Comment Houston rêve de renverser la NBA avec un trade

Comment Houston rêve de renverser la NBA avec un trade

Analyse du méga blockbuster de la nuit avec l'arrivée de Robert Covington aux Rockets et le départ de Clint Capela aux Hawks.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Le trade de la nuit

Houston Rockets récupèrent : Robert Covington (Minnesota Timberwolves), Jordan Bell (Minnesota Timberwolves).
Atlanta Hawks récupèrent : Clint Capela (Houston Rockets), Nene (Houston Rockets).
Minnesota Timberwolves récupèrent : Malik Beasley (Denver Nuggets), Juancho Hernangomez (Denver Nuggets), Jarred Vanderbilt (Denver Nuggets), Evan Turner (Atlanta Hawks) un tour de draft des Brooklyn Nets (via les Atlanta Hawks).
Denver Nuggets récupèrent : Gerald Green (Houston Rockets), un tour de draft des Houston Rockets, Shabazz Napier (Minnesota Timberwolves), Keita Bates-Diop (Minnesota Timberwolves), Noah Vonleh (Minnesota Timberwolves).

Les Rockets misent tout sur le « small ball »

Houston, c’est un laboratoire. Pas seulement de la NASA mais aussi celui de Daryl Morey, dirigeant apôtre des analytiques. Le guide d’un mouvement, d’une révolution, la balle orange expliquée par les chiffres. Son expérience, c’est un basket sans position définie, à la recherche constante de l’efficacité que promettent les statistiques. Exemple plus concret : il y a quatre jours, ses Rockets ont battu les Mavericks, 128-121, en battant un nouveau record. Houston est devenu la première équipe depuis 1963 à n’aligner aucun joueur de plus de 2 mètres. Et ce malgré la présence de Kristaps Porzingis, 2,21 mètres, dans le camp adverse.

Ils ont récidivé contre les Pelicans du colosse Zion Williamson dimanche soir puis contre les Hornets cette nuit. Une formule qui paye jusqu’à présent. Le groupe de Mike D’Antoni reste sur trois victoires de suite. Alors Morey et son équipe vont désormais pousser le raisonnement jusqu’au bout : « All-In » sur le « small ball. »

D’où le transfert de Clint Capela, avec désormais l’intention de jouer constamment avec un cinq de la mort – cinq joueurs très mobiles et interchangeables – popularisé par les Warriors lors de leurs cinq années de domination. Mais pour briller avec ce schéma, il faut des joueurs de complément robustes, polyvalents, adroits et forts en défense. Exactement le profil de Robert Covington.

Les Rockets ont donc lâché leur pick ET leur pivot titulaire (14 pts/14 rbds par match) pour s’assurer les services du meilleur ailier estampillé ‘3 and D’ disponible sur le marché. Un prix nécessaire pour mener à bien leur plan. Covington va se greffer à Russell Westbrook, James Harden et P.J. Tucker pour former un noyau solide, avec aussi Eric Gordon et Austin Rivers sur le banc. Bien sûr, les dirigeants restent à l’affût pour recruter un pivot. Mais pas un pivot majeur. Juste un mastodonte capable d’aller au charbon sur quelques séquences en cas d’affrontement en playoffs avec Nikola Jokic ou Anthony Davis.

Robert Covington, 12,8 points, 6 rebonds et 34% de réussite à trois-points cette saison, ne suffit pas à faire basculer Houston dans la catégorie de Milwaukee ou des deux franchises de Los Angeles. Pas à lui tout seul. En revanche, ce changement de tactique, ou plutôt cet aboutissement du « small ball » peut poser des problèmes. Les Texans ont désormais deux stoppeurs d’élite, Tucker et « RoCo ». Un luxe en NBA. Ils vont jouer complètement espacés, une aubaine pour Westbrook le slasher et Harden l’assassin. Avec, là encore, deux snipers dans les coins pour mitrailler de loin. Covington sera sans doute plus efficace à trois-points en profitant des passes lasers des deux All-Stars.

C’est un pari risqué. Les Rockets seront en grandes difficultés les soirs où les tirs ne rentrent pas. Ils misent sur eux-mêmes, comme le gitan dans Snatch. Ils misent sur leur propre réussite. Et c’est beau.

