Evan Fournier : « Je sais que mon heure va venir »

Confiant, le jeune français des Nuggets nous dit tout sur son arrivée à Denver, ses relations avec George Karl et ses ambitions personnelles.

Syra SyllaPar Syra Sylla | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview
Evan Fournier : « Je sais que mon heure va venir »
12h près du Staples Center, vendredi dernier. Evan Fournier faisait le déplacement à Los Angeles avec les Nuggets pour y affronter les Lakers. Quelques heures avant le match, l'ancien Poitevin nous retrouvait pour un déjeuner confessions. Son arrivée à Denver, ses relations avec les anciens de l'équipe et George Karl, ses ambitions... Evan nous dit tout. BasketSession : Quel est le sentiment qui domine quand tu entends David Stern prononcer ton nom à la draft ? Evan Fournier : C’était un mélange d’excitation et de stress parce que j’étais encore assez nerveux. Après, t’es forcément content et soulagé. Mais la première chose qui te vient à l’esprit, c’est que maintenant il faut taffer. BasketSession : Tu avais quelques pistes sur l’équipe qui te drafterait ? E.F. : Je savais que je ne passerai pas Denver avec ce que j’avais fait là-bas. Je m’étais préparé à être drafté par eux. Après, il y a une différence entre ce qu’on imagine et la réalité. Quand tu mets la casquette, là tu peux te dire « C’est bon, j’y suis ». Mais tant que tu ne touches pas à cette casquette, ça reste du fictif. BasketSession : Quel a été le discours de George Karl et du staff sur ton rôle dans l’équipe ? E.F. : Après la draft, j’ai vu le GM. Il m’a dit qu’il fallait que je bosse physiquement. Rien de bien nouveau. Il y a quelques temps, j’ai parlé avec le coach. Il était content et il veut trouver le moyen de me faire jouer, donc on verra. [superquote pos="d"]"Je n’irai pas en D-League, je le sais."[/superquote] BasketSession : Tu as ressenti qu’il t’avait suivi un peu quand tu étais à Poitiers ? E.F. : Carrément. Ils connaissaient mon jeu, ils savent où je suis performant et ce que je peux faire. Ils m’ont vraiment demandé de progresser physiquement. En NBA, beaucoup de joueurs ont des lacunes techniques mais compensent avec la vitesse et le physique. Les Européens n’ont pas grand-chose à envier techniquement. BasketSession : Le training camp, ça s’est passé comment ? E.F. : Le mien a commencé juste après la draft. Quand je suis revenu à Denver, je me suis entraîné tous les jours de 8h à 13h. Je me suis entraîné comme un fou pour être en forme pour le training camp. Physiquement c’était chaud parce que tu dois être à 100% pendant 5h. En plus avec les Nuggets, on court beaucoup sur les postes extérieurs. Le jeu est basé sur les contre-attaques, donc on fait beaucoup d’exos de course. BasketSession : Tu t’attendais à ça ? E.F. : Oui, je me suis toujours préparé à ce genre d’exigences et d’intensité. Et c’est ce que j’aime donc je me fais plaisir. BasketSession : Et ton intégration dans l’équipe, ça a été ? E.F. : Je suis quelqu’un d’assez facile, je parle bien anglais et je fais le con (rires). Donc tout va bien. Quand on va au resto, je me prends les clichés genre « Mange des escargots » mais c’est cool. BasketSession : Nando De Colo est resté trois ans en Europe avant de rejoindre les Spurs. C’est quelque chose que tu aurais pu envisager, sachant que tu n’as jamais caché que ton objectif, c’était la NBA ? E.F. : J’aurais pu partir en Europe ou même rester en France, oui. Après, ça n’était pas mon choix. Je sais que je vais trouver quelques minutes dès cette année. Et même si je ne joue pas, je progresse. Il n’y a aucune structure comme celles qu’on peut trouver ici. On a un staff de 10 entraîneurs qui sont là pour toi. Je ne joue pas