Pourquoi les Warriors seront champions NBA

Les Golden State Warriors ont tous les ingrédients à disposition pour être sacrés champions NBA d'ici quelques jours. Analyse.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Les Golden State Warriors abordent ces finales NBA avec le statut de favoris des bookmakers mais aussi des spécialistes. La franchise d’Oakland a dominé la saison régulière (67 victoires) avant d’éliminer les New Orleans Pelicans (4-0), les Memphis Grizzlies (4-2) et les Houston Rockets (4-1) en playoffs. Elle sera désormais opposée aux Cleveland Cavaliers de LeBron James, une formation qui a su monter en puissance depuis les retouches effectuées au sein de l’équipe en janvier. Mais avec tout le respect que l’on doit à King James et ses camarades, les Warriors ont à leur disposition les armes pour décrocher le troisième titre NBA de la franchise (ils ont aussi remporté une fois le titre BAA, en 1947. La franchise était alors implantée à Philadelphie). On vous décortique cinq d’entre elles.

Stephen Curry

[caption id="attachment_273079" align="alignleft" width="318"] Curry n'est pas seulement un scoreur très prolifique, il est aussi extrêmement efficace.[/caption] Les finales à venir détermineront qui de Stephen Curry ou LeBron James est le meilleur joueur du monde actuellement. Les deux prodiges d’Akron marchent sur l’eau depuis le début des playoffs mais le meneur des Warriors a marqué les esprits cette saison. C’est donc tout logiquement qu’il a été élu MVP de la saison régulière. Curry a encore haussé son niveau de jeu en playoffs. Il est le deuxième meilleur marqueur de la compétition après Anthony Davis (29,2 pts pour Curry, 31,5 pts pour ‘Unibrow’) à la différence près que la star des Pelicans n’a joué que quatre petits matches. Il n’est pas seulement prolifique, il est aussi terriblement efficace. Il shoote à plus de 46% dans le champ malgré près de 21 tentatives par rencontre et il a converti 73 de ses 167 tirs à trois-points (43,7%), faisant tomber du même coup le record du nombre de paniers primés inscrits sur une campagne de playoffs (anciennement détenu par Reggie Miller… 58 en 2000). Les shoots décisifs et les cartons de Stephen Curry ont renversé un à un tous les adversaires des Warriors. Ses 40 points et ses tirs venus d’ailleurs pour arracher la prolongation dans le Game 3 du premier tour ont achevé les espoirs des Pelicans. Ses 32 points dans le Game 6 contre Memphis ont sauvé Golden State d’une septième manche toujours difficile à négocier. Ses performances contre Houston furent elles tout simplement incroyables. La simple présence de Curry sur le parquet handicape l’adversaire. Les défenseurs ne peuvent se permettre de relâcher leur garde car le meneur All-Star exploite la moindre faille sur chaque possession. Défendre sur lui réclame donc un effort extrêmement important, aussi bien physiquement que nerveusement. De quoi éreinter les meilleurs stoppeurs du pays. Justement, les Cavaliers sont assez limités dans ce domaine. Kyrie Irving sera envoyé au charbon mais il n’a pas les moyens – ni les capacités physiques actuellement (il n’est pas à 100%) – pour contenir la superstar adverse. Reste Iman Shumpert et LeBron James. Mais envoyer l’un des deux en défense sur Curry revient à laisser Klay Thompson, Draymond Green ou Harrison Barnes – trois joueurs efficaces dos au panier – face à un vis-à-vis plus petit ou moins puissant. Les finales n’ont pas encore débuté que Stephen Curry donne déjà le tournis.

