[ITW] Muggsy Bogues : « Tellement fier de TP »

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

En marge de l'annonce du retour de la NBA à Paris, on a pu discuter quelques minutes avec Muggsy Bogues, légende des Charlotte Hornets.

Muggsy Bogues était à Paris jeudi midi, en tant qu'ambassadeur de la NBA et des Charlotte Hornets. Dans les locaux de beIN Sports, on a pu discuter avec le cultissime meneur des 90's, venu s'exprimer sur la tenue d'un match de saison régulière en janvier 2020 dans la capitale, entre les Hornets et les Bucks.

Muggsy, un match à Paris pour les Hornets, qu'est ce que ça t'inspire ?
Muggsy Bogues : Je suis déjà venu ici, en 1994, pour jouer contre les Golden State Warriors. J'étais impressionné par ma première fois ici, voir la Tour Eiffel, tout ça... A l'époque, il n'y avait que cinq joueurs européens dans la ligue, pas 150 dont 10 qui viennent de France. On avait joué contre les Warriors et contre une équipe locale. Je me souviens que les fans avaient été très accueillants. C'était quelque chose de nouveau pour eux. Je ne sais pas qui ils encourageaient exactement, mais il y avait beaucoup d'excitation. Zo Mourning était malade et Dell Curry était blessé, mais on avait fait le voyage avec Robert Parish et Larry Johnson, c'était super.

Quel est ton rôle à Charlotte ?
Muggsy Bogues : Je suis ambassadeur de l'équipe depuis 7 ans. Je regarde Michael Jordan et Mitch Kupchak essayer de construire une équipe capable de jouer le titre avec des joueurs comme Kemba Walker, qui est All-Star, ou votre local Tony Parker. D'ailleurs, je lui ai parlé avant de venir ici. Il était heureux et m'a raconté qu'il se souvenait du match de 94 et que ça lui avait fait réaliser ce qu'était le basket professionnel. Il n'avait pas à regarder un match enregistré la nuit, c'était du direct, sous ses yeux. C'est cool de savoir que ce jeu peut donner l'espoir à des jeunes de poursuivre une carrière dans le basket plutôt que dans le foot et le rugby qui sont très populaires chez vous. C'est pour ça que le basket existe. Il permet de réaliser des rêves qui n'étaient pas forcément atteignables il y a 20 ans.

On imagine que pour Tony Parker, qui est le plus ancien joueur français en activité en NBA, cette nouvelle est excellente.
Muggsy Bogues : Je suis tellement fier de Tony. Je ne le connaissais pas bien avant qu'il ne vienne à Charlotte. En le découvrant, j'ai réalisé que son histoire était superbe. Un garçon de 19 ans sous l'aile de Pop et de Tim Duncan, qui résiste à la pression et réussit une carrière comme c'est là, c'est tout simplement remarquable. Le fait qu'il ait pris le risque de venir à Charlotte, qui n'était pas une équipe d'élite, pour jouer les mentors et aider des jeunes, ça en dit aussi long sur lui. Il a senti que c'était mieux pour sa famille et pour lui de vivre sa fin de carrière ici. Je pense que Tony sera là pour le match à Paris. Il a signé deux ans et quand je lui ai dit que je venais ici pour cette raison, il était extatique.

Est-ce qu'on verra Michael Jordan en France pour l'occasion ?
Muggsy Bogues : Michael est à fond derrière ce Global Game. Il sait que c'est important pour l'équipe et l'organisation d'avoir été choisi pour représenter la ligue. Son engagement auprès de l'équipe et dans la communauté à Charlotte est constant. Je ne sais pas s'il viendra, mais je suis sûr qu'il trouvera intéressant de venir ici et de s'assurer que les joueurs tirent le maximum de cette expérience.

Beaucoup d'anciens critiquent le style pratiqué en NBA aujourd'hui. Qu'est-ce que tu en penses et est-ce que tu aurais eu le même succès si tu avais joué actuellement ?
Muggsy Bogues : Les fans de 16 ou 17 ans ne me connaissent sans doute que parce qu'ils m'ont vu dans Space Jam. C'est grâce à ça que je reste connu. Mais j'adore la NBA et le jeu d'aujourd'hui. Beaucoup de gars plus âgés aiment critiquer, mais l'évolution du jeu a été une révolution. Des gars de 2,15 mètres capables de dribbler, des gars comme LeBron avec la taille et le corps de Karl Malone qui mènent le jeu, un Kevin Durant qui shoote à trois points... Il n'y a plus de stagnation, de gars qui traînent dans la peinture. Le jeu est étiré au maximum et l'utilisation du shoot à 3 points a ouvert encore davantage de choses. Les gamins s'entraînent tellement pour être précis que ça donne encore plus d'espace pour opérer sur le terrain. Je pense que je m'en sortirais très bien aujourd'hui. Il n'y plus de handchecking. Et si tu ne me mets pas la main dessus, je peux aller où je veux sur le terrain. Il n'y a plus de big men qui restent sous le cercle pour m'interdire l'accès. Donc oui, j'aurais très bien réussi aujourd'hui.

Nicolas Batum devrait être lui aussi de la partie s'il n'y a pas de mouvement cet été.
Muggsy Bogues : Nic sera là aussi je pense. Il a un gros contrat et n'a pas réussi la saison qu'il voulait. Il est sans doute déçu de ça, mais il veut probablement montrer qu'il peut rattraper ça et montrer que les critiques étaient infondées.