Euro : Le débrief du deuxième tour

Le deuxième tour de l’Eurobasket 2013 terminé, c’est l’heure du débrief. La Grèce, les frères Dragic, Gigi Datome et bien d’autres sont passés au crible.

Vincent RicardPar Vincent Ricard  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Euro : Le débrief du deuxième tour
La phase principale vient de s'achever et les quarts de finale de l'Eurobasket 2013 sont désormais connus. En grand danger au sortir de la première phase de poule, la Grèce n'a pas passé le cut, contrairement aux autres favoris annoncés. Toutefois, les cartes semblent avoir été redistribuées et nombre d'outsiders abordent les rencontres décisives avec le plein de confiance. L'occasion pour nous de faire un nouveau débrief avant la dernière ligne droite.

O'Brother : Goran & Zoran

On n'avait plus vu une fratrie foutre un tel bordel depuis les sœurs Lane. Sur un nuage depuis le début de la deuxième phase de poules, les frères Dragic mettent le feu à l'Arena Stozice et portent les espoirs de toute une nation. Bozidar Maljkovic n'est d'ailleurs pas étranger à cette réussite puisque l'ancien gourou du CSP Limoges leur a donné carte blanche en attaque, laissant à leurs coéquipiers, Gasper Vidmar et Jure Balazic en tête, le soin de balancer des bourre-pifs maison en défense et de profiter des espaces créés par les deux dragsters pour scorer quelques pions. Meilleur meneur de l'Euro jusqu'ici, Goran Dragic mouille le maillot et éclaire le jeu des siens dans les moments chauds, tandis que son cadet, Zoran, explose après une saison très compliquée sous les ordres du sémillant Jasmin Repesa. Extrêmement agressif dans l'attaque du cercle, capable de venir gober du rebond au milieu des grands, Zozo est un joueur animé par ce soupçon de folie communicative qui fait de lui le facteur X de la Slovénie. Et si en plus de ces deux là, Mirza Begic et Bostjan Nachbar retrouvent la mire... [youtube hd="1"]http://www.youtube.com/watch?v=ECH7FfEzBjY[/youtube]

La déception : la Grèce

Le mauvais rêve. Impuissante face à une Italie au sommet, dans le trou contre la Finlande puis emportée par la furia slovène, la Grèce quitte l'EuroBasket 2013 par la petite porte, emmenant avec elle ses doux espoirs dorés. Pourtant très à son aise en l'absence de Vassilis Spanoulis, la sélection hellène a semblé perdre de sa superbe avec le retour de sa star ; avant de confirmer ces doutes lors du match disputé face au pays organisateur. D'une prévisibilité confondante, V-Span, qui disposait du permis de tuer, a décidé de se tirer une balle dans le pied et d'emporter ses partenaires dans la tombe, bien aidé en cela par un Kostas Papanikolaou encore trop timoré, en dépit de son incroyable talent. Touchée par les blessures (Span, Mavrokefalidis, K-Pap), voyant plusieurs joueurs clés rater leurs matches (Printezis, Perperoglou, Fotsis), la Grèce est passée au travers sans pour autant donner l'impression d'être hors du coup, tant son niveau de jeu paraissait élevé par moments. Bon coach mais sans expérience du très haut niveau, Andrea Trinchieri devrait prochainement être démis de ses fonctions, payant ainsi cash ce parcours décevant et ses choix discutables au moment de constituer la liste des 12 (Kavvadas plutôt que Vougioukas, l'absence d'un meneur de métier, la gestion du cas Pappas...). Au rayon des satisfactions, Ioannis Bourousis et Kostas Kaimakoglou ont su tirer leur épingle du jeu, tandis que Nikos Zisis, raillé depuis plusieurs années, a fermé quelques bouches de par ses chevauchées. En Slovénie, la Grèce a payé pour voir. Pas sûr que la finalité soit la même dans deux ans.

Le joueur : Gigi Datome

En voiture Simone, c'est Belinelli qui conduit, c'est Datome qui klaxonne. Joueur très « propre » et mobile, le MVP de la dernière édition de la Lega régale dans un collectif obnubilé par le shoot extérieur. Sans doute sous-taillé pour occuper à temps plein les deux postes d'ailier outre-Atlantique, Gigi Datome pourrait néanmoins rendre de fieffés services aux Pistons sur certaines séquences, grâce à son sens du devoir et son shoot soyeux. Reste que, même s'il veut s'inscrire dans la droite lignée de Shane Battier, l'ancien romain rappelle davantage le jeune Antonis Fotsis. Souhaitons juste pour les fans du Detroit Basketball qu'il connaisse une carrière NBA plus aboutie que le (vrai) Batman. Au pire, ils pourront toujours se délecter en lisant les gossips sur son aventure estivale avec une présentatrice qui ne manque pas d'air. [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=fE7ibNvCtPs[/youtube]

Le désespoir : Juan Antonio Orenga

La presse ibérique, peu habituée à prendre des pincettes, est unanime : Orenga n'a pas le niveau pour coacher l'équipe nationale. Déjà très suspect lors du premier tour, le sélectionneur a touché le fond contre la Grèce. En cause : avoir laissé Marc Gasol sur le parquet à quatre minutes de la fin du premier quart-temps, alors que le pivot comptabilisait déjà deux fautes. Auteur de sa troisième quelques instants plus tard, le grand Marc a vu ses partenaires se faire dépouiller depuis le banc pendant l'intégralité du second quart. Une bourde parmi tant d'autres qui a sonné le glas d'Orenga dans l'esprit des aficionados. Réussir à faire pire que Sergio Scariolo en un peu moins d'un mois, cela relève tout de même de l'exploit.

