- WAS
- BOS
- PHI
- BKN
- IND
- MIL
- CLE
- NYK
- CHA
- DET
- MEM
- POR
- NOP
- OKC
- DAL
- ATL
- UTA
- MIA
- SAC
- MIN

Final Four NCAA: Wisconsin terrasse Kentucky !

Jean-Sébastien BlondelPar Jean-Sébastien BlondelPublié

On attendait beaucoup de cette deuxième demi-finale entre Kentucky et Wisconsin, et elle a tenu toutes ses promesses.

Kentucky-Wisconsin-BIG-950-

Kentucky avait beau avoir survolé toute la saison et être arrivé à Indianapolis avec une chance de devenir la première équipe en quarante ans à finir la saison invaincue, s'il y avait bien une équipe qui semblait pouvoir battre les Wildcats, c'était bien Wisconsin. Magnifiquement coachés par Bo Ryan, probablement le coach NCAA le plus injustement sous-coté, les Badgers jouent extrêmement intelligemment, limitant au maximum fautes et ballons perdus, prêchant patience et bonnes décisions. Bien sûr, ce ne sont pas les seuls en NCAA à jouer selon ces principes, mais personne ne les applique mieux. Solides défensivement, adroits, bénéficiant de la présence intérieure de Frank Kaminsky, ils avaient a priori tout en main pour ne pas se laisser intimider par la défense monstrueuse de Kentucky.

Les Badgers auraient pu craquer dès la première minute après le tir à trois-points d'Andrew Harrison pour démarrer le match et le alley-oop autoritaire de Willie Cauley-Stein. La présence physique des grands de Kentucky donne aux Wildcats une aura qu'aucune équipe universitaire n'a eue depuis UNLV et sa pression tout-terrain au début des années 90. Face à Kentucky, on se sent rapidement impuissant. Entamer le match par un 5-0 avec une action aussi spectaculaire aurait pu donner immédiatement le momentum aux Wildcats. Mais les Badgers savaient à quoi s'attendre, eux qui avaient perdu contre Kentucky d'un point en demi-finale l'année dernière. Alors ils ont joué leur jeu, tout simplement, sans rien forcer, sans rien céder, sans rien dramatiser. Vous nous claquez un alley-oop ? Admirez ces beaux lancer-francs. Vous nous plantez un tir primé ? Voilà un beau lay-up, plus la faute. Oeil pour oeil. Dent de Blaireau contre dent de Chat Sauvage.

Après près de 7 minutes de jeu, les deux équipes sont donc toujours à égalité, 11-11. Wisconsin passe alors devant pour la première fois du match et prend rapidement 9 points d'avance sur un tir à trois points de Kaminsky et une belle action de Sam Dekker. Mais Kentucky n'a pas gagné 38 matchs de suite pour rien. Portés par les jumeaux Harrison et Karl-Anthony Towns, les Wildcats grignotent lentement mais sûrement l'avance des Badgers, puis reprend le contrôle sur un dunk de Trey Lyles en contre-attaque à 27 secondes de la mi-temps. Une avance de courte durée puisque Bronson Koenig, l'excellent meneur de Wisconsin, plante un superbe tir extérieur au buzzer. 36-36, une intensité phénoménale, deux équipes qui jouent leur jeu et se rendent coup pour coup, les 72 238 spectateurs qui sont venus battre le record d'assistance du Lucas Oil Stadium ont eu droit à une première mi-temps magnifique. Et ne sont pas au bout de leur jouissance.

Le début de deuxième mi-temps est une copie quasi-conforme de la première. Les deux équipes jouent littéralement des coudes et ne parviennent d'abord pas à se départager, Wisconsin travaillant très bien pour trouver Kaminsky dessous, Kentucky répondant en servant Towns. Le premier break vient après un peu plus de 5 minutes de jeu grâce à Dekker et Koenig. Le panier plus la faute du premier, qui profite de son avantage de taille sur Devin Booker, et le tir à trois points du deuxième, qui semble ne jamais douter, donnent 8 points d'avance aux Badgers, 52-44. Et comme Aaron Harrison et Booker prennent chacun leur troisième faute dans la foulée, on sent Wisconsin sur le point de prendre le large. Mais un tir primé plein d'audace de Tyler Ulis, réincarnation plus scoreuse de Muggsy Bogues, remet Kentucky dans le match. Kaminsky perd Cauley-Stein d'une feinte de tir bien placée, place un euro-step parfait pour éviter le défenseur venu en aide... mais Cauley-Stein se reprend superbement et renvoie son tir en dehors du terrain. Chaque action semble pouvoir faire basculer le match d'un côté ou de l'autre, mais est systématiquement suivie d'une réponse autoritaire. Comme souvent, ce sont les frères Harrison et Karl-Anthony Towns qui tiennent la baraque et redonnent l'avantage à Kentucky, 58-56, à moins de 8 minutes de la fin du match. Towns, en particulier, commence à dominer copieusement Kaminsky au rebond. Les Wildcats ont plusieurs occasions de prendre 6 ou 7 points d'avance mais se crispent. C'est Sam Dekker qui finit par réduire l'écart, avant qu'une énième violation des 35 secondes et un panier chanceux de Nigel Hayes au buzzer ne remettent les deux équipes à égalité, 60-60, à deux minutes de la fin du match.

