Houston, une défense de champions

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Si les Houston Rockets ont fini par se relancer dans la course au titre, c’est d’abord parce qu’ils se sont remis à défendre. Illustration hier soir.

Beaucoup d’analystes, nous y compris, imaginent le Utah Jazz poser des problèmes aux Houston Rockets au premier tour des playoffs. Et nous avons tous été forcés de la mettre en veilleuse après le Game 1 de la série, largement dominé par les Texans. Les joueurs de Mike D’Antoni ont envoyé un message : une victoire plus que convaincante pour commencer (122-90). Une domination sans appel. Certes, la lutte est loin d’être terminée. Mais nous avons peut-être sous-estimé les Rox. Parce que finalement, leur succès total n’est pas si surprenant que ça.

Les Houston Rockets, à la rue en début de saison après avoir été finalistes de Conférence l’an dernier, sont montés en puissance tout au long de la deuxième moitié de l’exercice. Au point de redevenir un candidat crédible au titre et de s’affirmer comme la vraie menace (si menace il y a…) pour les Golden State Warriors à l’Ouest. James Harden et ses coéquipiers ont gagné 20 de leurs 25 derniers matches et personne n’a fait mieux en NBA sur la même période. Ils arrivent donc à pleine puissance au meilleur moment.

Mais ce revirement s’explique surtout par les vrais gros progrès défensifs des Rockets. Des progrès déjà entrevus l’an dernier, oubliés en octobre puis à nouveau aperçus ces derniers mois. Ils s’appliquent vraiment de ce côté du terrain. Avec de l’effort et de l’agressivité. Du sérieux et de la concentration. Tout ce qui est demandé à une franchise qui aspire à mieux qu’une place d’honneur en playoffs.

Hormis Utah, adversaire du soir, aucune équipe n’a été aussi efficace que Houston en défense depuis mi-février. Et ça s’est vu hier soir, avec le Jazz limité à 90 points.

« C’est ce que l’on doit faire », admet Harden. « C’est comme ça que l’on doit jouer en défense. On doit être agressifs. On doit s’assurer qu’ils ne sont pas à l’aise en gênant la mise en place de leurs systèmes. Nous sommes vraiment concentrés en défense depuis quelques mois. »

« La défense est quelque chose sur lequel on met toujours l’accent », ajoute P.J. Tucker, l’un des meilleurs défenseurs de l’équipe.

Si les Houston Rockets gardent cet état d’esprit, ça risque de très vite tourner mal pour le Jazz. Très vite. Genre cinq manches. Parce qu’il est clair que c’est l’une des grandes questions de la série que nous avons un peu trop vite passé à la trappe : Utah peut-il marquer des points contre Houston ? Ce n’était déjà pas le cas pendant la saison. Les joueurs de Quin Snyder n’ont inscrit que 100 points sur 100 possessions en moyenne contre les Texans. C’est très peu. Ils ont compensé avec une super défense (2 victoires partout en 4 confrontations).

Ils feront certainement mieux en défense – 122 points encaissés, rappelons-le – lors des prochains matches. Mais ce n’est pas dit qu’ils soient beaucoup plus forts en attaque si les Rockets continuent de brutaliser les porteurs de balle du Jazz.

« Leur présence physique nous a fait dérailler », avouait le coach de Salt Lake City.

Le Jazz est une équipe qui se repose énormément sur ses systèmes pour compenser son manque de créateurs balle en main. L’effectif manque de scoreurs. Il y a le jeune Donovan Mitchell et c’est à peu près tout. Et il est encore trop inexpérimenté à ce stade de sa carrière pour enchaîner quatre matches à plus de 35 points sur une série au meilleur des sept manches. Les espoirs reposent essentiellement entre ses mains quand la défense des Rockets se met à ce niveau. Il n’a mis que 19 points, sans aucune passe décisive, la nuit dernière. Lui aussi fera sans doute mieux dans les semaines à venir. Mais force est de constater que Houston ne boxe pas dans la même catégorie que Utah. Plutôt dans celle du dessus, avec Golden State.