Le cinq atypique qui a sauvé la France

Malmenés par une courageuse équipe russe pendant une majeure partie de la rencontre, les Bleus ont arraché la victoire en fin de match sans leurs cadres habituels.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / NEWS / Équipe de France
Le cinq atypique qui a sauvé la France
"Heureusement que l'on a trouvé un bon cinq à la fin. Un cinq spécial." Vincent Collet a résumé la rencontre d'hier en une phrase, la première de son intervention en conférence de presse. Encore distancée à cinq minutes de la fin du match (58-64), l'EDF a trouvé les ressources nécessaires pour l'emporter en alignant un cinq atypique, encore jamais vu sur le parquet depuis le début de la compétition.
[superquote pos="d"]"Avec ce cinq que l'on a dominé la Russie à la fin." Vincent Collet[/superquote]"Nando (De Colo) à la mène, Mike (Gelabale) et Charles (Kahudi) sur les ailes, Joffrey (Lauvergne) en quatre et Rudy (Gobert) en pivot", poursuit le sélectionneur tricolore. "Ce cinq a su faire la différence dans le dernier quart. On a mis plus de pression sur le porteur de balle en défense à ce moment-là. C'est la seule période durant laquelle nous avons dominé la Russie."
La puissance physique de Charles Kahudi - un joueur qui est monté d'un cran dans la rotation - alliée à la taille des deux tours de contrôle dans la raquette et à la vivacité de Nando De Colo. Un subtil cocktail qui a remis les champions d'Europe en titre sur les bons rails, d'abord en défense. Coupables de fautes d'inattention, d'un relâchement presque compréhensible lors d'un match sans enjeux comme celui d'hier (la première place du groupe se jouera aujourd'hui contre Israël), et de nouvelles erreurs de communication sur les attaques placées russes, la muraille française a pris l'eau pendant près de 35 minutes. Jusqu'à que ce cinq décisif prenne les commandes. Les 218 centimètres de Gobert, auteur de 12 points, 10 rebonds, 4 interceptions et 6 fautes provoquées, associés aux 211 centimètres de son compère Joffrey Lauvergne ont fait souffrir les intérieurs russes, muets en fin de rencontre. Gênés par l'envergure des deux géants, les joueurs d'Evgeny Pashutin ont multiplié les balles perdues. Comme face à Israël, la Pologne et la Finlande, la jeune sélection russe a bafouillé son basket dans les moments les plus importants de la rencontre.

Nando De Colo ne perd pas le nord

[caption id="attachment_293027" align="alignleft" width="318"] Nando De Colo a été actif en attaque et en défense hier soir.[/caption] Alors que la plupart de ses camarades du cinq majeur, Gobert mis à part, assistait au retour des Bleus depuis le banc, Nando De Colo était lui sur le parquet. Aux manettes. Une fois de plus. Cela devient presque une nouvelle habitude dans cet Eurobasket : à chaque fois que les Français sont en difficultés, le natif de Sainte-Catherine (dans le Nord-Pas-de-Calais) les extirpe du piège tendu par l'adversaire en haussant encore un peu plus son niveau de jeu. C'est encore lui qui a redonné l'avantage à son équipe d'un superbe tir lointain plein de culot (66-64). Les tricolores n'ont plus été rejoints par la suite. Déjà élu dans l'équipe de la première journée de l'Eurobasket, l'arrière du CSKA Moscou continue de séduire match après match. Avec 13 points et un seul ballon perdu hier soir, il a encore été l'un des meilleurs joueurs sur le parquet, lui qui est sans aucun doute l'élément le plus en vue de la formation de Vincent Collet depuis l'ouverture de la compétition.

Du repos pour les cadres

Selon FIBA.COM, ce cinq peu ordinaire a cumulé un joli +39 à l'évaluation dans le dernier quart temps. Une performance de choix. Au final, c'est sans ses trois "stars" NBA, Tony Parker, Nicolas Batum et Boris Diaw, que les Bleus ont fait la différence. De quoi leur permettre de souffler avant le choc du jour contre Israël.
"J'ai pensé à ce cinq (celui qui a terminé le match) en ayant pour optique de reposer Tony, Boris et Nico. On joue le match le plus important demain (aujourd'hui - NDLR). Le résultat contre la Russie ne changeait rien à l'enjeu de la rencontre contre Israël. Mais on voulait quand même gagner", conclut Vincent Collet.
L'essentiel est assuré avec ce succès, le quatrième en autant de rencontres. Même si ce groupe salvateur n'était finalement qu'un pari payant au cours d'un match sans enjeux, on suppose que le sélectionneur gardera dans un coin de sa tête la performance de ce cinq en cas de nouvelle situation délicate dans les jours à venir
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