La franchise n’avait pas vraiment le choix, elle devait bouger son effectif à l’approche de la deadline. Parce que ses membres répètent à qui veut l’entendre que c’est le titre ou rien. Mais Houston est actuellement cinquième à l’Ouest avec 32 victoires en 50 matches. Dans l’état, ça n’allait pas au bout. Est-ce que les Rockets peuvent le faire sous cette formule ? Peut-être pas. Nous serions même tentés de dire non. Qu’ils ne sont toujours pas l’une des deux meilleures équipes de la Conférence Ouest. Mais ils ont plus d’arguments. Si les Lakers sont sans doute un mauvais matchup, à cause d’Anthony Davis, les Clippers auraient tout intérêt à se méfier.

Les Angelenos n’ont pas de vraie menace intérieure. Un James Harden, perdu sur les rotations défensives, lent et inattentif, est en revanche un vrai bon défenseur solide dos au panier, tout à fait capable de se coltiner un grand pas très dangereux. Covington et Tucker sont deux chiens de garde à envoyer en mission sur Kawhi Leonard et Paul George. Ça fait beaucoup de spéculations mais en finissant troisièmes, les Rockets pourraient se retrouver en demi contre les Clippers, avec de vraies cartes à jouer. Même si L.A. reste sans doute tout de même au-dessus sur le papier.

Morey et ses ouailles ont tout de même le mérite d’aller jusqu’au bout de leurs idées. On ne peut que saluer ce panache.

Les Hawks tiennent leur pivot

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Le raisonnement est différent aux Hawks. Plutôt que de jouer petit, les coaches et les dirigeants tenaient à ajouter un vrai pivot à même de protéger la peinture. Clint Capela correspond au profil. Le Suisse est très puissant sur ses jambes, véloce et agile, fort dessous. C’est aussi un partenaire idéal pour Trae Young sur le pick-and-roll en attaque. Sauf qu’il fait justement doublon avec John Collins. Mais l’ailier-fort, qui essaye justement de moderniser son jeu et de s’étendre au-delà de la raquette, est sans doute trop léger pour se coltiner chaque soir les « Big Men » adverses. Les franchises préfèrent éviter à leur talent de demain les tâches ingrates, pour réduire la fatigue et le risque de blessures.

Capela et Collins ne seront peut-être pas particulièrement complémentaires mais Young se retrouve maintenant avec deux cibles pour délivrer de la passe décisive à gogo. Si JC continue sa transformation, la doublette aura fière allure. Surtout que Capela est encore jeune (25 ans), sous contrat, et donc susceptible d’intégrer le projet des Hawks sur le moyen terme. Ce transfert est en tout cas le signe qu’Atlanta ne veut pas tanker sa fin de saison mais plutôt commencer à se relever dès maintenant en espérant passer un palier l’an prochain.

Les Timberwolves compilent les assets

Les Timberwolves voulaient deux picks en l’échange de Robert Covington. C’était évidemment trop gourmand. Mais ils en ont tout de même récupéré un, celui des Nets (via les Hawks). Brooklyn est actuellement septième à l’Est mais vient de perdre Kyrie Irving pour une semaine. Ce choix peut très bien se convertir en quinzième place le soir de la draft. Pas mal. Un asset de plus pour la reconstruction ou… pour convaincre les Warriors de céder D’Angelo Russell.

Pour l’instant, les discussions entre les deux organisations sont au point mort. Mais ce n’est que temporaire. Les Dubs ont le temps. « D-Lo » est sous contrat jusqu’en 2023 et les négociations peuvent reprendre cet été, voire demain soir. En attendant, Minnesota a fait le plein d’atouts avec le prometteur Malik Beasley, barré aux Nuggets, ou le jeune Juancho Hernangomez. Des profils qui collent à la philosophie du coach Ryan Saunders. Il va falloir encore être patient à Minneapolis.

Les Nuggets n'ont pas fini de bouger

Les Nuggets n’ont probablement pas fini leurs emplettes. Ils ont perdu deux jeunes joueurs mais ils ont obtenu un pick, qu’ils sont susceptibles d’inclure dans un deal plus important. Denver continue notamment de suivre Jrue Holiday des Pelicans.

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