James Harden, Russell Westbrook : qui mérite le plus d’être MVP ?

James Harden et Russell Westbrook évoluent sur une autre planète depuis le début de la saison. Ils sont les deux grandissimes favoris pour le trophée de MVP.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
James Harden, Russell Westbrook : qui mérite le plus d’être MVP ?
Ce n’était pas un hasard. Le soir du réveillon, alors que les Français finissaient de fêter l’arrivée de 2017, Russell Westbrook et James Harden illuminaient la dernière nuit de l’année 2016 avec des performances éblouissantes. Le meneur d’Oklahoma City, précoce, compilait un triple-double avant la fin du deuxième quart-temps, son seizième de la saison (17 points, 14 rebonds et 12 passes), quand le maestro des Houston Rockets explosait les compteurs avec 53 points, 16 rebonds et 17 passes cumulés contre les New York Knicks. Le premier 50-15-15 de l’histoire et le trois-fois-dix le plus prolifique de tous les temps au scoring (à égalité avec Wilt Chamberlain). Non, cela ne pouvait pas être un hasard si ces deux hommes ont choisi la dernière soirée de l’année pour éclabousser une fois de plus la planète basket de leur talent. Ces deux prestations dantesques, finalement, ne sont que le reflet de la fin d’année 2016 et un avant-goût de 2017 et du duel impitoyable que se livrent les deux anciens coéquipiers grands favoris pour le MVP. Et bon dieu que ça s’annonce difficile de les départager après plus de deux mois de compétition. La candidature de RW a toujours plus ou moins reposé sur deux facteurs depuis la signature de Kevin Durant aux Golden State Warriors : 1) le quotient d’insanité de ses statistiques 2) le bilan comptable du Thunder. Au jour d’aujourd’hui, OKC est classé à la septième place de la redoutable Conférence Ouest, à moins d’un match du quatrième. Sa superstar est le meilleur marqueur NBA avec 30,9 points inscrits par rencontre mais aussi – surtout – 10,4 rebonds et 10,5 passes, ce qui fait de Russ le premier joueur vraiment en mesure de rejoindre Oscar Robertson parmi ceux qui ont fini une saison avec un triple-double de moyenne. Dans d’autres circonstances, les chiffres historiques et insensés de Westbrook devraient lui assurer à eux seuls le trophée de MVP. Mais pas cette saison. Pas avec un Harden aussi fort. Si la course à la plus haute distinction individuelle est aussi indécise pour l’instant, c’est justement parce que le barbu est incroyablement fort. Les Rockets se sont décidés à lui laisser le champs libre en construisant l’effectif autour de lui, et lui seul. A Houston, tout est mis en place pour qu’il brille. Et c’est exactement ce qu’il fait : il brille comme jamais. Mike D’Antoni, coach à la philosophie (très) offensive a été nommé sur le banc et le coach moustachu a immédiatement bombardé sa star dans un rôle de meneur à la Steve Nash qui lui confère encore plus de responsabilités balle en main. Comme pour son compère au Thunder, tout passe par lui, tout tourne autour de lui. Ce n’est donc pas un hasard si les deux équipes sont énormément dépendantes de leur meilleur élément. Ils sont ces superstars à l’ancienne – dans le sens où ils sont les seuls joueurs du calibre All-Star entourés de nombreux joueurs de devoir, comme c’était souvent le cas dans les années 90. Les Texans inscrivent 12 points de moins sur 100 possessions quand James Harden se repose sur le banc (par rapport à quand il est sur le parquet). Leur attaque est nettement moins tranchante sans leur maître à jouer mais un regain défensif pendant les temps de repos de la star permet aux Rockets de limiter les dégâts. En revanche, le Thunder est complètement à la rue à chaque fois que son meilleur élément rejoint la touche. OKC inscrit 107,4 points et en encaisse 101,1 (toujours sur 100 possessions) avec Westbrook alors que l’équipe coule littéralement sans : 97,1 pts marqués, 109,5 encaissés. Ces stats tendent à prouver que le Thunder est plus dépendant de sa star que les Rockets ne le sont de la leur. Mais il est aussi important de souligner que les coéquipiers d’Harden sont quand même plus talentueux, ou plus expérimentés, que ceux de Westbrook ce qui permet aussi d’expliquer la meilleure résistance de Houston. Eric Gordon, par exemple, est excellent cette saison et son association avec Patrick Beverley fait des misères quand Harden prend place sur le banc. Il est difficile de réellement quantifier l’influence du supporting cast sur les candidatures des deux stars dans la quête du MVP. Westbrook peut-il faire des stats plus facilement parce que l’effectif autour de lui est moins solide ? Harden peut-il faire des stats parce que des équipiers plus forts lui facilitent la tâche ? Tout est finalement une question d’interprétation. En tout cas, les deux joueurs ont des statistiques individuelles complètement folles, les deux sont les moteurs d’équipes candidates aux playoffs, les deux réalisent chacun une saison historique et les deux sont indispensables à leur formation. James Harden et les Rockets ont gagné plus de matches mais les stats de Russell Westbrook sont un peu plus impressionnantes. Le premier mène la ligue aux « Win Shares », ce fameux indice avancé censé refléter l’influence d’un joueur sur les succès de son équipe, alors que le second affiche le meilleur PER de la NBA (une stat qui a une notion plus individuelle). L'un comme l'autre mérite légitimement le trophée à l'instant T. Les amateurs de chiffres bruts et dingues voteront sans doute pour Westbrook quand ceux qui accordent plus d'importance au bilan collectif choisiront Harden.

Le MVP de BS

1. James Harden - Russell Westbrook 3. LeBron James 4. Kevin Durant 5. Kawhi Leonard
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