Une défense de fer

[caption id="attachment_271707" align="alignright" width="318"] Draymond Green est l'un des meilleurs défenseurs de la NBA.[/caption] On retient plus facilement les points marqués, les tirs décisifs ou encore les actions spectaculaires. La défense est parfois un peu oubliée. Pourtant, c’est avant tout dans ce domaine que les Golden State Warriors excellent. Mark Jackson a entrepris un travail titanesque de ce côté du terrain il y a maintenant quatre saisons et ses efforts payent encore aujourd’hui. Les Warriors, parfois comparés à tort aux Phoenix Suns de Steve Nash (en raison de l’adresse extérieure, etc), ont la meilleure défense du championnat. C’est en tout cas l’une des plus efficaces en playoffs (98,9 points encaissés sur 100 possessions et… 98,5 pour les Cavaliers). La franchise d’Oakland est armée à tous les postes en défense. Elle dispose d’une armada de joueurs grands pour leur poste susceptibles de switcher sur chaque écran tout en étant en mesure de contenir n’importe quel adversaire qui se présentera face à eux après le pick. Shaun Livingston, Klay Thompson, Andre Iguodala, Harrison Barnes, Draymond Green (2ème du DPOY) et Andrew Bogut ont tous déjà fait leur preuve en défense. Ils seront tous mis au diapason pendant ces finales. Bogut sera chargé de protéger le cercle, Thompson et Barnes s’occuperont des extérieurs, Iguodala et Livingston mettront la pression en sortie de banc, etc. Quant à Green, il est capable de tout bien faire. On attend avec impatience son duel avec LeBron James (sans doute sur certaines séquences). Mais la plus grande force des Warriors demeure le collectif et cela se ressent aussi en défense. Les cinq joueurs présents sur le parquet sont extrêmement bien coordonnées, ce qui complique considérablement la tâche de l’adversaire. James devra se surpasser pour mettre à mal cette muraille.

Une attaque flamboyante et imprévisible

[caption id="attachment_273085" align="alignleft" width="318"] Klay Thompson peut prendre feu à tout moment.[/caption] Les Warriors ont inscrit 107,3 points sur 100 possessions depuis le début des playoffs, devancés seulement par les… Cavaliers (108,6 sur 100 possessions). Leur puissance de feu est connue de tous. Stephen Curry est injouable, Klay Thompson – légèrement en-dedans contre Houston – est capable de s’enflammer à tout moment, Green et Barnes peuvent eux aussi arroser de loin, etc. La balle circule bien à Golden State et les Warriors finissent toujours par trouver une branche à exploiter au sein de la défense adverse. Chaque membre du cinq est capable d’apporter sa contribution en attaque. D’où le côté imprévisible. Harrison Barnes peut très bien claquer un match à 25 points. Klay Thompson peut enchaîner 5 paniers primés de suite sur un QT. Green peut planter ses 15 points tout en distribuant 7 passes. Bogut peut profiter de son avantage de taille sur Tristan Thompson (si les Cavaliers sont dans une configuration « small ball »). Les Warriors sont forts en défense et ils ont ainsi pris confiance en leurs capacités offensives. Aucun écart n’est insurmontable pour cette équipe. Aucun. L’adversaire ne peut jamais se reposer sur ses lauriers sous peine d’encaisser une pluie  de trois-points. Et une fois que l’Oracle est en feu…

Steve Kerr

[caption id="attachment_270087" align="alignright" width="318"] Steve Kerr est déjà l'un des meilleurs coaches du pays.[/caption] Le coach rookie des Golden State Warriors n’a pas été COY mais il a déjà réussi son pari. L’ancien disciple de Phil Jackson et de Gregg Popovich – manifestement il a préféré prendre exemple sur le second nommé – a fait de son équipe une machine à gagner. Ses systèmes offensifs sont excellents. Sa vision était juste. Si le talent du groupe est un facteur extrêmement important dans le succès de Golden State, il ne faut pas négliger pour autant l’impact de Steve Kerr. Le coach sait trouver les bons ajustements, que ce soit après une défaite ou parfois en plein match. Il avait notamment parfaitement déjoué les plans des Rockets en alignant un cinq « small ball » qui avait fait la différence contre Dwight Howard est consort. Bien épaulé par une brochette d’assistants doués, Kerr a la matière grise pour déjouer les plans des Cavaliers. Son duel de coaches « rookies » avec David Blatt sera intéressant à suivre.

La profondeur de banc

Andre Iguodala, David Lee, Leandro Barbosa, Shaun Livingston… Tous ces joueurs ont déjà eu un rôle important (Lee a même été All-Star) au sein d’une autre équipe NBA. Ils forment désormais la deuxième unité la plus efficace du pays. La plupart d’entre eux sont susceptibles de jouer sur plusieurs postes ce qui permet au staff de jongler avec plusieurs cinq différents. De quoi déstabiliser l’adversaire. Les forces de chacun se complètent et donnent même parfois l’impression que les Warriors n’ont pas de réelles lacunes. Car en plus de pouvoir compter sur un effectif élargi, Golden State profite de la polyvalence de chacun de ses joueurs. On parle tout simplement de la meilleure équipe de la ligue, dans tous les sens du terme.
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