Jacques Monclar : « La NBA, c’est un peu les galeries Lafayette »

Jacques Monclar est revenu avec nous sur son arrivée chez beIN Sport et nous a présenté la nouvelle émission "NBA Extra" avant de nous faire une analyse de la saison NBA.

Syra SyllaPar Syra Sylla | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Jacques Monclar : « La NBA, c’est un peu les galeries Lafayette »
Invités à assister à la nouvelle émission quotidienne consacrée à la NBA, NBA Extra, dans les locaux de beIN Sport, nous en avons profité pour discuter avec Jacques Monclar. Son arrivée à la chaîne, son rapport avec la NBA, son penchant éternel pour les Knicks, la saison des NBAers français, la chute des Lakers, The Voice nous dit tout. Basketsession : Comment s’est fait le contact avec beIN Sport ? Jacques Monclar : Un message laissé par Charles Biétry. On se connaît depuis longtemps, à la fois dans le milieu de la télé et du sport. C’est quelqu’un qui a été très actif dans les périodes glorieuses du PSG. On se rencontre souvent, on est tous les deux des passionnés de sport. C’est une personne qui a réinventé la diffusion du sport à la télé en France. Il a généré toute une génération de fans avec la NBA, une génération dont je fais partie. Basketsession : Quand nous avons discuté avec toi lorsque Canal a perdu les droits NBA, tu nous disais que tu étudierais toutes les propositions qui viendraient à toi. C’est donc quelque chose que tu envisageais déjà de rejoindre beIN ? J.M. : Il ne faut jamais fermer les portes. Je suis prestataire, j’étais en fin de contrat avec Canal en juillet et tout était possible. Le nombre de matches se réduisait, il faut être lucide. Basketsession : Ça a quand même dû être une décision particulièrement difficile de quitter ton équipe de Canal ? J.M. : Même si je ne suis pas un grand émotif, je suis assez sentimental. On s’attache aux gens. David, Patrice, les gens de la prod, la réalisation, les assistants. C’est la structure entière, au-delà du basket. Je pourrais faire une liste entière. Ça a été une douleur, c’est comme quand on change de club. Basketsession : La Pro A te manque ? J.M. : Je la suis la Pro A. L’Euroleague, on n’a toujours pas de Français, il va falloir attendre l’année prochaine. Ça me manque mais on ne peut pas tout avoir. Depuis un moment, je suis totalement immergé dans le monde de la NBA pour être plus au fait. Basketsession : Tu te retrouves à commenter des matches quasiment tous les jours en plus de l’émission. Au niveau du rythme, ça doit te faire une grosse différence ? J.M. : Pas vraiment, on fera les comptes à la fin de l’année. Mais on commentait pas mal sur Canal entre la Pro A, l’Euroleague, l’Espagne et le match NBA du dimanche soir. Ça en fait aussi, il y a du basket sur Sport+. Mais c’est autre chose maintenant. La NBA est tellement changeante. Il se passe toujours quelque chose, c’est un peu les galeries Lafayette. Basketsession : Ça va également être l’occasion de faire les déplacements sur le ASG, les finales et autres évènements NBA. J.M. : Je voyage moins mais de façon plus dense. Je n’ai jamais fait de All Star Game NBA, même pas en touriste. Je vais avoir les yeux qui brillent. Après je ne vais pas me renier, je suis un peu un puriste, mais le décorum, les concours, je suis assez excité à l’idée d’aller à Houston. Une des manières de rester jeune, c’est de changer de boulot ou de club. Il faut se renouveler, se remettre en cause, ça c’est important. Il ne faut pas être sûr de soi, avoir peur du vide. Avoir peur me fait avancer. Basketsession : Tu peux nous en dire plus sur l’émission NBA Extra ? J.M. : C’est un rythme daily, journalier, avec un format un peu plus magazine le vendredi. On ne va pas forcément prendre le MVP de la NBA, on va se faire notre propre élection. C’est une émission au rythme intense. En 30 minutes, ça envoie, ce n’est ni trop long ni trop court. Message perso à Rémi Reverchon : pas trop de rap sur les Top 10 (rires). Je ne déteste pas le rap mais je ne veux pas ghettoïser le truc. On a à faire à une clientèle