Point Break : Mindaugas Kuzminskas

Le Bodhi Salver lituanien n'en finit plus de surprendre. Star en catégories jeunes, Mindaugas Kuzminskas a longtemps végété au Zalgiris Kaunas avant d'exploser en février dernier, sous la houlette de l'excellent Joan "Steve Carell" Plaza. Grand, filiforme, très technique et d'une classe rare, Kuzminskas s'est déjà offert une place de choix en sélection pour les années à venir. Se faire taffer sévère par un blond à bouclettes, c'est quand même la honte... Et ce n'est pas Charles Kahudi et Mickaël Gelabale qui vont dire le contraire. [youtube hd="1"]http://www.youtube.com/watch?v=DxkMYykR1eU[/youtube]

The Substitute : Thomas Heurtel

Thomas Heurtel pensait profiter de sa campagne préparatoire très réussie pour se faire une place derrière Tony Parker. Peine perdue. Devenu mystérieusement le douzième homme de l'équipe de France après avoir été un temps titulaire, le meneur de Saski Baskonia brille au bout du banc, où il distribue les gourdes sur pick & roll avec brio. A court de rythme et en manque de confiance, l'ancien Palois ne peut désormais plus prétendre à grand chose sauf à se faire injustement tailler lors de ses rares apparitions. Si l'on se gardera bien de faire tout commentaire sur les choix tactiques de Vincent Collet – nos confrères européens s'en chargent pour nous... –, on s'interroge tout de même sur l'aspect gestion humaine.

Wesh Cusin !

« Il est mauvais ! », « Il ne sert à rien ! », « Il n'a rien à faire là ! ». Marco Cusin n'est pas Denis Marconato et encore moins Gregor Fucka, mais il met les mains dans le cambouis et le fait bien. Écrans, contres, présence sous le cercle, petit shoot tout à fait décent, le pivot va au mastic et est indispensable à l'équilibre de la Squadra Azzurra. Parce que le basket, c'est aussi des mecs qui puent la sueur, ressemblent à des routiers polonais et n'en ont rien à foutre cirer de se prendre des gros tomars sur le paletot. #LeBasketVrai [youtube hd="1"]http://www.youtube.com/watch?v=k0nbNzVHiCg[/youtube]

Et pour quelques euros de plus : Andrea Trinchieri

Le coach italien est un spectacle à lui tout seul. Grimaces, gestes théâtralisés, crinière ébouriffée, abdominal gaillard, Andrea Trinchieri est au carrefour entre Danny DeVito dans le rôle du Pingouin et Austin Powers. Le sélectionneur n'a d'ailleurs pas son pareil pour motiver ses troupes, au risque de verser dans le très pittoresque. Preuve en a été lors du dernier entraînement avant la rencontre face à l'Espagne, lorsque Trinchieri a promis un billet de 50 euros à ses joueurs en cas de victoire. En revanche, ce que l'histoire contée par la FIBA ne dit pas, c'est si Ioannis Bourousis, notoirement connu pour être une sacrée catin peu fiable, après avoir trahi ses pairs au plus fort du conflit qui opposait joueurs et clubs grecs en 2010, est allé réclamer son bifton à la fin du match.

Le règlement de comptes : La Russie

Si la fin de parcours prématurée de la Turquie s'est soldée par la démission de Bogdan Tanjevic, les choses sont en train de s'envenimer sérieusement en Russie. Nouvellement élue présidente de la Fédération russe, Yulia Anikeeva est d'ores et déjà sur la sellette, la faute au parcours désastreux de la sélection nationale et à la guerre des pouvoirs que lui livre depuis de longues semaines Alexey Vatutin, le surpuissant président du CSKA Moscou. Nommé début août en remplacement de Fotis Katsikaris, mystérieux démissionnaire, et très critiqué par la presse locale, Vassily Karasev a vu sa position être confortée par Anikeeva, même si la Prési s'est depuis empressée de renouer les contacts avec David Blatt, parti en claquant la porte en septembre dernier du fait des mésententes avec plusieurs dirigeants de la Fédé. Ambiance, ambiance. De son côté, manifestement imbibé de vodka, après avoir fêté (ou pas) le vote de confiance de sa Fédération, le père de Sergey Karasev s'est lâché en balançant sur Katsikaris et Timofey Mozgov. Sympa...

Le Clasico : Chacho pour Rudy

Un alley-oop de Rudy Fernandez sur une passe de Sergio Rodriguez, c'est un peu comme un match sans but de Karim Benzema en équipe de France : une habitude devenue indigeste. [youtube hd="1"]http://www.youtube.com/watch?v=PMQr5PS7G9U[/youtube] Sinon, vous pouvez en voir d'autres ... , ... ... ... , , , , , ... , ... ... ... là, là, , , , ... [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=UmzbW8UcD80[/youtube] Récaps de matches, perfs, réactions, équipe de France, retrouvez toutes les infos concernant l’Eurobasket 2013 en cliquant ici
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