Quelle tension fabuleuse quand la saison de deux équipes aussi fortes et désireuses d'écrire, chacune à sa façon, une page d'histoire, se joue sur une poignée de possessions dont chaque seconde, chaque geste, chaque prise de décision revêt tout à coup une importance colossale. C'est maintenant que les héros naissent et que les regrets peuvent devenir éternels. Autant Karl-Anthony Towns et les frères Harrison que Frank Kaminsky et Sam Dekker ne seront plus jamais en position de se qualifier pour une finale NCAA. Les pros les attendent tous les quatre. John Calipari n'aura peut-être plus jamais la chance de faire ce qu'aucune équipe depuis Indiana en 1976 n'a réalisé. Bo Ryan n'aura peut-être plus jamais une génération aussi brillante et complémentaire sous ses ordres à Wisconsin. Tout se joue maintenant. Et c'est Sam Dekker qui est le premier à le réaliser. Il plante d'abord un tir à trois points monumental pour donner trois points d'avance à Wisconsin à 1:35 de la fin, puis provoque une faute offensive de Trey Lyles, et obtient deux lancers francs sur la possession suivante. S'il n'en réussit qu'un, il donne tout de même 4 points d'avance à Wisconsin. 4 points. Deux possessions. Kentucky doit absolument marquer, et le fait grâce à une action à trois points d'Aaron Harrison. 64-63 Wisconsin, 55 secondes à jouer. On repense à Notre Dame, qui a failli sortir les Wildcats au tour précédent avant de craquer dans les dernières secondes. Kentucky est-il vraiment invincible, ou "seulement" invaincu? Les Wildcats vont-ils encore trouver le moyen de gagner? Sont-ils destinés à le faire? Le calme et l'expérience des Badgers répondent à toutes ces questions. Non. Deux lancers de Kaminsky. Les Wildcats. Deux autres de Keonig. Ne finiront pas. Air ball à trois points de Aaron Harrison. La saison. Un autre de Koenig, une balle perdue de Kentucky, et deux derniers de Kaminsky. Invaincus. Vainqueurs 71-64, les Badgers, eux, la finiront peut-être champions.

Highlights

[youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=WDcYJHgmI1k[/youtube]

Boxscore

Wisconsin Badgers
STARTERSMINFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
Frank Kaminsky, F377-111-35-6110112023320
Sam Dekker, F346-92-32-40331000116
Nigel Hayes, F373-92-54-44151002312
Josh Gasser, G321-21-10-0134000333
Bronson Koenig, G314-121-43-41342100112
BENCHMINFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
Vitto Brown, F10-00-00-0000000010
Duje Dukan, F111-20-10-0101100012
Traevon Jackson, G121-30-04-4112200116
Zak Showalter, G50-00-00-0000100100
TOTALSFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
23-487-1718-221222341012101471
47.9%41.2%81.8%

Kentucky Wildcats

STARTERSMINFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
Willie Cauley-Stein, F331-40-00-0055112122
Karl-Anthony Towns, F317-110-02-35491112216
Trey Lyles, F293-70-03-3011000129
Aaron Harrison, G275-100-12-20330000512
Andrew Harrison, G315-111-12-20224111213
BENCHMINFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
Dakari Johnson, C80-10-00-0000000110
Marcus Lee, F50-00-00-0011000010
Devin Booker, G193-60-00-0101000036
Tyler Ulis, G172-42-30-0000120026
TOTALSFGM-A3PM-AFTM-AOREBDREBREBASTSTLBLKTOPFPTS
26-543-59-106162275462064
48.1%60.0%90.0%