essentiellement foot sur beIN. On va essayer d’être pointu mais généraliste. Basketsession : Sans vouloir forcer la comparaison, est-ce que comme George Eddy a été la voix de la NBA sur Canal, tu pourrais être la voix de la NBA sur beIN ? J.M. : Je n’ai jamais voulu ramener la chose avec moi, que ce soit avec la Pro A ou autre. Avec David Cozette, on ne voulait pas se mettre en avant donc je ne vais pas commencer maintenant. Basketsession : Pour parler basket un peu, tu es un grand fan des Knicks. Heureux de voir la saison qu’ils font ? J.M. : Ils ont des passages où ils jouent très bien. Je suis content de les voir revenir au plus haut niveau. Ça a été une douleur pendant des années, je fais partie de ceux qui ne lâchent pas. Melo et Stoud ont apporté quelque chose de nouveau. Mike Woodson fait du très bon boulot. Je n’étais pas fan de lui à Atlanta, c’était un peu austère. Les arrivées de Jason Kidd et Pablo Prigioni amènent une intelligence supérieure à cette équipe. Et il y a les électrons libres comme JR Smith, Iman Shumpert. Chandler, Novak qui dégaine plus vite que son ombre. L’émergence de Copeland dont j’aime le parcours. C’est une franchise historique et une équipe sympa à voir. Ils ont un basket ouvert, ça shoote beaucoup à 3 pts, maintenant il y a des solutions et c’est très bien. Basketsession : Beaucoup attendaient le retour de Stoudemire pour vraiment voir où l’équipe se situait. J.M. : Je pense que Stoud est très utile en 5. Au poste 4, ça les oblige à jouer un autre basket plus structuré, plus méthodique, ça ressemble plutôt à OKC. Quand ils jouent avec un seul grand, ça se rapproche plus de Miami. Les Knicks, ça vaut minimum une demi-finale de conférence. Et on peut dire que ça peut faire une finale de conférence même s’il y a Brooklyn et d’autres équipes. On va considérer que Miami est déjà en finale. Basketsession : Nets-Knicks, tu penses qu’il s’agit déjà d’une vraie rivalité ? J.M. : Oui bien sûr. En plus, les Knicks ont perdu le premier match en prolongation au Barclays Center, ils en ont ramassé deux derrière. C’est bien de ramasser. Les Nets sont une équipe sympa aussi. On va appeler ça le derby de l’Hudson, ils peuvent y aller à la nage. Basketsession : Et les Lakers ? Un commentaire ? J.M. : Je l’ai déjà dit et je ne veux pas faire le malin mais j’ai les fesses propres sur ce dossier. Je n’y ai pas vraiment cru au départ, pas au point où les gens y croyaient en tout cas. Maintenant ce qui leur arrive est un peu excessif. On est dans la caricature. Ils enchaînent les conneries. C’est un chien perdu sans collier malgré Kobe, et Dieu sait que Kobe est encore le shérif pour moi. Ils ont un problème de défense et aussi d’âge. Certes les Knicks ont des vieux, mais ils ont aussi de la jeunesse et de la force. Là pour le coup, on a Nash, Kobe, Gasol, Jamison, Artest, ça fait un peu beaucoup. Steve Nash est un immense joueur mais là depuis deux ans, il joue avec Phoenix à mi-route du classement. Jouer pour gagner, surtout à l’Ouest, ça va faire un peu juste. Finalement, il va jouer la même chose avec LA. Basketsession: Un petit mot sur les Français de la ligue cette saison ? Depuis le début de la saison, je suis ravi du rendement de Tony (Parker) qui est encore exceptionnel. Et Nico (Batum) et Kevin (Séraphin), et même Ian (Mahinmi) qui fait du bon boulot depuis un moment. Et il y a Jo (Noah) mais il faut qu’il arrête de se battre, ça peut lui coûter la place au ASG. Mais je suis ravi de nos frenchies. Nico, c’est Nico le magnifique ! Ronny fait également de belles choses chez les Clippers. Il a croqué le mec devant lui dans la rotation, c’est bien ce qu’il fait. Et puis c’est les Clippers tout de même, ce n’est pas une équipe de la loose. Basketsession : En parlant des Français, penses-tu que Mike Gélabale peut se faire une place à Minnesota ? J.M. : Mike est polyvalent, propre et peut faire plein de choses. Il a des qualités défensives, un mental. Mike peut s’adapter à toutes les situations, c’est un caméléon.
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