beaucoup mais je m’entraîne tous les jours. Je comprends ce que les gens peuvent penser parce qu’ils ne savent pas, mais je travaille énormément ici. BasketSession : La D-League ce serait un échec pour toi ? E.F. : Je n’irai pas en D-League, je le sais. BasketSession : Et un retour en Europe, c’est envisageable ? E.F. : Faut voir comment tu évolues. Si au bout de 3-4 ans, tu ne joues pas, il faut revenir. Je suis quelqu’un de passionné. Je suis là pour jouer avant tout, pas pour prendre des thunes. [superquote pos="g"]"Andre Miller peut te mettre 20 pts en marchant, c’est un truc de fou. Contre Miami, il leur a fait la totale. Il a même posté Dwyane Wade."[/superquote] BasketSession : Ta première rencontre avec George Karl, ça s’est passé comment ? E.F. : C’était juste après mon workout. Il voulait me connaître, en savoir plus sur ma personnalité. On a eu une discussion. C’est quelqu’un qui dégage une certaine puissance de par son expérience mais il est très sympa. A ce qu’il paraît, il est dur avec les rookies mais je n’en ai pas eu la preuve pour le moment. Au début je me demandais si c’était bien ce que je faisais. BasketSession : Et en tant que coach, comment il est ? E.F. : C’est quelqu’un d’assez équitable, il ne fait pas de favoritisme. Ce n’est pas quelqu’un qui crie beaucoup, il est assez philosophe. Il explique très clairement ses pensées et arrive à être pertinent. On comprend vite ce qu’il veut. BasketSession : Dernièrement, il a fait tes éloges dans la presse. C’est quelque chose qui t’importe ? E.F. : Ça fait plaisir à attendre, mais ce que je lis dans la presse, je m’en fous. Le meilleur compliment, c’est de me mettre sur le terrain. Je veux jouer. BasketSession : Tu as l’air très confiant. E.F. : Je sais que je vais finir par être sur le terrain. A l’entraînement je suis à l’aise. Je ne peux pas l’expliquer, mais je sais que mon heure va venir. BasketSession : Quelles sont les différences entre le jeu NBA et le jeu européen ? E.F. : C’est un jeu différent avec beaucoup d’isolations. Le jeu est plus costaud. Il y a plein de joueurs qui n’ont pas forcément beaucoup d’atouts mais qui en ont un qu’ils maîtrisent parfaitement. Il y a moins de polyvalence, mais plus d’excellence dans ce qu’ils font. [superquote pos="d"]"J’ai vomi direct. Je suis arrivé, j’ai lâché la petite galette au premier entraînement."[/superquote] BasketSession : Quels sont les adversaires et coéquipiers qui t’ont le plus impressionné ? E.F. : LeBron, c’est LeBron. Tu sais ce qu’il fait et ce qu’il est mais ça a l’air tellement facile pour lui. Dans mon équipe, Andre Miller peut te mettre 20 pts en marchant, c’est un truc de fou. Contre Miami, il leur a fait la totale. Il a même posté Dwyane Wade. BasketSession : Il y a des coéquipiers qui te conseillent ? E.F. : Je suis très apprécié des vétérans donc ils sont sympas avec moi. Je parle beaucoup avec Miller. Il me donne souvent son avis sur telle ou telle situation. Sur le banc, je me mets souvent à côté de lui pour l’écouter. Et parfois c’est l’inverse, c’est moi qui lui dit. Y’a un vrai échange. BasketSession : Denver est un endroit particulier de part sa situation en altitude. Pas trop dur l’adaptation ? E.F. : J’ai vomi direct. Je suis arrivé, j’ai lâché la petite galette au premier entraînement. Tu te sens « dizzy » en fait. J’ai mis deux bonnes semaines à m’y faire. Et là ça fait 3-4 jours qu’on est parti, en rentrant je serai mort. 1800 m c’est beaucoup. Mais c’est un avantage pour nous. Ce n’est pas un hasard si notre jeu est basé sur la contre-attaque. A chaque match à domicile, c’est flagrant. Au premier quart-temps, les adversaires sont morts.
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