimité. Sa taille (1,83 m) lui joue des tours. Les scouts se demandent s’il sera capable de scorer au plus haut niveau. On serait tenté de répondre oui… En effet, Trey Burke possède déjà la distance NBA à trois-points, on a pu le voir lors du tournoi universitaire avec ses shoots venus d’ailleurs. Burke n’est pas le plus athlétique, ni le plus rapide des meneurs mais il n’a peur de rien. Andy Glockner, de SI, se demande tout de même si la star de Michigan sera capable de défendre face à des meneurs plus grands et plus costauds. D’ailleurs, Trey Burke est plutôt annoncé après la cinquième place dans la plupart des Mocks Draft. Pour lui, tout dépendra de l’équipe dans laquelle il tombe…

S’il est pris dans le top 15… Steven Adams.

Steven Adams a beaucoup plu aux scouts lors du NBA draft Combine au même titre que… Rudy Gobert. En effet, comme le joueur de Cholet, Adams a fait forte impression par ses qualités défensives. Cependant, en l’absence des meilleurs intérieurs de cette cuvée, tous blessés (Anthony Bennett, Alex Len, Nerlens Noel), les deux joueurs avaient forcément moins de concurrence. Pour SI, Steven Adams n’est qu’un Alex Len du pauvre. Pas suffisant pour terminer parmi les quinze premiers choix.

S’il est pris dans le top 15… Shabazz Muhammad.

Il y a un an, Muhammad était le meilleur prospect du pays. Scoreur naturel, gaucher, puissant, les scouts ne juraient que par lui. Son attitude et sa saison plutôt décevante avec UCLA (malgré des statistiques correctes), ont eu raison de la hype qui l’entourait. C’est son attitude qui le pénalise le plus. Shabazz Muhammad est présenté comme quelqu’un d’égoïste… On rappelle qu’il a refusé de fêter une victoire d’UCLA avec ses coéquipiers car il n’avait pas eu le tir de la victoire… il n’était pas le premier à le faire mais dès l’université, ça promet. Muhammad n’est pas stupide mais il est probablement très mal entouré. De plus, bien qu’il estime être un gros bosseur, son jeu se repose pour l’instant uniquement sur sa main gauche. Il est unidimensionnel : certes, l’arrière peut scorer mais n’est pas une menace fiable à trois-points.

Ils passent sous les radars

S’il termine au-delà du top 5… Anthony Bennett

Lui aussi blessé, Anthony Bennett n’a pas pu montrer l’étendue de son talent durant les workouts. Pourtant, le Canadien peut envoyer du lourd sur un parquet. Sous-dimensionné pour son poste (2,01 m), il est capable de jouer aux postes 3 et 4. Contrairement aux nombreux prospects de plus en plus frustres en attaque, Bennett possède dans son arsenal un jeu dos au panier mais aussi face au cercle. Son handle n’est pas à jeter et il peut même scorer à mi, voire longue distance (à voir l’adaptation avec la distance NBA justement). Issu d’UNLV, Anthony Bennett est tout logiquement comparé à… Larry Johnson. Certains GM’s se méfient tout de même de sa mentalité, un peu trop sûr de lui. Mais Bennett a de fortes chances d’être un des rookies performants la saison prochaine.

S’il termine au-delà tu top 15… Michael Carter-Williams.

Invité par la ligue à rejoindre la « green room » le soir de la draft, MCW n’a que peu de chances de terminer plus loin que la quinzième place. Le shoot demeure son gros point noir mais l’ancien meneur de Syracuse devrait pouvoir s’imposer comme un back-up solide au sein d’une franchise possédant déjà un meneur talentueux. C’est un bon passeur et un bon défenseur, deux qualités qui pourraient séduire les GM’s.

S’il termine au-delà du top 15… Shane Larkin.

Comme MCW, Shane Larkin est capable de créer du jeu pour ses coéquipiers. L’ancien meneur de Miami possède plusieurs atouts dans sa manche, et ce malgré sa « petite » taille. A priori, les Dallas Mavericks devraient sauter sur l’occasion avec leur treizième choix.

S’il termine au-delà du top 20… Gorgui Deng.

Le pivot sacré champion NCAA avec Louisville ne fait pas trop parler de lui. Pourtant, c’est une option solide en sortie de banc, notamment pour les (très nombreuses) franchises en quête d’un pivot défensif. Gorgui Deng peut être l’apport parfait pour une équipe candidate aux playoffs. De plus, son rapport qualité/prix défie toute concurrence. Enfin, l’ancien joueur de Louisville peut également marquer quelques paniers sur pick&roll et son shoot tend à progresser. Une bonne affaire.