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La nuit où Drazen Petrovic a « dansé » avec Reggie Miller

Guillaume RantetPar Guillaume RantetPublié

En 1992, à l'occasion d'un match entre les Nets et les Pacers, le staff du New Jersey a mis le paquet pour motiver plus que jamais leur Croate face à la star des Pacers, Reggie Miller. L'invitant à danser avec l'arrière d'Indiana.

L'un a évolué seulement quatre saisons en NBA. Jusqu'à ce que le torchon brûle entre lui et les New Jersey Nets. Et qu'il décède, le 7 juin 1993, lors d'un accident de voiture. A seulement 28 ans. L'autre a traversé les saisons du côtés des Indiana Pacers. Est quintuple All-Star, et a joué presque vingt ans dans la Grande Ligue. Alors quand Drazen Petrovic rencontrait Reggie Miller, c'était toujours un événement.

En février 1992 eut lieu l'un de ces face-à-face que tout amateur de basket se plaît à scruter. C'est cette opposition qui est racontée par Todd Spehr dans la biographie intitulée « DRAZEN: The Remarkable Life & Legacy of the Mozart of Basketball » qui est sortie le 30 mars 2015.

Deux arrières de très haut niveau. Deux attaquants aux qualités offensives très proches. Deux shooteurs incroyables, qui ne rataient que très peu la cible. Et dégainaient très vite. Deux hommes qui sont alors très souvent comparés l'un à l'autre. Se connaissent. Et se jalousent. Surtout Reggie Miller.

« Peut-être que c'était parce que j'étais jaloux de la manière dont il shootait », raconte le joueur des Pacers dans son autobiographie. « Il shootait très rapidement, et j'enviais sa facilité. »

Aujourd'hui, Reggie Miller l'avoue : Drazen Petrovic est le meilleur shooteur qu'il ait vu à l’œuvre. Pour Miller, Mozart était unique. C'était aussi sa Némésis, sa bête noire.

Il a d'ailleurs encore récemment rappelé que le Croate avait pour lui le meilleur shoot, avec un release plus rapide encore que celui de Stephen Curry.

Sur les parquets, Miller et Petrovic sont également des adeptes du trashtalking. L'un en anglais. L'autre dans une langue « que Miller savait seulement ne pas être de l'anglais », écrit Todd Spehr. Mais Reggie Miller ne parlera pas durant cette rencontre. Il n'en aura pas l'occasion. À cause, notamment, d'une recette insolite concoctée par le staff des Nets.

« Dance with that motherf***** »

Le contexte : les Pacers sont à un match et demi des Nets, les deux équipes rivalisant pour accrocher un spot en playoffs. Les protagonistes : les deux équipes, et leurs deux joueurs phares, mais aussi Tom Newell, le spécialiste défense auprès de Bill Fitch, le coach des Nets, et également un autre de ses assistants, Rick Carlisle. L'objectif : annihiler Reggie Miller pour les Nets, et Drazen Petrovic pour les Pacers. Là est bien l'une, voir LA clé du match. Newell et Carlisle réfléchissent. Puis passent à l'action.

Rick Carlisle a son idée. Celle de poursuivre Reggie Miller quoi qu'il arrive. Qu'importe que Drazen Petrovic soit stoppé net par un écran : il devra suivre l'arrière des Pacers. Du début à la fin de la rencontre. Ne jamais lâcher l'infatigable Miller, un éternel danger. Ne jamais laisser un coéquipier défendre sur lui après un écran. Car si Petrovic et Miller étaient des génies de l'attaque, ce serait bien leur rigueur défensive qui ferait la différence ce soir-là. Puis vient Tom Newell. Avec ses images.

« Tu dois danser avec lui » l'avertit-il. « Place ta main dans son couloir et accompagne-le à travers. Comme si tu faisais une slow dance. »

Dans l'euphorie, et afin de motiver plus que jamais le Croate, le Monsieur défense des Nets lâche :

« You’ve got to dance with that motherf***** now, Draz. Just dance with that motherf*****. »

Le match ? Un Petrovic imprenable. Auteur de 19 points, et qui a offert la victoire aux siens sur un écart de quatre points. Grâce, notamment, à un shoot meurtrier à 30 secondes du buzzer final. Surtout, il a défendu même au-delà des attentes de son staff. Suivant Reggie Miller à chacun de ses faits et gestes. Les stats du joueur des Pacers ? Un petit point. Et huit tentatives ratées en 28 minutes de jeu.

Depuis, Newell et Carlisle n'ont cessé de conclure leurs messages téléphoniques de la même manière lorsqu'ils s'appellent : « Dance, motherf*****, dance! » Une recette à succès, qui est bien rentrée dans la tête de Petrovic. La preuve : alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre les vestiaires des Nets, les deux membres du staff ont entendu la voix du Croate, en rires.

« Dance, motherf*****, dance! » répétait-il.

Mozart connaissait déjà le refrain.