Eurobasket : Ce que l’on a retenu de France – Finlande

Vainqueurs dans la douleur de la Finlande hier soir, les Bleus ont montré plusieurs facettes de leur personnalité lors de ce match d'ouverture. Si l'essentiel est là avec la victoire, l'équipe de France est attendue contre la Bosnie-Herzégovine.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Eurobasket : Ce que l’on a retenu de France – Finlande
Comme Harvey Dent dans Batman, Jim Carrey dans Fou d'Irène, ou comme tout bon natif du signe gémeau qui se respecte, cette équipe de France a deux visages. Euphorique par périodes ou complètement dépassée par d'autres, excellente en attaque et à la rue en défense, bien organisée et appliquée sur certaines séquences ou paniquée sur d'autres, la formation de Vincent Collet a alterné le très bon, le bon et le nettement moins bon. Une schizophrénie chronique qui caractérise les champions d'Europe en titre depuis déjà plusieurs années, notamment lors des matches d'ouverture de chaque campagne internationale ou continentale.
[superquote pos="d"]"On était vraiment dedans dès le début." Joffrey Lauvergne[/superquote]"Contrairement à d'autres compétitions internationales passées, on a tout de même bien attaqué le match. Franchement, on était vraiment dedans dès le début mais ils ont simplement été très bons", tempère Joffrey Lauvergne, inspiré et incisif en sortie de banc avec 13 points (5/7 aux tirs) et 7 rebonds inscrits en 25 minutes.
En 2011, les Bleus ont souffert pour se sortir du piège tendu par la Lettonie (victoire 89-78) avant d'enchaîner six victoires consécutives et de filer vers la médaille d'Argent. Deux plus tard, lors du sacre historique, ils ont concédé la première de leurs deux défaites sur l'ensemble du tournoi dès l'ouverture de la compétition contre l'Allemagne (74-80). Au moins hier soir, Tony Parker (23 points à 9/21) et ses ouailles sont repartis avec la victoire.
"L'essentiel est fait, on a gagné", commentait le meneur des San Antonio Spurs, peu à son aise en première période mais déterminant en attaque en seconde et auteur de 11 points dans le troisième QT pour éviter à l'équipe de France de prendre l'eau.

La France, une défense de fer à retrouver

Lauvergne, Nicolas Batum ou encore Nando De Colo tiendront un discours similaire en retenant effectivement la victoire. Pour la manière, on attendra la suite des hostilités. Le raisonnement est évidemment un poil différent pour Vincent Collet. Si le coach se satisfait du résultat face à une équipe de Finlande accrocheuse, il a immédiatement pointé du doigt les failles de son équipe après cette première confrontation à Montpellier.
[superquote pos="d"]"L'équipe de France doit gagner ses matches en défense." Vincent Collet[/superquote]"Tout n'est pas à jeter dans ce match. Mais l'équipe de France ne doit pas seulement faire de bons matches offensifs, elle doit d'abord bien défendre. On constate que dès que l'on se relâche dans ce secteur, nous sommes à la merci de beaucoup d'équipes", expliquait le sélectionneur en conférence de presse avant de poursuivre : "On n'a pas su se montrer constant en défense, même quand on menait de 14 points. Ils sont revenus au score très rapidement. On a fait quelques grosses erreurs qui ne sont pas acceptables."
Tout avait pourtant plutôt bien commencé. Emmenés par un cinq majeur "cinq étoiles" (Quatre joueurs NBA : Parker, Diaw, Batum et Gobert et une star de l'Euroleague : De Colo), les tricolores comptaient déjà 9 points d'avance après un peu plus de dix minutes de jeu suite à un panier de Lauvergne, bien servi par Evan Fournier près du cercle. Moment choisi par Jamar Wilson pour inscrire 11 de ses 21 points en trois petites minutes.
"Tout le monde peut avoir la main chaude dans notre équipe. Ce soir, c'était mon tour", déclarait après coup celui qui a fini la saison passée en France, à Rouen.
La suite de la rencontre fut à l'image du dénouement de ce premier QT : à chaque fois que les Français ont réussi à creuser un écart, même conséquent, les Finlandais sont revenus à leur hauteur en profitant des largesses défensives offertes par les Bleus.
"La défense a été nulle, en commençant par moi", constatait Parker. "J'ai eu l'impression qu'on était fatigués. Il faut qu'on gomme ces erreurs."
Erreurs de communication, erreurs de placement, les joueurs de Vincent Collet ont trop souvent été battus sur les uns-contre-uns, laissant alors tout le loisir aux finlandais de faire la différence et de trouver des shoots ouverts à trois-points. Ils en ont encaissé huit au total, dont certains cruciaux comme ce tir primé décisif de Sasu Salin pour arracher la prolongation à seize secondes du buzzer.

Nando De Colo, tsar parmi les stars

Juste avant lui, Nando De Colo avait lui aussi inscrit un shoot à trois-points que l'on pensait salvateur pour l'équipe de France. L'arrière du CSKA Moscou aurait même sans doute mérité de prendre le dernier tir pour la gagne au vu de sa prestation d'ensemble sur ce match (16 points, 7 rebonds, 6 passes et un différentiel de +14 en faveur des Bleus lorsqu'il était sur le parquet).
[superquote pos="d"]"Nando a fait un match complet et incisif." Vincent Collet[/superquote]"Nando a fait un match complet et incisif", remarquait Vincent Collet. "Le meilleur moment du match, c'est quand Nando est aux commandes dans le second QT."
Très peu de fausses notes pour le joueur de 28 ans qui effectuait son grand retour en équipe de France après son malheureux forfait pour la Coupe du Monde lors de l'été 2014 (en raison d'une fracture de la main). Intronisé dans le cinq majeur avec les joueurs NBA du groupe, De Colo a séduit.
"J'essaye juste de jouer mon jeu et d'être agressif. Je sais que j'ai plus de responsabilités et j'essaye de faire mon possible pour aider l'équipe."
L'équipe de France ne manque pas de talent mais elle devra se montrer plus rigoureuse dans les jours à venir. Le statut de favori et la pression d'un premier match à domicile ont sans doute joué sur l'attitude des Bleus hier soir contre la Finlande. Le groupe devrait monter en puissance au fil des matches et c'est donc un tout autre visage, encore plus conquérant et plus appliqué, que l'on souhaite retrouver contre la Bosnie-Herzégovine, prochain adversaire de l'équipe de France, aujourd'hui à Montpellier.
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